Docteur Ousmane Ilboudo (Secrétaire permanent SAMAO). (DR)

4e édition de la SAMAO  : De l’importance des mines dans le tissu industriel

La 4e édition de la Semaine des activités minières d’Afrique de l’Ouest (SAMAO) se tiendra du 26 au 28 septembre 2019 à Ouagadougou, sous le thème: «Exploitation des ressources minérales et opportunités d’industrialisation de l’Afrique». Qu’est-ce qui justifie le choix de ce thème ? Que représentent aujourd’hui les mines dans le tissu industriel ? Le Secrétaire permanent de la SAMAO, Dr Ousmane Ilboudo, explique, dans cette interview accordée à L’Economiste du Faso.

L’Economiste du Faso: Pourquoi un tel thème ?
Docteur Ousmane Ilboudo (Secrétaire permanent SAMAO): Nous avons fait un constat de façon générale que le Burkina Faso est devenu un grand pays minier. Depuis 2009, il s’est positionné dans le Conseil des nations productrices d’or et bien d’autres minéraux tels le Zinc et le manganèse. Mais nous avons fait le constat que malgré cette expansion de l’exploitation minière, il y a toujours des attentes auprès de nos populations. De façon générale, les gens ne perçoivent pas bien les retombées de l’exploitation minière au Burkina. Après maintes réflexions, nous avons remarqué que les questions qui se posent sont de plusieurs ordres. Premièrement, la question de l’emploi, et deuxièmement, les profits que tirent les investisseurs nationaux dans ces exploitations. Ce sont les deux pans qui manquent et que nous devrons travailler à combler. Nous avons aussi remarqué que l’industrie minière est un grand marché et de nombreuses opportunités gravitent autour.
En amont, quand une mine s’installe, elle a besoin de produits pour produire. La majeure partie de ces produits sont exploités. On s’est dit que si on arrivait à installer des industries au niveau national qui puissent produire ça et alimenter le marché de la mine, ça permettrait de créer d’autres types d’industries, d’emplois. Ensuite, il y a la phase d’exploitation. Il y a d’autres types de services qui gravitent autour, la mine a besoin de financement, la mine a besoin d’assurances au niveau national, d’emplois, des métiers spécifiques, dont la formation, des infrastructures en eau, des infrastructures électriques…
En aval, il y a la question de la valeur ajoutée, la transformation. L’or qui est produit est exporté de façon brute. Or, nous pouvons installer des industries qui puissent raffiner l’or avant exportation, des industries qui puissent raffiner le zinc qui est exporté actuellement sous forme concentrée. Idem pour le manganèse qui peut être exploité dans le domaine de fabrication des batteries pour le marché de plus en plus croissant des véhicules électriques… C’est tout ça qui a justifié le choix du thème et nous avons jugé bon qu’avec les partenaires nationaux et internationaux et les pays frères, nous puissions en discuter pour voir quel chemin tracer pour ce décollage industriel de l’Afrique tout entière mais du Burkina Faso, en particulier.

Que représentent aujourd’hui les mines dans le tissu industriel ?
La mine dans le tissu industriel est assez considérable parce que la mine, c’est une industrie déjà. Elle contribue beaucoup à l’industrialisation du pays. On est autour de 13 mines avec 3 mines en construction qui vont rentrer en production bientôt. En matière d’industrie, c’est un secteur qui contribue assez beaucoup.
Est-ce à dire que le gouvernement veut s’appuyer sur le secteur pour industrialiser l’économie ?
On peut le dire ainsi. A l’exemple du Canada qui avait un grand potentiel minier, le gouvernement s’est assis sur l’exploitation minière pour donner de l’élan à l’industrialisation du pays. L’économie de l’Afrique du Sud est reposée principalement sur l’exploitation minière. Seulement, ils ont su développer d’autres industries pour tirer profit du marché de la mine.

Comment le Secrétaire permanent fonctionne-t-il entre deux éditions?
Le SP a été créé en 2016. Antérieurement, il y avait le PROMICOM et la SEMICA qui étaient des évènements promotionnels du secteur minier. En 2016, on a créé la SAMAO, un Secrétariat permanent et la première édition.
En 2017, on a remarqué qu’on pouvait fédérer les forces avec le privé pour faire un évènement unique et à grande portée. Le SP/ SAMAO se porte bien, et de plus en plus, il y a de l’engouement et la SAMAO est en train de prendre son envol au niveau international.

Comment capitalisez-vous les éditions précédentes en termes d’action ?
La capitalisation des éditions précédentes se fait sur la base des recommandations qui sont émises lors des éditions et ces recommandations sont suivies au niveau du SP.
Ça permet de capitaliser les éditions précédentes pour faire le point lors des prochaines éditions, et s’il y a des réajustements à faire, des nouvelles recommandations, on les prend.
Les éditions sont capitalisées et au-delà de ça, nous sommes amenés à participer durant toute l’année, à des manifestations de promotion du secteur minier au niveau international et tout cela nous permet de pouvoir impacter l’organisation de la SAMAO. On tire profit de ces expériences pour améliorer chaque année, les éditions.

Propos recueillis par HS

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Numéro d'édition: 312

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