Situation humanitaire: 170.447 Personnes déplacées internes (PDI)

• Un chiffre en hausse de 6%

• Des populations ont fui le Centre-Nord et le Sahel

• La Commune de Bouroum enregistre 2.634 personnes

170.447. C’est le total des Personnes déplacées internes (PDI) au Burkina Faso à la date du 11 mai 2019. Ce chiffre est en hausse de 6% par rapport au 30 avril de la même année. On dénombrait alors 161.217 PDI. Selon les chiffres du Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA), les déplacements sont localisés dans 6 régions du Burkina, 12 provinces et 46 Communes. Ce nombre de personnes déplacées à l’intérieur du pays a triplé depuis le début de l’année.
Ainsi, en l’espace de deux semaines, des mouvements de populations ont été enregistrés dans la région du Sahel et du Centre-Nord. Cette dernière localité a enregistré le plus de PDI avec une hausse de +606%. Une tendance constatée uniquement dans le Namentenga où le chiffre de déplacés est passé de 726 à 5.122 personnes. Il s’agit essentiellement des habitants du Bouroum (2.634), de Nagbingou (56), de Tougouri (1.600) et de Yalgo (300).
La province du Sanmatenga compte le plus de déplacés internes de la région, avec 47.309 PDI au 11 mai 2019, soit une hausse de 5% par rapport à fin avril. La seule Commune de Pensa a enregistré 11.407 personnes déplacées.
Dans le Sahel, région en tête de classement de PDI, on note une hausse de 3% de personnes déplacées par rapport à fin avril, soit 93.703. Les mouvements ont été constatés à Kelbo dans le Soum. De 8.485, ont compte au 11 mai, 11.111 habitants de Kelbo déplacés.
Selon OCHA, de 9.000 en janvier 2018, ce sont actuellement 170.000 personnes qui ont été obligées pour une raison ou pour une autre, d’abandonner leurs habitats.
En février 2019, la communauté humanitaire a lancé un appel à hauteur de 100 millions de dollars pour porter assistance à 900.000 personnes en 2019. En plus des personnes déplacées internes, le Burkina Faso accueille des réfugiés maliens sur son territoire. 15,227 réfugiés vivent dans les 2 camps du pays contre 9.414 dans les villages de la province de l’Oudalan et du Soum au Sahel et 530 en zones urbaines (Ouagadougou-Bobo-Dioulasso). Selon le HCR Burkina, des 25.171 réfugiés, 53% sont des femmes et 47% des hommes.

Chiffres clés à la date du 3 juin 2019
Dans le bilan de la réponse humanitaire au Burkina Faso, entre janvier et mars 2019, OCHA estime que 1,2 million de personnes ont besoin d’une assistance humanitaire. Parmi elles, 402.174 sont en insécurité alimentaire. 430 incidents sécuritaires ont été dénombrés depuis janvier 2018, entraînant 170.447 personnes à quitter leurs habitations pour des communautés hôtes. 1.088 écoles ont été fermées, de même que 18 formations sanitaires. Ces centres de santé qui desservent en soins et services de santé à près de 160.000 personnes sont fermés et 36 fonctionnent à minima (13 avril 2019).
Il y a un besoin en Ressources humaines (réserve sanitaire), en spécialistes en chirurgie (2), en gynécologie (2) et en santé mentale (6), des généralistes (20) ainsi que d’autres agents de santé, dont les infirmiers (50). Pour les matériels médicotechniques, il y a un manque des boîtes d’accouchement (160), les matelas (300) et d’autres équipements essentiels comme kit DIU, des condensateurs d’oxygène, des désinfectants, etc. La logistique manque, des ambulances quatre roues (3), des tricycles et d’autres moyens de transport et 48 tentes médicales.
Le 9 juin, des assaillants armés ont tué au moins 19 personnes dans la Commune d’Arbinda, au Nord du pays. L’attaque a été l’une des plus meurtrières de ces dernières semaines. Arbinda accueille quelques 16.000 personnes déplacées par la violence.

NK


Prise en charge des réfugiés 

Des 25.107 réfugiés vivant au Burkina Faso, 18.169 personnes ont été atteintes par le plan de réponse humanitaire mis en place, soit un taux de 72% au 3 juin 2019.
Tous les réfugiés enregistrés sont documentés au travers de l’Attestation de réfugié tandis que tous les réfugiés de 15 ans et plus disposent d’une Attestation individuelle qui leur permet de se faire établir une Carte d’identité de réfugié. Dans le contexte sécuritaire actuel, ces documents permettent de garantir leur liberté de mouvement. Grâce à la stratégie de prise en charge de l’éducation primaire et des efforts consentis, 1.512 enfants en âge scolaire vivant dans le camp de Goudoubo ainsi qu’en milieu urbain sont scolarisés. 96 enfants déscolarisés de Mentao ont pu intégrer des écoles à Ouagadougou ou à Goudoubo. Au total, près de 75% des réfugiés ont accès aux soins de santé primaires, et la quasi-totalité des réfugiés vivant dans les camps et en milieu urbain ont accès aux soins de santé primaires. 73% des réfugiés ont accès à l’eau potable, aux installations sanitaires et à la sensibilisation à l’hygiène.
Cependant, la dégradation de la situation sécuritaire et les exigences de la lutte contre les groupes armés non étatiques ainsi que le maintien de l’ordre posent un défi en termes de conciliation entre les impératifs de sécurité avec ceux de la protection des réfugiés dans les zones à forts défis sécuritaires.

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Numéro d'édition: 303

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