Les acteurs du domaine sont venus s’instruire et partager leurs expériences sur l’utilisation du cyanure. (DR)

Utilisation du cyanure dans les mines : Un atelier pour expliquer les cadres règlementaires

• De 500 à 1.000 tonnes de cyanure de sodium utilisées par mois

• Pour le traitement de l’or au Burkina Faso

• De nombreuses règles et prescriptions entourent son utilisation

À l’instar de plusieurs pays africains, le Burkina Faso est un pays à fort potentiel minier. Le secteur minier au Burkina Faso est en pleine croissance. Et depuis 2009, l’or est devenu le premier produit d’exportation devant le coton. Une situation qui confère au pays, un statut minier avec plus de 800 permis de recherches (sites de prospection de l’or) sur l’ensemble du territoire national.
L’utilisation de certains produits chimiques pour l’extraction de l’or, notamment le cyanure, requiert certaines conditions et précautions. C’est précisément dans l’objectif d’instruire les acteurs du domaine à une utilisation raisonnable que HSE CONSULTING a organisé, le 16 mai 2019, un atelier de formation à Ouagadougou.
Cet atelier a eu pour thème «Mieux connaître le cyanure et les règles qui régissent son utilisation» et a mobilisé de nombreux acteurs du domaine minier tels que le ministère des Mines et des Carrières, la Douane qui encadre les procédures d’achat et d’entreposage du cyanure, la Gendarmerie qui veille sur le transport du cyanure jusqu’aux clients, l’association des Maires des Communes qui abritent les mines, les sociétés minières qui utilisent le cyanure dans leur procédé de traitement de l’or et l’ANEMAAS, afin de recevoir des outils de sensibilisation sur l’interdiction de l’utilisation du cyanure dans l’exploitation artisanale d’or.
L’atelier s’est tenu sous le co-parrainage du Directeur général des Douanes et du Directeur pays de Endeavour Mining.
Des sociétés de vente de cyanure jusqu’aux clients, en passant par l’Etat et ses démembrements qui encadrent le transport et l’utilisation du cyanure dans les mines, tous les acteurs ont, tour à tour, expliquer leur rôle dans le processus. L’objectif principal de cette rencontre a été de démystifier le cyanure et son utilisation et d’acquérir des notions essentielles sur le cyanure, d’avoir plus de notions sur son transport, sur son commerce et les règles qui régissent son utilisation.
Le Directeur pays de Endeavour Mining, Adama Soro, a, par ailleurs, saisi l’occasion pour féliciter HSE CONSULTING pour cette initiative utile et combien nécessaire.

Cadre règlementaire sur l’utilisation et le transport du cyanure
La première communication a été donnée par l’Inspecteur général des mines, Djibril Zoungrana, il ressort de sa communication que le Burkina Faso utilise 500 à 1.000 tonnes de cyanure par mois, plus précisément le cyanure de sodium qui est efficace en termes de précipitation et de coûts.
70% du cyanure dans le monde est utilisé pour l’extraction de l’or, il faut environ 300 à 2.000 g de cyanure pour traiter une tonne d’or. Il a, par ailleurs, affirmé qu’à l’issue du traitement de l’or, les résidus chargés en produits toxiques étaient acheminés dans des digues jusqu’aux dépôts de déchets toxiques pour être éventuellement désintoxiqués.
L’utilisation du cyanure est régie par des textes tels que le système général harmonisé, l’agenda 21, le Code minier. Tout comme son utilisation, le transport du cyanure obéit à des normes particulières. Il doit être transporté dans des boîtes en bois de 1,3m bien étiquetées et disposées dans des containers, il est aussi nécessaire de se protéger avec la combinaison adéquate.
Le procédé de délivrance des avis est assez complexe et comprend trois étapes, à savoir (l’examen du dossier, la visite terrain et la formulation de l’avis). Le contrôle du transport des produits chimiques permet à la DGPE d’avoir une certaine traçabilité des produits, connaître les acteurs qui importent ces produits, éviter que les produits chimiques n’atterrissent entre les mains de personnes malveillantes.
L’importation du cyanure est fortement encadrée ; en cas de transit sans autorisation, il y a une saisie du produit suivie de l’arrestation des contrebandiers. Le domaine a cependant de plus en plus d’adeptes de la fraude, l’estimation de produits chimiques saisis est de 500 tonnes.

De nombreuses prescriptions et recommandations formulées
Compte tenu de la dangerosité du cyanure, les différents communicateurs ont proposé des recommandations et prescriptions adéquates pour éviter «le pire». Selon les experts, il incombe d’avoir de bonnes conditions de stockage, les lieux de stockage doivent être bien éclairés, bien aérés pour éviter d’éventuelles explosions et intoxication.
En plus de cela, il faudrait éviter que les déchets toxiques se retrouvent dans les égouts. Eviter de brûler les déchets toxiques ou de les mélanger avec d’autres déchets non toxiques. Il est aussi nécessaire d’étiqueter correctement tout récipient contenant des déchets toxiques et faire appel à des collecteurs agréés et bien équipés pour la manipulation des déchets.

Rachid OUEDRAOGO (Stagiaire)

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Numéro d'édition: 300

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