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Production et commercialisation de lait au Faso : l’Union y croit

A l’occasion des 72 heures du lait local tenues en juin dernier, L’Economiste du Faso a donné la parole au président de l’Union nationale des mini-laiteries et producteurs de lait du Burkina, Adama Ibrahim Diallo. Il revient sur les objectifs de la faîtière du lait et les efforts accomplis pour permettre aux acteurs de vivre de leur métier.

Quelle est la petite histoire de votre Union ?
Adama Ibrahim Diallo, président de l’UMPLB: L’Union a été créée en juillet 2007 et régie par la loi N° 014/99/AN par un regroupement de producteurs et de transformateurs burkinabè. Après sa création, elle a adhéré à la Fédération des éleveurs du Burkina (FEB) et à la Confédération paysanne du Faso (CPF). Elle a bénéficié de l’appui de projets et de structures comme le SEDELAN, la DYFAB, OXFAM,…. L’UMPL a plusieurs objectifs dont:
– défendre les intérêts matériels et moraux des membres ;
– encourager et travailler à la professionnalisation de la filière lait au Burkina ;
– promouvoir le développement de la production et de la transformation du lait local au Burkina ;
– lutter contre la concurrence déloyale du lait en poudre au Burkina ;
– faciliter l’accès des membres aux financements, aux intrants zootechniques et vétérinaires
– créer des services communs entre ses membres.

Vous venez de sortir des 72 heures du lait local qui ont eu lieu il y a quelques semaines, est-ce un moment important pour les acteurs ?
En 2015, nous avons initié la première édition des 72 heures de lait local avec l’appui principal de Oxfam Belgique.
Cette édition marquait le début d’un évènement qui a impacté l’environnement de la filière lait local au Burkina Faso de par son contenu et des résultats qu’ils engrangent au fil des éditions. Les 72 h de lait local sont aujourd’hui un tremplin de plaidoyer pour des politiques favorables aux exploitations familiales. C’est aussi un cadre de promotion et de valorisation du lait local à travers la foire et les expositions et enfin, c’est un cadre de concertation des acteurs au niveau national et international.

Vous êtes un des promoteurs du label FairFaso au Burkina. Qu’est-ce que c’est exactement ?
En 2016, j’ai pris l’engagement de faire porter et de réussir la marque FairFaso par la laiterie Kossam Yadega. Cette marque a été créée grâce à la coopération entre Fairbel et FairFrance. Elle fait la fierté de la filière lait au Faso et poursuit son cours. A ce jour, 04 laiteries y sont engagées dans ce label.
L’Union nationale des mini-laiteries et des producteurs de lait local au Burkina (UMPLB) est engagée dans un processus de promotion de la qualité dans ses laiteries membres. Nous apportons également des appuis aux laiteries dans l’acquisition des marchés institutionnels dont nos laiteries en sont bénéficiaires.

Combien de membres compte l’Union?
L’Union nationale des mini-laiteries et des producteurs du lait local du Burkina (UMPLB) compte aujourd’hui soixante-trois laiteries et des milliers d’éleveurs femmes comme hommes. Elle est l’une des organisations qui a ses membres dans toutes les régions du Burkina, ce qui lui confère son statut national. Les membres sont en processus de conformation à la loi OHADA.

Vos membres sont-ils des entreprises ou de simples unités familiales de production
La plupart des membres sont réunis en groupement, il faut ajouter qu’il y a également des laiteries privées.
La gestion des produits laitiers implique beaucoup de précautions sanitaires, vos membres y sont-ils sensibilisés et formés?
Dans le cadre de son partenariat avec Oxfam et Afdi, un accent a été mis sur le renforcement de capacités et l’appui en équipement des mini-laiteries membres de l’UMPL/B afin qu’elles deviennent des véritables unités socioéconomiques rentables et utiles à leurs communautés.
Ainsi, l’UMPL/B bénéficie des formations sur la charte qualité, l’hygiène de la traite et ainsi que d’autres formations qui permettent d’assurer la santé de la population.

Cette activité est-elle rentable?
Suite à une étude commanditée par l’UMPLB sur les achats institutionnels, il ressort que l’activité permet :
– la contribution aux charges familiales (alimentation, scolarisation des enfants, soins, habillement, etc.) ;
– l’amélioration des conditions de travail et la fabrication de produits laitiers de qualité, ainsi que l’augmentation du nombre d’employés.

De quels types de services bénéficient vos membres ?
Les services sont variés. Il y a l’appui des laiteries en équipements de production, de transformation et de commercialisation.
L’Union fait du plaidoyer pour des politiques favorables aux petits producteurs et à l’agriculture familiale et accompagne les membres dans l’amélioration de la productivité des animaux et à la compétitivité des laiteries.
Au niveau de la gestion, nous travaillons à renforcer les capacités organisationnelles des groupements et les laiteries et facilitons l’acquisition des contrats de vente pour des débouchés du lait local.

A combien s’élève la production annuelle de vos membres
En effet, la quantité de lait transformé annuellement par les membres de l’UMPL/B est passée de 1 029 920 litres en 2016 à 1 115 486 litres en 2017.
Cette performance est un effort conjugué par les membres de l’UMPL/B et ses partenaires au développement.

Quelles sont les principales entraves au développement du secteur.
Les principales difficultés se concentrent sur la rencontre de la production et des consommateurs. Les secteurs de la collecte et de la transformation sont actuellement très peu organisés et performants. Aujourd’hui, le lait local ne parvient pas aux grandes villes ni en quantité ni en qualité suffisantes, ou alors à un prix élevé, surtout comparé au lait reconstitué.
L’insuffisant développement de la filière conduit à sous-exploiter le potentiel laitier de bien des pays d’Afrique. Il en résulte que la filière laitière nationale est souvent incapable de répondre à la demande en produits laitiers de la population. C’est cela que nous devons corriger.

Par FW


Profession producteur de lait

Adama Ibrahim Diallo est bien connu dans la cité de Naaba Kango à Ouahigouya, à cause de son activité. Promoteur de la laiterie Kossam Yadega, cette activité l’a propulsé à la tête de plusieurs organisations professionnelles faîtières.
Après ses études scolaires et des formations professionnelles en transformation laitière, l’homme s’investit dans le développement local. Aujourd’hui, il est le président de l’Union nationale des mini-laiteries et des producteurs de lait local au Burkina (UMPLB), après avoir été le premier Secrétaire général. Par ailleurs, il est le vice-président de l’Interprofession lait(IPROLAIT) du Burkina depuis sa création, et le 3e vice-président de la Confédération paysanne du Faso(CPF) et président du comité du réseau du lait équitable en Afrique de l’Ouest.
C’est donc un professionnel qui, depuis qu’il est à la tête de l’Union, tente d’impulser une dynamique de développement aux mini-laiteries, avec un focus sur le renforcement du pouvoir économique des femmes, actrices importantes dans la collecte et la commercialisation du lait.


FairFaso : un moyen de conquérir le marché

Les produits laitiers locaux font face à deux problèmes majeurs, conquérir les consommateurs locaux, surtout les citadins, à travers une offre adaptée à leurs besoins et faire face à la concurrence déloyale des produits importés à la qualité de plus en plus douteuse. Les producteurs burkinabè, conscients de ce défi, se mettent aux normes à travers des alliances stratégiques. C’est le cas avec le label FairFaso en partenariat avec FairBel et FairFrance.
FairFaso est la marque via laquelle certaines mini-laiteries, membres de l’UMPL/B, commercialisent leur lait. FairCoop est la coopérative qui commercialise les produits laitiers sur le marché et qui a développé́ la marque FairBel. Elle vise à rémunérer le producteur au juste prix en intégrant des réseaux de distribution qui «ont signé́ des accords de partenariat économique qui les empêchent de protéger leurs marchés, et à interpeller le consommateur : consommer le lait local et produire ce que nous consommons permet aux petits producteurs de subvenir à leurs besoins ! Sinon, notre tissu économique, porté par les petites exploitations familiales, va se déstructurer. FairFaso permet aux petits producteurs d’être visibles et de vendre suffisamment de lait local pour bénéficier d’un marché́ sûr et régulier face au lait importé. FairFaso sert aussi à mieux vendre grâce aux emballages, au conditionnement ; c’est du marketing. L’idée c’est aussi de donner du travail à nos enfants pour qu’ils ne soient pas happés par les discours extrémistes », expliquait le président Diallo chez nos confrères de « Grain de sel ».

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