Omer Kaboré, Directeur pays de OXFAM (au milieu), a présidé le lancement du projet de recherche. (DR)

INEGALITES  : Oxfam et AFD lancent une nouvelle étude 

• Maillon faible du développement

• La situation au Burkina Faso au crible

• Les facteurs et les solutions très attendus

Depuis plus de trois décennies, la question des inégalités revient de façon récurrente dans le débat public. Comment réduire le fossé qui existe entre riches et pauvres, hommes et femmes, zones urbaines et zones rurales (…) ? C’est autant d’interrogations qui ont milité en faveur de l’initiative de OXFAM/Burkina pour une étude avec le soutien de l’Agence française de développement (AFD). A cet effet, OXFAM/Burkina a organisé, le 8 mai 2019, un atelier de lancement de l’étude à Ouagadougou. Cet atelier a regroupé les parties prenantes telles que les représentants des différents ministères, les représentants de la société civile, et des structures de recherches (INSS, ISSP, IRD, INSD) .L’objectif de l’atelier a été de lancer officiellement le projet-pilote de recherche au Burkina Faso, en utilisant l’outil « cadre d’analyse multidimensionnel des inégalités ». Il s’est agi non seulement de socialiser le cadre multidimensionnel des inégalités de Oxfam/LSE (MIF) avec les participants pour appropriation, de présenter les objectifs et plan d’action du projet de recherche sur les inégalités, mais aussi de présenter une cartographie de base de données et sources disponibles sur les inégalités au Burkina Faso. Ces présentations ont été suivies d’échanges afin d’amender et valider la proposition sur les causes structurelles et solutions des domaines et sous-domaines des inégalités retenues .Les travaux ont été dirigés par Dr Ra-Sablga Ouédraogo, consultant de OXFAM Burkina. Selon ce dernier, «  notre souhait à travers cet étude, est de mettre la question des inégalités au cœur des débats publics  ».
Il ressort de l’analyse des données préliminaires que les inégalités les plus pertinentes se trouvent concentrées dans les domaines suivants : la vie et la santé (domaine 1) avec pour sous-domaines (la mort prématurée par maladie, négligence ou suicide, la protection face à la mort par catastrophe naturelle, assurer une bonne santé physique, mentale, sexuelle et reproductive).
Le domaine 2 concerne la sécurité personnelle et juridique (inégalités dans les capacités de jouir de la sécurité physique et de bénéficier d’un traitement juste et équitable devant la loi). Le domaine 3 est relatif à l’éducation et l’apprentissage (l’inégalité dans les capacités d’acquérir des connaissances, de comprendre et de raisonner ainsi que d’avoir des compétences nécessaires pour être à même de participer à la vie de la société). Le domaine 4 touche à la sécurisation financière et le travail digne (inégalités dans les possibilités d’accès à une sécurité /une indépendance financière et un emploi décent et de bénéficier d’une reconnaissance de travail, de soins non rémunérés.
Le domaine 5 a trait aux conditions de vie sûres et confortables (inégalités dans les capacités de jouir de conditions de vie confortables, indépendantes et sûres). Le domaine 6 concerne la participation et capacités de se faire entendre et d’influencer).
Enfin, le domaine 7 fait allusion à la vie personnelle, familiale et sociale (inégalités dans les capacités de jouir de la vie privée, en famille et en société de la liberté d’expression, et un développement et épanouissement personnel.
Toutes ces inégalités sont causées par des facteurs connus tels que  le manque de ressources adéquates dans les domaines tels la santé ,l’éducation ,l’impunité juridique ,la répartition inégale des infrastructures et des ressources en matière de sécurité et de protection , le manque d’opportunités de travail et la faible création d’emplois, le manque de socles de protection sociale appropriés…
A cet effet, selon l’étude préliminaire, le gouvernement burkinabè, pour lutter efficacement contre ces irrégularités, devrait prioriser le développement de tous les aspects de la politique sanitaire nationale (infrastructures, personnel, accessibilité à des prix abordables). Il devrait prioriser également l’accès des familles à l’eau potable, la protection des citoyens particulièrement vulnérables, la lutte contre toute forme de discrimination .Outre cela, l’Etat burkinabè gagnerait à lutter contre la violence sous toutes ses formes, à travers la répartition équitable des Forces de sécurité et de défense, garantir à tous un accès égal à des conseils et à une assistance juridique.
A l’issue des travaux sur la validation des domaines et sous-domaines selon leur pertinence, la majorité des sous-domaines ont été adoptés, sauf quelques-uns par manque de documentation.

Rachid Ouédraogo (Stagiaire)


Un cadre conceptuel et un outil pour une étude des inégalités

Le cadre conceptuel des inégalités est une approche qui puise dans des conceptualisations et des mesures qui ont déjà été employées au préalable, et se base sur le cadre des capacités humaines d’Amartya Sen .Il s’agit, en effet, de la même base théorique employée par la Commission anglaise de l’équité et des droits humains pour l’élaboration de l’outil de mesure (EqualityMeasurementframework) .L’approche des capacités de Sen pour comprendre les inégalités se focalise sur l’évaluation des capacités des individus pour atteindre le bien-être.

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Numéro d'édition: 298

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