Pour le ministre de la Fonction publique, du Travail et de la Protection sociale, Séni Ouédraogo (au milieu), à travers cette Semaine, le secteur minier montre l’exemple. (DR)

Santé-sécurité au travail : Les Mines sur la voie de «zéro incident»

• La Chambre des mines fait la promotion de la prévention

• Des systèmes de gestion permettent de limiter les risques

• Le ministre en charge du travail recommande de diffuser des connaissances en la matière

«Gestion des risques en milieu minier » est le thème de la première édition de la Semaine nationale de la santé-sécurité minière au Burkina Faso, qui a eu lieu du 25 au 28 juin 2019 à Ouagadougou. Organisée par la Chambre des mines du Burkina, elle visait la promotion de la prévention et de l’exercice de santé-sécurité au travail dans les mines du Burkina. Un secteur industriel qui emploie plus de 10.000 personnes. La cérémonie officielle de lancement de la Semaine a eu lieu le 25 juin 2019. Une occasion pour Laurent Dabiré, vice-président de la Chambre des mines du Burkina, de situer le contexte de cette Semaine. « La Chambre des mines a voulu marquer en différé et de manière remarquable, la Journée mondiale de la sécurité et la santé au travail. En effet, depuis 2003, à l’initiative de l’Organisation internationale du travail, chaque 28 avril marque un moment de promotion de la prévention des accidents du travail. Cette année, la célébration s’est faite au niveau global sous le thème « Sécurité-santé et avenir du travail ».
Mais que veut dire santé-sécurité au travail ? Pour Laurent Dabiré, la santé- sécurité au travail peut se concevoir comme un domaine de connaissances pluridisciplinaires qui consiste à mettre en place des systèmes de gestion et des moyens permettant de supprimer ou de limiter les risques de blessures et de pathologies professionnelles. En somme, quand on parle de santé-sécurité, on parle de la protection de l’intégrité humaine. Présidant cette cérémonie, le ministre de la Fonction publique, du Travail et de la Protection sociale, Séni Ouédraogo, a rappelé qu’à l’occasion de son centenaire célébré cette année, l’Organisation internationale du travail avait publié un rapport intitulé « La sécurité et la santé au cœur de l’avenir du travail : mettre à profit 100 ans d’expérience ». Le rapport estime que chaque année, 2,78 millions de travailleurs perdent la vie du fait d’accidents du travail et de maladies professionnelles. 2,4 millions de ces décès sont dus aux maladies professionnelles. 374 millions de personnes sont victimes d’accidents du travail et de maladies professionnelles non mortelles par an. Les journées de travail perdues représenteraient près de 4% du Produit intérieur brut mondial. Aux coûts économiques s’ajoutent la souffrance humaine, les risques psychosociaux, le stress et l’impact sur le bien-être émotionnel. Même s’il est démontré que la santé-sécurité joue un rôle clé en matière de développement durable, les profonds changements que connait le monde, notamment l’évolution technologique, l’évolution démographique, le changement climatique et les changements dans les pratiques de travail créent de nouvelles préoccupations pour la santé-sécurité.

Les participants à cette Semaine ont aussi été invités à faire du don de sang. (DR)

Au regard de ces statistiques « inacceptables », Séni Ouédraogo est convaincu qu’en organisant une Semaine de la santé-sécurité minière, le secteur minier, en tant que gros contributeur à l’économie du pays, montre l’exemple en matérialisant son adhésion à ce principe important. Il a salué ce rendez-vous entre acteurs du secteur des mines, d’une part, et entre ces derniers et les acteurs des autres secteurs, d’autre part, et a souhaité qu’il se pérennise pour devenir une plateforme d’échanges qui alimenteraient les autres initiatives existantes sur la thématique de la santé-sécurité.
La santé-sécurité est déjà pris en compte dans le secteur minier, foi du vice-président de la Chambre des mines du Burkina pour qui : « Les sociétés minières réfléchissent au quotidien pour garantir que chaque employé rentre chez lui sain et sauf après le travail, car l’humain est au cœur des activités minières ». Il s’agit, selon lui, d’un défi permanent et perpétuel d’autant plus que dans un environnement minier, l’utilisation de substances dangereuses, les installations et les machines lourdes, les fosses à ciel ouvert présentent des risques importants. Fort heureusement au Burkina Faso, les Mines montrent la voie, même si l’objectif de zéro incident n’est pas encore tout à fait une réalité, a-t-il conclu.
Durant la Semaine, la Chambre des mines du Burkina a déroulé un programme comprenant plusieurs activités, dont une table ronde des experts de la santé-sécurité et des services techniques de l’administration publique, une session de formation-conférence gratuite sur les thématiques de la santé- sécurité assurée par les responsables de santé-sécurité des sociétés minières. Le public a pu visiter les stands d’exposition des partenaires du secteur minier. Les visiteurs ont aussi été invités à faire du don de sang dans les différents centres de collecte dans la ville de Ouagadougou. La Semaine a pris fin par une rencontre de partage entre partenaires autour d’une soirée de réseautage le 28 juin.

JB


Le ministre en charge du travail recommande de diffuser les connaissances en la matière

Le ministre de la Fonction publique, du Travail et de la Protection sociale, Séni Ouédraogo, a déclaré que lors de ses tournées dans certaines mines, il avait constaté un élan de recherche continue d’amélioration et d’innovation des conditions de travail des salariés. D’importants dispositifs de prévention des incidents et d’accidents sont mis en place. Cependant, toutes ces mesures n’ont pas empêché la survenue d’accidents ayant causé des pertes en vies humaines dans les mines ces deux dernières années. C’est le signe qu’il faut redoubler d’effort, car, en matière de protection des vies, il ne faut jamais baisser la garde.
Pour lui, la mise en place de systèmes de prévention efficaces et de suivi des accidents est nécessaire. Par ailleurs, que ce soit pour les accidents ou le suivi des maladies professionnelles, agir efficacement exige la mise à dispositions de données fiables au profit des acteurs politiques de mobilisation ; d’où l’importance de la diffusion des connaissances en la matière.

Commentaires
Numéro d'édition: 305

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

*

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.