Dans sa politique de subvention, le gouvernement burkinabè distribue des semences améliorées aux producteurs et productrices. (Ph. D’illustration)

Intrants agricoles Les acteurs réclament la gestion de la distribution

• Un mécanisme transitoire en place

• Les productrices occupent une place de choix

• Le cas de Padema

Padema, une des treize Communes de la province du Houet, chef-lieu Bobo-Dioulasso, est réputée être une zone à forte potentialité agro-sylvo-pastorale. Le Groupement des producteurs de coton (GPC), avec 23 femmes, confirme ce constat avec ses deux prix de meilleur producteur de coton décernés par la Sofitex lors de la nuit du coton avec, respectivement 47,230 tonnes et 49,360 tonnes. Si le mérite de ces prix revient surtout au sens de leadership de leur présidente, Salimata Maïga/Zoma, et à leur ferme conviction que la culture est très bénéfique à tout point de vue, il y a eu surtout le renfort du gouvernement burkinabè. A l’instar de ce groupement, d’autres producteurs et productrices de Padema bénéficient, depuis 2008, de la politique de subvention des produits agricoles. Depuis la crise alimentaire qu’a connue le pays en 2008, l’Etat a entrepris de mettre à la disposition des producteurs, des intrants, des équipements agricoles et des animaux de trait à des prix subventionnés dans l’objectif d’améliorer la productivité et la production agricoles. Dans la matinée du vendredi 26 juillet 2019, une équipe de journalistes les a rencontrés. Ceux-ci ont félicité le gouvernement pour cette initiative d’avoir permis l’accès aux intrants agricoles, aux équipements et animaux de trait à des prix abordables. Et les femmes sont prioritaires dans la distribution de certaines semences telles que le niébé, cédée gratuitement aux femmes individuelles ou organisées. Un choix que les hommes de Padema apprécient positivement.

« Les animaux de trait arrivent à destination malades… »

Pour la campagne agricole 2019-2020, il ressort du procès-verbal des fiches de répartition de la Commission départementale que les 12 villages que compte Padema ont reçu 29 tonnes de NPK et

Des charrettes. (Ph. D’illustration)

d’urées et 700 kg de DAP et 11 charrettes. Ils ont reçu aussi des semences (voir encadré 1). Ils ont été unanimes à reconnaitre que contrairement aux années antérieures, la distribution de cette année a été faite à temps, soit en juin 2019. Pour ce qui est des animaux de trait ainsi que des tracteurs, Padema est toujours en attente. Le producteur Idrissa Sodré a salué la qualité des intrants et équipements reçus. Quant au producteur Adama Dao, lui, dénonce la qualité sanitaire de certains animaux de trait. « En 2018, j’ai acquis un bœuf à 44 000 FCFA, je l’ai soigné à plus de 10 000 FCFA, malgré tout, il est mort », se plaint-il. Leur vision de ce mécanisme de subvention est que « c’est bon mais ce n’est pas arrivé ». Et pour preuve, les productrices relèvent que leur niveau économique ne leur permet pas de bénéficier de cette politique, estimant les prix très élevés. A l’instar des productrices, les producteurs dénoncent le difficile accès aux crédits, surtout le taux de remboursement qui avoisine les 10%. C’est en cela qu’ils saluent l’avènement de la Banque agricole du Faso (BADF) et cette loi sur le statut de l‘agriculteur que porte à bout de bras la Confédération paysanne du Faso (CPF). « Avec le statut de l’agriculteur, les banques vont davantage nous accorder plus de crédibilité », mentionne Salimata Maïga/Zoma. Tout en souhaitant que l’Etat revoit à la hausse les intrants et équipements, ils ont émis le vœu de voir le mécanisme de distribution confié aux acteurs eux-mêmes et non à l’administration agricole. « Entre nous producteurs, on se connait, ça sera plus efficace que l’Etat nous laisse gérer la distribution. Un cri du cœur que défend bec et ongle, le président de la Chambre régionale d’agriculture des Hauts-Bassins, Moussa Traoré. « Nous voulons que le mécanisme quitte les mains des services techniques du ministère de l’Agriculture au profit des bénéficiaires qui, eux, connaissent mieux leur besoins ».

Le gouvernement d’accord avec les producteurs

Cette quête de liberté semble trouver écho favorable de la part des décideurs politiques. Il est écrit dans

Et des animaux de trait dans le but de leur permettre d’augmenter la production agricole et de lutter ainsi contre la pauvreté. (Ph. D’illustration)

un rapport de la Direction générale des productions végétales du ministère de l’Agriculture sur le « mécanisme de distribution des intrants, équipements agricoles et animaux de trait subventionnés de la campagne humide 2019-2020 », qu’après une décennie de mise en œuvre du programme de subvention des intrants et équipements agricoles, le ministère a entrepris de mener des réflexions visant à proposer des mesures de réformes afin d’améliorer la conception et les modalités de mise en œuvre du programme de subvention. Ainsi, avec l’appui de toutes les parties prenantes, dont la Chambre nationale d’agriculture et la Confédération paysanne du Faso, un mécanisme transitoire est mis en place et ce, depuis la campagne agricole 2018-2019. Lequel mécanisme qui, dans sa mise en œuvre, a accordé un rôle central aux structures telles que les Chambres régionales d’agriculture (CRA), les Préfectures, les Mairies, les Comités villageois de développement (CVD).

Le mécanisme de répartition

Sur la base des prévisions d’acquisition en semences, engrais, équipements agricoles et animaux de trait, la DGPV procède à la répartition par région. Cette répartition se fait en se basant sur les résultats de l’Enquête permanente agricole (EPA). La répartition ainsi faite est transmise aux Directions régionales de l’Agriculture et des Aménagements hydro-agricoles (DRAAH) qui, à leur tour, procèdent à la répartition par province et par Commune. Cette répartition dans la province du Houet nous a été expliquée par le Directeur provincial de l’Agriculture, Adanabou K. Eric Pascal. Il mentionne que pour cette campagne, la demande est forte. Il a souligné que c’étaient des engrais et semences améliorées qui ont été distribués aux bénéficiaires. La spécificité est que les intrants et équipements sont fournis par les producteurs et les artisans de la région des Hauts-Bassins. Pour cette année, l’Etat a injecté 55 444 000 FCFA pour acquérir 805 400 kg de semences dans la région, dont 22 942 000 FCFA pour l’achat de 335 295 kg au profit de la province du Houet. Il faut savoir que les semences, les engrais, les équipements et animaux de trait sont distribués aux producteurs individuels ou aux organisations de producteurs reconnus officiellement. Les appuis sont cédés moyennant une contribution. La subvention vise essentiellement les producteurs vulnérables. Pour les équipements agricoles, le producteur doit disposer d’une superficie de terre productive comprise entre 3 et 5 hectares. Les différentes spéculations reçues sont : maïs ; sorgho ; riz ; sésame ; niébé ; soja ; arachide ; bouture de manioc et bouture de patate. Selon le Directeur provincial du Houet, la physionomie de la campagne agricole dans la province se présente bien.

Ambèternifa Crépin SOMDA


Prix de cession des engrais

• Les engrais sont cédés aux prix suivants :
• NPK : sac de 50 kg : 12 000 F CFA ;
• UREE : sac de 50 kg : 12 000 F CFA ;
• DAP : sac de 50 kg : 12 000 F CFA ;
• Fumure organique : sac de 50 kg : 4 000 F CFA ;
• Burkina Phosphate : sac de 50 kg : 2 500 F CFA.

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Numéro d'édition: 310

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