Le ministre de la Sécurité, Ousséni Compaoré (à gauche), lors d’une interview. (DR)

Police nationale: fausse alerte

• Une grève illimitée sur des bases très fragiles

• Quand l’administration joue contre l’administration

Oups, qu’est-ce qu’on a eu peur ! L’Union police nationale (UNAPOL) était partie pour une grève illimitée à compter du 4 février dernier. Elle exigeait la démission du ministre de la Sécurité, la régularisation de la situation de 1.000 policiers «pénalisés» par le nouveau statut de la police, le droit d’utiliser des armes de pointe qui leur étaient destinées au départ et la prise en charge des blessés et familles des victimes dans le cadre de la lutte contre le terrorisme et l’adoption d’un nouvel organigramme pour le ministère.
A renfort de communiqués et de conférence de presse, le syndicat avait alerté l’opinion sur le fait que, ses membres à leur corps défendant, n’avaient plus que cette option de la grève illimitée pour obtenir satisfaction.
Mais voila! La veille du démarrage de la grève illimitée, une ultime concertation avec le gouvernement a permis de lever le mot d’ordre. Trois heures d’échanges entre les responsables du syndicat et les membres du gouvernement ont permis d’éclairer la lanterne des policiers sur les dossiers brûlants de l’heure.
Et, à la fin des concertations, les premières interventions laissaient entrevoir une levée du mot d’ordre. Un simple «problème de communication», selon le Secrétaire général de l’UNAPOL, Armiyaho Zongo, est à l’origine de ce bras de fer raté.
Pour si peu, on a failli encore plonger le pays dans une nouvelle crise. Ceci devrait interpeller chaque acteur de la chaîne de traitement de ces dossiers. Assurément, quelqu’un n’a pas fait correctement son travail, au point où le syndicat n’avait tout simplement pas l’information sur l’évolution de ces dossiers.
Vraiment extraordinaire dans un pays où les fuites d’informations sont devenues légion. Si des agents de l’Administration n’ont pas eux-mêmes l’information qui les concerne directement, que dire alors des usagers qui ont des dossiers à l’intérieur de cette même Administration?
D’après les concertations tenues le 3 février, voici l’état de certains dossiers.
Sur la situation des 1200 agents. Ceux-ci sont des victimes du nouveau statut de la police qui a intégré certains diplômes tels que le Bac et le Master. Cette donne favorise pécuniairement les jeunes recrues qui n’ont pas toujours l’expérience ou l’ancienneté de leurs aînés alors qu’ils se retrouvent dans la même catégorie.
Le problème ici, ce sont les conséquences d’une loi qui n’a pas prévu ces cas de figures qui existent dans d’autres corps également. La particularité, c’est qu’il touche plus d’un millier d’agents et le statut est le fait d’une loi. Difficile de résoudre la question via un décret.
C’est ce que pensaient certains protagonistes du dossier. Il faut donc relire la loi pour corriger cette «injustice» qui mine la cohésion dans les rangs des policiers. Finalement, le Premier ministre a décidé de soumettre le dossier au Conseil d’Etat pour un avis sur la meilleure façon d’en sortir.
Sur la prise en charge des policiers victimes et l’indemnisation des familles de victimes. La procédure a été enclenchée mais aurait été mal orientée. En effet, le dossier traité en interne se serait retrouvé au ministère de la Défense via l’Agence judiciaire du Trésor (AJT) qui l’a tout simplement renvoyé au ministère de la Sécurité, la caisse des militaires n’étant pas habilitée à gérer le dossier des policiers. Etant des paramilitaires, les prises en charge sont gérées normalement pas la CARFO (Caisse de retraite des fonctionnaires) au lieu de l’Intendance militaire. Le dossier concerne 35 policiers, selon nos informations.
Le dossier des militaires, au nombre de 115, serait en cours de paiement. Pour les policiers, la procédure suit donc son cours. On imagine que c’est ce cafouillage et l’absence d’information précise qui ont motivé la demande de démission du ministre de la Sécurité et de son staff.
L’autre motif du mouvement d’humeur  des policiers est lié à la mise à disposition d’armes de guerre. Les flics estiment que leur puissance de feu actuelle les rend vulnérables lors des attaques terroristes. Ce fut une revendication du syndicat et d’après lui, les armes sont disponibles mais pas utilisées, pourtant les hommes ont été formés à leur usage.
Sur l’évolution de ce dossier des armes, un des responsables du syndicat contacté n’a pas souhaité donner plus d’informations.

FW


Indemnisation et prise en charge  des victimes : deux décrets signés en janvier 2019

Le 16 janvier 2019, le gouvernement avait adopté en conseil des ministres deux décrets pour gérer la prise en charge et l’indemnisation des forces parapubliques victimes dans l’exercice de leur fonction d’attaques terroristes. Le premier décret porte modalités d’indemnisation de l’agent des forces de la police nationale, de la garde de sécurité pénitentiaire, des douanes ou des eaux et forêts ayant subi des préjudices dans l’exercice ou en raison de l’exercice de ses fonctions en cas d’attaques terroristes. C’est le retard accusé dans la procédure appliquée dans le cadre de ce décret qui suscite le courroux du syndicat des policiers
Le second décret porte modalités d’indemnisation de l’agent public de l’Etat et des collectivités territoriales ayant subi des préjudices dans l’exercice ou en raison de l’exercice de leurs fonctions lors d’attaques terroristes.


Sécurité: de nouveaux directeurs régionaux nommés

Le Conseil des ministres du 5 février a pourvu les quatre directions régionales du ministère de la sécurité. Il s’agit de la direction régionale de L’Est, du Nord, du centre-ouest et du Sud- ouest . Dans sa conférence de presse du 2 février dernier Unapol avait dénoncé le fait que «  5 directions régionales et 11 directions provinciales sont vacantes depuis des mois. Des régions comme l’Est et le Nord où le terrorisme bat son plein sont dépourvues de directeurs régionaux ». Ces deux directions viennent d’être pourvues. Reste les directions provinciales
Centre –ouest : Monsieur Etienne KIEMA, Mle 22 801 W, Commissaire de police, catégorie 1, grade 3, 1er échelon,
Est : Monsieur Oumarou SONGNE, Mle 111 500 R, Commissaire principal de police, catégorie P, 2ème classe, 3ème échelon
Nord- Monsieur Roger Pascal YAMEOGO, Mle 22 942 E, Commissaire de police, catégorie 1, 5ème échelon,
Sud-Ouest.- Monsieur Bertrand TOE, Mle 111 494 W, Commissaire principal, catégorie 1, 2ème classe, 4ème échelon.

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Numéro d'édition: 331

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