D’après l’expert en modélisation macroéconomique, Rolf Meier, un pays peut utiliser la macroéconomie pour lutter contre la pauvreté. (DR)

Place de la macroéconomie dans la gouvernance en Afrique  : L’avis de l’expert

Il connaît le Burkina Faso pour y avoir vécu plusieurs années. Lui, c’est l’expert allemand en modélisation macroéconomique, Rolf Meier. Présent à Ouagadougou dans le cadre du séminaire régional sur les bonnes pratiques en matière de gestion des modèles à base de Tableau des ressources et des emplois, qui a eu lieu du 14 au 18 octobre 2019, il a accepté d’aborder les grands traits liés à la macroéconomie. Ce consultant s’est exprimé sur son importance pour les pays africains. Lisez plutôt !

L’Economiste du Faso : Qu’est-ce que le consommateur qui participe à la création de la richesse dans un pays doit-il comprendre par macroéconomie ?

Rolf Meier : C’est difficile de le définir. En deux mots mais en gros, c’est le suivi de la richesse d’un pays. Ce qui est mesuré par le Produit intérieur brut (PIB) ou encore la valeur ajoutée créée à une certaine époque. Et aussi voir comment cette valeur ajoutée est répartie, parce que la valeur ajoutée représente des revenus pour les ménages, pour les entreprises et pour l’administration publique.

Quelle est son importance dans l’économie des pays africains comme le Burkina Faso ?
Chaque pays à des objectifs qu’il veut atteindre pour se développer. Or, le premier critère qu’on utilise pour mesurer le développement, c’est le taux de croissance du PIB. Un autre objectif, c’est de voir la répartition de cette richesse, qui est mesurée à travers d’autres données qu’on collecte à partir des revenus de ménages (ex : comment les revenus sont partagés entre différents groupes socioéconomiques). Car ce qu’on vise, c’est la réduction de la pauvreté. Au Burkina Faso, le taux de pauvreté tourne autour de 45%. Avec la macroéconomie, c’est de trouver une politique économique qui réduit ce taux de pauvreté.
Si vous comptez le taux de croissance de la population qui est aussi très élevé ici au Burkina Faso, qui se situerait autour de 3,8%, si j’ai bonne mémoire, il faut trouver un taux de croissance juste pour obtenir un effet au niveau des revenus moyens des Burkinabè.

Concrètement, qu’est-ce qui se fera au cours de cette formation ?
Cette formation est à l’attention des cadres des 11 pays africains qui travaillent dans les ministères et les services qui font les prévisions macroéconomiques. Lesquelles données qui doivent servir à faire des prévisions de recettes de l’Etat, parce que si on veut réaliser des dépenses publiques, notamment l’augmentation des infrastructures sanitaires, éducatives…, il faut avoir des recettes, qui elles-mêmes dépendent essentiellement du développement de l’économie. Si l’activité économique marche bien, il y aura plus de collecte d’impôts et cela va permettre de réinjecter dans le circuit économique.

Parlez-nous du thème qu’est « Bonnes pratiques en matière de gestion des modèles à base de Tableau des ressources et des emplois » qui sera développé durant ces 5 jours ?
Chaque pays a un instrument pour faire des prévisions qu’on appelle des modèles macroéconomiques qui sont basés essentiellement sur les données de la comptabilité nationale qui mesure les agrégats macroéconomiques. Il y a des pays qui sont plus avancés que d’autres, d’où cette rencontre de partage d’expériences pour que chaque pays montre ce qu’il fait déjà sur le terrain en matière de macroéconomie et après, s’inspirer de l’expérience des autres pays pour améliorer ses outils.

Interview réalisée par Ambèternifa Crépin SOMDA

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Numéro d'édition: 316

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