Kanazoé, l’ami du Maroc, a reçu de Sa Majesté Le roi Mohammed VI, une prestigieuse distinction. (DR)

Feu «Ladji» Kanazoé, l’ami du Maroc

C’est en Conseil des ministres du 22 juillet 1998 qu’il a été adopté par le gouvernement du Burkina Faso, un rapport relatif à la demande d’ouverture d’un Consulat honoraire du Royaume du Maroc à Ouagadougou, la capitale, avec juridiction sur toute l’étendue du territoire national. De l’avis des autorités burkinabè de l’époque, «cette demande honore notre pays et augure de l’approfondissement de nos relations avec le Royaume du Maroc». Ce même Conseil des ministres a marqué son accord pour la nomination de El Hadj Oumarou Kanazoé (connu beaucoup plus sous le sobriquet OK), entrepreneur, président de la Chambre de commerce, de l’industrie et de l’artisanat du Burkina Faso, au poste de Consul honoraire du Royaume du Maroc au Burkina Faso.
Faisant suite à cette nomination, El Hadj Oumarou Kanazoé a été officiellement installé dans ses nouvelles fonctions, le jeudi 29 octobre 1998, au siège du Consulat au quartier Pissy (ex-secteur 17) de Ouagadougou, dans les bureaux de l’entrepreneur qui, par ailleurs, sert de siège à l’entreprise OK.
A l’occasion de son installation, El Hadj Oumarou Kanazoé a reçu les actes officiels signés par le Roi Hassan II, des mains de l’Ambassadeur du Maroc au Burkina Faso avec résidence à Abidjan, Son Excellence Ahmed Nassouli. C’était en présence du ministre burkinabè des Affaires étrangères, Son Excellence Ablassé Ouédraogo, du Maire de la ville de Ouagadougou, Simon Compaoré, et de plusieurs invités du monde politique, économique, religieux et culturel du Burkina Faso, ainsi que de la communauté marocaine vivant dans ce pays.

 

C’est le ministre burkinabè des Affaires étrangères, Son Excellence Ablassé Ouédraogo, qui a installé El Hadj Oumarou Kanazoé dans ses fonctions de Consul honoraire.(DR)

Dans le rétroviseur de l’histoire, on retiendra du discours d’installation de El Hadj Omarou Kanazoé dans ses fonctions, prononcé par le ministre burkinabè des Affaires étrangères, Son Excellence Ablassé Ouédraogo, cet extrait assez illustratif: «le choix porté sur El Hadj Kanazoé est judicieux en raison de ses grandes qualités morales, sa probité, son sens aigü des relations humaines et surtout son engagement pour la cause du Maroc. En effet, l’intérêt que El Hadj Kanazoé a porté très tôt au Royaume du Maroc fait de lui la personne toute indiquée pour défendre les intérêts du Royaume et des sujets de Sa Majesté à Ouagadougou, et de manière plus générale, au Burkina Faso… Et qui parle de Kanazoé, parle de grandeur. Il ne s’agit point seulement de grandeur matérielle et financière, c’est mieux que cela. Il s’agit de sa grandeur d’âme. C’est cette grandeur qui a incité le Roi Hassan II du Maroc à désigner El Hadj Oumarou Kanazoé comme Consul honoraire du Royaume chérifien à Ouagadougou…».
Pour l’Ambassadeur du Maroc au Burkina Faso, avec résidence à Abidjan en Côte-d’Ivoire, Son Excellence Ahmed NassouliA, il est à retenir à l’actif de El Hadj Oumarou Kanazoé «sa précieuse contribution et son soutien constant tant matériel que moral dont il a entouré l’équipe nationale du Maroc et la délégation l’accompagnant tout au long de leur séjour à Bobo-Dioulasso comme à Ouagadougou, lors de la CAN 98». De plus, «impliqué et pétri par l’amitié maroco-burkinabè, El Hadj Oumarou Kanazoé dont on connaît l’engagement de toujours, la droiture morale, le sens élevé du devoir, n’a eu de cesse d’œuvrer pour l’intérêt commun de nos deux communautés».
La création du Consulat marocain à Ouagadougou témoigne, si besoin en est, de la qualité des relations entre le Royaume du Maroc et le Burkina Faso; caractérisée à l’époque par l’estime réciproque que sa Majesté le Roi Hassan II et son Excellence le président du Faso, Blaise Compaoré, se vouaient. C’est dire que la nomination de El Hadj Oumarou Kanazoé constituait à la fois le socle et la manifestation de l’excellence de ces liens d’amitié qui unissaient les peuples des deux pays.

Une mission couronnée de succès
Depuis l’ouverture de l’Ambassade du Burkina Faso à Rabat au Maroc, les relations entre ces deux pays n’ont cessé de s’intensifier et de se diversifier. La création d’une Commission mixte de coopération Maroc-Burkina Faso permet, de nos jours, d’entretenir la dynamique de cette coopération qui s’érige de plus en plus en modèle de coopération sud-sud. La mission dont El Hadj Oumarou Kanazoé a été investi en sa qualité de représentant du Royaume du Maroc à Ouagadougou, aura joué aussi un rôle important dans la promotion de ces relations entre les deux pays, «du fait de l’ardeur au travail et le sens élevé de la responsabilité du Consul honoraire». Et ce n’était pas verser dans la complaisance que l’Ambassadeur du Maroc au Burkina Faso, avec résidence à Abidjan, Son Excellence Ahmed Nassouli, a prédit que «la mission de M. El Hadj Oumarou Kanazoé sera couronnée de succès».
L’histoire témoigne qu’il ne s’est pas trompé. Car l’installation de ce Consulat a été sans conteste le prélude à l›ouverture de l’Ambassade résidente du Maroc au Burkina Faso. Et pour mémoire, c’est l’Ambassadeur, Ali Hmaoui, qui fut le premier, en 2005, à ouvrir les portes de l’Ambassade du Maroc au Burkina Faso, avec résidence à Ouagadougou.
En reconnaissance «à son engagement et à son dévouement» pour fertiliser le socle des relations entre le Royaume du Maroc et le Burkina Faso, le Consul honoraire, El Hadj Oumarou Kanazoé, a reçu du Maroc, vendredi 29 septembre 2000, la médaille de Chevalier de l’Ordre du mérite du palais royal du Maroc (Le Wissam Alaouit). Cette distinction royale lui a été remise par l’Ambassadeur (Hama Mohamed) du Maroc au Burkina avec résidence à Abidjan en Côte-d’Ivoire, à l’époque de l’acte. Elle symbolise la continuité de «l’amitié et l’admiration que feu le Roi Hassan II (le papa du Roi Mohammed VI, l’actuel occupant du trône) avait pour El Hadj Oumarou Kanazoé».
Selon l’Ambassadeur Hama Mohamed, le récipiendaire constitue «le modèle d’intégrité à l’image du pays des Hommes intègres… El Hadj Oumarou Kanazoé mérite de son pays et de l’Afrique tout entière, par le dynamisme de son entreprise et par ses qualités humaines immenses, bien d’autres distinctions… C’est en reconnaissance donc de tous les services rendus que le Royaume du Maroc a tenu à l’honorer». La cérémonie de décoration a connu la participation de nombreuses autorités burkinabè, des parents et amis du récipiendaire. Le ‘’Wissam Alaouit’’ vient en troisième position dans les distinctions du Royaume.

L’Ambassadeur du Maroc qui lui a agrafé l’insigne a dit qu’avant d’être Consul honoraire, «Ladji» était déjà connu chez eux au Maroc, à travers les médias et qu’il a de la considération au niveau de la famille royale. A la faveur de cette décoration, El Hadj Oumarou Kanazoé a reçu de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, une invitation à séjourner au Maroc les 1er et 2 novembre 2000 pour y rencontrer les autorités marocaines. Invitation que le récipiendaire a naturellement acceptée et honorée avec beaucoup de fierté.
C’est sur initiative et demande du Consul El Hadj Oumarou Kanazoé que le Roi du Maroc Mohammed VI a reçu, le 1er mars 2005, lors de sa visite au Burkina Faso, les guides spirituels et responsables d’associations de la grande famille musulmane du Burkina Faso. Cette audience s’est déroulée en présence du ministre marocain des Habous et des Affaires islamiques, Ahmed Taoufiq. A l’occasion, le Roi Mohamed VI du Maroc a donné à ses hôtes du jour, la somme de quarante-cinq millions (45.000.000) de francs F CFA, dont dix millions pour la communauté musulmane. Cette somme a fait l’objet de partage, le vendredi 15 avril 2005. Chacun a eu sa part de gâteau !
A la question de savoir «pourquoi n’avoir pas utilisé cet argent pour construire une mosquée par exemple?», la réponse de Kanazoé est directe: «Il faut bien manger d’abord avant d’aller à la mosquée». Sur les 45 millions FCFA, Kanazoé n’a empoché aucun rond pour ses propres besoins; car, dit-il : «Mon éducation ne m’autorise pas à détourner l’argent de quelqu’un. Ce que Dieu me donne me suffit largement, et je l’en remercie grandement».
Pendant tout son mandat, le Consul du Maroc au Burkina a travaillé en bons termes avec l’Ambassadeur du Maroc au Burkina Faso, M. Ali Hmaoui, qui, après cinq ans passés au pays des Hommes intègres, a regagné le Maroc en août 2010, remplacé à ce poste par Son Excellence Farhat Bouazza dont la mission a pris fin en ce mois de juillet 2019, après huit ans comme Ambassadeur au Burkina Faso.

Sita TARBAGDO


Association des amis de Sa Majesté le Roi Mohammed VI

Au Burkina Faso, il existe, depuis 2001, une association dénommée «Association des amis de Sa Majesté le Roi Mohammed VI» (AAMMB). Cette association, après un bon temps sans domicile fixe, a fini par bénéficier d’un siège le 24 mars 2006. C’est sous le haut patronage du ministre d’Etat, ministre des Affaires étrangères et de la Coopération régionale, sous le parrainage du Consul honoraire du Royaume du Maroc, El Hadj Oumarou Kanazoé, et en présence de l’Ambassadeur du Royaume du Maroc au Burkina Faso, qu’a eu lieu l’ouverture officielle de ce siège, sis dans une villa à la résidence de El Hadj Oumarou Kanazoé à Pissy, au secteur 17 de Ouagadougou.
En tant que Consul honoraire du Maroc au Burkina Faso, Kanazoé a beaucoup soutenu l’association, aussi bien financièrement que matériellement.o

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Numéro d'édition: 309

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