Les représentants des habitants de Garghin étaient face aux autorités afin de trouver une solution

Affaire Garghin : 1.000 parcelles pour reloger les résidents

• Sur un total de 1.550 dénombrés en 2017

• Les superficies ont été réduites pour doubler le nombre d’espaces à dégager

Le 12 juillet 2019, les représentants de la zone d’habitation spontanée de Garghin dans l’Arrondissement 12 de Ouagadougou, ont animé une conférence de presse. Ils dénoncent l’octroi de 500 parcelles par le Maire de l’arrondissement. «500 parcelles en 2019 pour 1.550 résidents dénombrés en 2017 ! C’est très insuffisant (32,25%) pour notre nombre», déplorait Tanga Joachin Yerbanga, Conseiller municipal de l’Arrondissement 12, président de la Commission environnement et développement local.
Suite à cette sortie devant les hommes de médias, le ministre de l’Habitat et de l’Urbanisme, Maurice Bonanet, a tenu une rencontre d’échanges avec les représentants de Garghin. La rencontre s’est tenue le 16 juillet 2019 à Ouagadougou, en compagnie des Maires de l’Arrondissement 12 et celui de Komsilga. Le Haut-Commissaire et les représentants du MATD ont aussi participé à cette rencontre. Le but, trouver une solution au problème posé par les plaignants. A l’entame, le ministre de l’Habitat et de l’Urbanisme, Maurice Bonanet, a lancé un appel au respect et à l’esprit de construction, un rappel qui ne fut pas de trop, compte tenu de la délicatesse de la question. Après des discussions parfois houleuses, le ministre a, notamment, affirmé qu’ils étaient parvenus à un consensus: «Nous avons convenu de réduire les superficies des parcelles en restant dans les normes de l’urbanisme, afin d’augmenter le nombre de parcelles». En effet, la diminution des parcelles permettra d’avoir environ 1.000 parcelles au lieu de 500 parcelles comme précédemment annoncé.
Notons que la zone de Garghin est un terrain situé dans l’Arrondissement 12, secteur 55, et bénéficie d’un titre foncier et d’un droit de propriété qui interdit tout type d’occupation, cependant, des populations s’y sont installées depuis 2009. La problématique étant de pouvoir reloger tous les habitants dans le village de Sabtoana, dans la Commune rurale de Komsilga. Il avait été proposé aux habitants de Garghin environ 500 parcelles pour 1.550 familles. Le gouvernement avait, notamment, trouvé des parcelles pour une petite partie de la population au détriment des autres, c’est ce qui a conduit sans doute ces derniers à attirer l’attention, à travers une conférence de presse, pour alerter l’opinion publique.
Selon le Conseiller municipal de l’Arrondissement 12, par ailleurs président de la Commission environnement et développement local, Yerbanga T. Joachin: «La crise n’est pas totalement résolue, mais une bonne partie des populations concernées, environ 1.000, bénéficieront du parcelle».
Les deux parties vont faire avec ce début de solution qui satisfait certains, mais laisse les autres sceptiques. Un des représentants des habitants de Garghin, El Hadj Simporé Hamidou, a, par ailleurs, confessé ses inquiétudes pour ceux qui n’auront pas de parcelles. Ce dernier a témoigné ne pas savoir ce qu’il dira aux autres membres qui ne bénéficieront pas, d’office, de parcelles. Cependant, il est aussi ressorti de cette rencontre que les Maires de l’Arrondissement 12 et de Komsilga se concerteront afin de finaliser les propositions de solution.

Rachid OUEDRAOGO (Collaborateur)


Un processus classique d’acquisition de parcelle

Il n’est pas tout à fait rare sur la terre des Hommes intègres que des familles s’installent dans des réserves et construisent des maisons au fur et à mesure, créant ainsi des zones d’habitation spontanées qui sont par la suite loties avec attribution de parcelle à chaque habitant. Si pour certains cela est dû à un manque de moyen, d’autres, par contre, y voient des opportunités d’affaires, car pour ces derniers, une fois la parcelle acquise, elle est immédiatement revendue, pour recommencer incessamment l’arnaque. Cependant, de nombreuses lois encadrent le foncier, notamment la loi N° 034-2012/AN / portant réorganisation agraire et foncière au Burkina Faso, et aussi la loi n° 017-2006 du 18 mai 2006 portant Code de l’urbanisme et de la construction.

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Numéro d'édition: 308

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