Du 27 au 31 mai 2019, 23 journalistes du Burkina Faso, du Bénin, du Togo, de la Guinée et de la Côte d’Ivoire ont participé à des séances de travail, des présentations et des échanges entre eux et avec des invités. (DR)

Bonne gouvernance : Les journalistes initiés aux questions économiques

• Des investigations pour contrôler la gestion de l’Etat

• Une initiative de Konrad Adenauer Stiftung

• Dans le cadre du Programme Dialogue politique en Afrique de l’Ouest

Quitter la politique pour s’intéresser aux questions économiques. C’est ce qui est attendu des 23 journalistes d’investigations triés sur le volet par la Fondation Konrad Adenauer pour prendre part à une formation en matière d’investigation économique à Abidjan, en Côte d’Ivoire. Du 27 au 31 mai 2019, des journalistes du Burkina Faso, du Bénin, du Togo, de la Guinée et de la Côte d’Ivoire ont participé à des séances de travail, des présentations et des échanges entre eux et avec des invités.
Parmi les plus illustres d’entre eux, le président de l’Autorité nationale de la presse ivoirienne (ANP), Raphaël Lakpé. Invité à l’ouverture de la cérémonie, il a rappelé aux journalistes leur rôle et les techniques de collecte de l’information.
«Le journaliste diffuse l’information en l’ayant débarrassée de toute excroissance inutile ou tendancieuse», a-t-il déclaré. Selon lui, le journaliste est un professionnel de l’information qui ne doit pas violer les règles dans sa démarche de collecte, de traitement et de diffusion de l’information.
Pour le président de l’ANP, le journalisme d’investigation qui disparaît peu à peu au sein des Rédactions est celui qui aide à découvrir la face cachée des choses. Parce qu’il fait des recherches, des enquêtes, multiplie ses sources et fait un traitement approfondi des questions avant publication.
Les journalistes ont aussi eu une discussion avec le Représentant résident en Côte d’Ivoire de Konrad Adenauer-Stiftung. Et sa conviction est que les journalistes de la sous-région doivent quitter la politique pour l’investigation, surtout sur les questions d’économie. Car, c’est grâce à ce type de journalisme, précise-t-il, que de grands scandales sur la gestion de la chose publique sont révélés au grand jour. «En tant que 4e pouvoir, la presse doit donc jouer le rôle de contrôle de la gestion de l’Etat par les pouvoirs publics, en vue d’une meilleure information de la population», a-t-il affirmé.
La première séance de travail a porté sur «Introduction aux questions économiques actuelles en Afrique et dans le monde». La communication a été donnée par le Professeur Bédia Aka, directeur de l’Ecole doctorale de l’UFR des Sciences économiques et développement de l’Université Alassane Ouattara de Bouaké. Après une introduction aux questions économiques actuelles en Afrique et dans le monde, d’une part, et d’autre part, sur l’économie contemporaine, axée sur les grands problèmes régionaux en Afrique de l’Ouest, l’accent a été mis sur l’explication de concepts comme le risque, la vulnérabilité et la capacité à gérer le risque. Il y ressort que la protection sociale peut être une solution pour la lutte contre les inégalités.
L’approche évoquée par Pr Aka devant les journalistes est que la protection sociale telle que pratiquée actuellement, exclut ceux qui n’ont pas accès au statut de travailleur. «Dans le même temps, on assiste aujourd’hui à un effritement des solidarités traditionnelles dans nos sociétés africaines. Il apparait donc nécessaire de sortir des sentiers battus en changeant de paradigme», a exposé Bédia Aka. Prenant l’exemple du Projet filets sociaux productifs (PFSP) en Côte d’Ivoire, un programme d’allocation à des ménages pauvres dans le cadre de la Stratégie nationale de protection sociale (SNPS) dont le ciblage reste encore un problème, M. Aka a proposé une solution.
Il s’agit du «Revenu universel d’existence». Une innovation sociale qui vise à changer le mode de gestion des sociétés. Elle consiste à accorder un revenu de base à chaque individu de la communauté sans condition. «Théoriquement, il s’agit d’un revenu à verser à tout membre de la communauté, de sa naissance à sa mort, sans distinction de statut social. Il serait attribué à tous, riches et pauvres (sans contrôle de ressources), sur une base individuelle, sans aucune exigence de contrepartie. C’est un revenu versé par une communauté politique à tous ses membres», a expliqué le Directeur de l’Ecole doctorale.
Après les séances d’échanges avec les experts, les journalistes se sont exercés à couvrir efficacement les questions économiques; la méthode et les principes de l’enquête par hypothèse. Des travaux pratiques sur les Fake news et les outils de vérification des données, des exercices de groupe, des analyses d’étude de cas et la rédaction d’article d’investigation à caractères économiques ont constitué le reste de la session de formation.

NK


Le Programme Dialogue politique en Afrique de l’Ouest en bref

La formation des journalistes en matière d’investigation économique organisée par la Fondation Konrad Stiftung entre dans le cadre du programme Dialogue politique en Afrique de l’Ouest. Un programme qui existe depuis 25 ans et qui contribue activement à l’édification et au renforcement des structures de l’Etat de droit et la création d’une conscience démocratique dans les sociétés africaines.
Le siège du Programme est basé à Abidjan, en Côte d’Ivoire. Les pays prioritaires sont la Côte d’Ivoire, le Togo et le Bénin. Néanmoins, le Programme poursuit une approche globale visant l’intégration de toute la sous-région. Le Programme propose un accompagnement dans le cadre de : l’éducation et la formation politique et civique ; des plateformes de discussions, de débat et d’échange ; le programme régional de bourses pour les étudiants en Master et des études et analyses.

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Numéro d'édition: 301

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