Les officiels à la cérémonie d’ouverture des journées de compréhension des Exploitations familiales et de dissémination des évidences. (DR)

Exploitation familiale : Comptable de 99% de la production de céréales

• Soit 5 millions de tonnes en sorgho, mil, maïs

• Une activité à moderniser

• Le plaidoyer de la Voix pour le changement

Ouagadougou a abrité les 23 et 24 janvier 2020, les journées de compréhension des exploitations familiales et de dissémination des évidences. Cette rencontre intervient dans le cadre de la mise en œuvre du programme Voix pour le changement (V4C) porté par une coalition d’Organisations de la société civile (OSC) et soutenu par l’Organisation néerlandaise de développement (SNV). Au pays des Hommes intègres, les Exploitation familiales (EF) constituent le socle de l’agriculture. Selon des études au plan national, les EF sont comptables de 99% de la production de céréales (sorgho, mil, maïs…) estimée en moyenne à 5 millions de tonnes par an.
Ce sont ces mêmes exploitations familiales qui ont propulsé le Burkina Faso au rang de leader en matière de production cotonnière. Sans compter les 65 millions de têtes d’animaux qui sont élevés en majorité par les EF.
Selon la Directrice pays de SNV, Jeannette Deregt, la tenue de ces journées a pour objectif d’interpeller les décideurs et les partenaires techniques et financiers sur la nécessité d’engager des actions vigoureuses et urgentes en faveur de la transformation (modernisation) des EF. Cela, pour favoriser l’atteinte des objectifs de sécurité alimentaire et nutritionnelle au Burkina Faso, d’où le thème: «Rôle des exploitations familiales pour une sécurité alimentaire durable au Burkina Faso».
Pour la Directrice pays de la SNV, il est tout à fait nécessaire de mettre en évidence les différents acquis dans le cadre des EF et d’améliorer le niveau de compréhension et de perception des acteurs du monde rural.
Le président de la Confédération paysanne du Faso (CPF), Bassiaka Dao, quant à lui, est convaincu que pour atteindre la sécurité alimentaire, seuls les exploitants familiaux peuvent le faire. Mais l’une des difficultés auxquelles les producteurs sont confrontés est la modernisation des équipements. Pour lui, il faut que les exploitations familiales s’adaptent à cette évolution. Sans quoi, le rendement ne sera pas au rendez-vous, encore moins l’atteinte d’une sécurité alimentaire. «Aujourd’hui, nous sommes dans un monde en pleine évolution. Les autres sont en train de travailler avec des outils ultra modernes alors que nous sommes toujours au temps de Adan et Eve avec la petite daba.
Si l’on veut que les jeunes et les femmes reviennent à l’agriculture familiale, nous devons penser à des équipements ultra modernes qui vont permettre de produire en quantité et en qualité», a-t-il laissé entendre.
Le président Dao a également évoqué la difficulté d’accès au marché. A l’en croire, il ne sert à rien de fournir des efforts si l’on n’arrive pas à écouler la production sur le marché. Pour lui, il faut pousser les analyses à ce niveau, car l’année où il y a une bonne pluviométrie, une bonne campagne, les producteurs ne savent pas où écouler les récoltes. D’où sa proposition de mettre en place des marchés institutionnels pour garantir les prix. Dans le même sens, le parrain de ces journées, Dauda Sau, Représentant-résident de la FAO au Burkina, a plaidé pour que les exploitations familiales soient au cœur de la politique agricole du pays.
Conscient de son importance dans l’atteinte de la sécurité alimentaire au Faso, le ministre de l’Agriculture et des Aménagements hydro-agricoles (MAAH), Salifou Ouédraogo, a réaffirmé l’engagement du gouvernement à œuvrer pour la valorisation des exploitations familiales. « Il n’y a plus de doute sur la place et le rôle qu’occupent les exploitations familiales dans l’alimentation, la lutte contre la malnutrition et dans l’économie nationale », a-t-il indiqué. Il a rassuré que son département travaillait d’arrache-pied pour accélérer la mise en œuvre des politiques agricoles, particulièrement la loi d’orientation agro-sylvo-pastorale, halieutique et faunique qui consacre un statut à l’exploitation agricole et à l’exploitant.

M.K


Présentation du projet Voix pour le changement

Voix pour le changement (V4CP) est un Programme multisectoriel financé par le ministère néerlandais des Affaires étrangères (DGIS) et mis en œuvre dans six pays : le Burkina Faso, le Ghana, le Honduras, l’Indonésie, le Kenya et le Rwanda. Au Burkina Faso, le Programme V4CP se concentre sur le plaidoyer porté par les OSC afin d’influencer les politiques et les décisions. Il est mis en œuvre par SNV conjointement avec IFPRI et 09 Organisations de la société civile (OSC). Ces organisations opèrent à l’interface entre l’Etat, les citoyens et le marché.
En raison de leur position indépendante et de leur implantation dans la société, ils relient et représentent les intérêts d’un nombre important de groupes. Ainsi, à travers un plaidoyer collaboratif, les OSC constituent une force de propositions auprès des décideurs pour une responsabilisation plus accrue des acteurs publics et privés. Ce plaidoyer est axé autour de 3 grands thèmes: Sécurité alimentaire et nutritionnelle, Résilience pastorale et Energies renouvelables.

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Numéro d'édition: 330

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