Le 1er mai 2019, les syndicats du Burkina Faso, réunis au sein de l’Unité d’action syndicale (UAS), n’ont pas remis de cahier de doléances mais juste un message au ministre de la Fonction publique, du Travail et de la Protection sociale. (DR)

Gouvernement /syndicats : La rencontre débute le 20 mai 2019

• Pas de remise de cahier de doléances cette année

• Des protocoles d’accord en attente de mise en œuvre

• Une crise de confiance entre syndicats et gouvernement

«Le 1er mai est, par tradition, l’occasion pour tous les partenaires du monde du travail de dresser un bilan de leurs actions et d’envisager des perspectives pour un meilleur avenir du travail». Ainsi s’exprimait le ministre de la Fonction publique, du Travail et de la Protection sociale, le Pr Séni Mahamadou Ouédraogo, dans son message à l’occasion du 1er mai 2019, fête du travail. Quel bilan peut-on faire des activités du monde du travail au Burkina en 2019 ?
Le 1er mai 2019 a été commémoré au lendemain du report de la session plénière sur les conclusions sur le système de rémunération des agents de l’État. Elle devait se tenir le 30 avril 2019, mais le Comité de suivi a demandé son report à une date ultérieure, selon un communiqué publié par le Service d’information du gouvernement (SIG) le 29 avril 2019. Ce report est intervenu également après la décision en Conseil des ministres du 30 avril 2019 de mettre en place un dispositif exceptionnel pour la mise en œuvre effective des accords contenus dans le protocole que le gouvernement a signé avec la Coordination nationale des syndicats de l’Education (CNSE).
A l’annonce gouvernementale, la Coordination nationale des syndicats de l’Education a décrété un mouvement afin de contraindre le gouvernement à mettre en œuvre les engagements pris. Le report de la session plénière sur les conclusions sur le système de rémunération et le déclenchement du mouvement des enseignants est la preuve de la crise de confiance entre les syndicats et le gouvernement. Ces syndicats dénoncent l’attitude du gouvernement qui demande à certains syndicats des sacrifices tout en octroyant des avantages à d’autres.
En effet, le Conseil des ministres du 23 avril 2019 a accordé une prime de motivation aux agents du ministère en charge des finances.
Ce 1er mai 2019 intervient au moment où les agents de la Santé exigent du gouvernement la mise en œuvre des dispositions relatives à la Fonction publique hospitalière.
Les gardes de sécurité pénitentiaire, les greffiers et les policiers ont donné de la voix pour se faire entendre en 2019. Le gouvernement a adopté une série de décrets d’application des statuts autonomes en leur faveur, avec une incidence salariale et indemnitaire.
Le Pr Séni Mahamadou Ouédraogo, dans son message du 1er mai, constate que ces mouvements sociaux sont signe de relations professionnelles caractéristiques de la dynamique de recherches de solutions appropriées aux préoccupations légitimes des travailleurs. Au nom du gouvernement, il a salué à juste titre l’esprit de dialogue et de concessions qui a prévalu entre les acteurs et encourage la poursuite de la culture du dialogue social dans ce sens. Dans les tout prochains jours, s’ouvriront les rencontres gouvernement/syndicats.
Ce 1er mai 2019, les syndicats du Burkina Faso, réunis au sein de l’Unité d’action syndicale (UAS), n’ont pas remis de cahier de doléances au gouvernement. Ils ont juste remis un message de protestation au ministre de la Fonction publique, du Travail et de la Protection sociale. C’est la deuxième année consécutive que l’UAS refuse de déposer un cahier de doléances. Elle explique cette décision par le fait que leur cahier de doléances déposé depuis le 1er mai 2017 est toujours dans l’attente d’examen sur la table du gouvernement. Dans le message remis au ministre, les syndicats ont déploré  la non-tenue de la rencontre gouvernement-syndicats depuis 2017. Mais ce n’est pas faute d’avoir essayé. La rencontre gouvernement/syndicats 2018 qui devait se tenir du 16 au 22 avril 2019 a été reportée à la demande des syndicats qui ont souhaité qu’elle se tienne après le 1er mai 2019. Pour le Pr Séni Ouédraogo, la tenue de la rencontre gouvernement / syndicats en 2018 a été, il faut le reconnaître, un rendez-vous manqué en raison de diverses contraintes indépendantes de la volonté des deux parties.
Pour le ministre: «Malgré nos divergences de points de vue, nous avons toujours su, dans le cadre du dialogue social, passer en revue et avec attention, les doléances du 1er mai qui résument les préoccupations légitimes des travailleurs». Il a annoncé que l’organisation de cette grande rencontre était prête et se tiendrait dans les meilleurs délais. Selon nos informations, la rencontre gouvernement-syndicats 2018 est annoncée pour se tenir du 20 au 26 mai 2019.

Elie KABORE


Statut valorisant des personnels de l’éducation: effectif en fin mai 2019

Pour exiger de meilleures conditions de vie et de travail, ils ont fait de l’adoption du statut valorisant, une condition sine qua non. Pour se faire entendre par le gouvernement, de multiples grèves ont été organisées par la Coordination nationale des syndicats de l’Education (CNSE). Du reste, ces derniers entendent prendre en otage l’année scolaire 2018-2019 si leur souhait exprimé depuis 2017 n’est pas entendu.
Depuis le mardi 30 avril 2019, cette bagarre de sourds entre CNSE et gouvernement est en train de trouver une issue heureuse, si on se fie au compte rendu du Conseil des ministres fait ce même jour. En effet, le gouvernement annonce la concrétisation du statut valorisant avant la fin du mois de mai 2019. Mais cet optimisme du gouvernement n’est pas partagé par les acteurs de la CNSE qui disent douter de la sincérité des autorités. Face à ce manque de confiance, la CNSE a décidé de ne pas lever son mot d’ordre de suspension des évaluations à tous les niveaux lancé à l’issue de l’assemblée générale du 26 avril 2019. A propos du statut valorisant, le gouvernement annonce la reprise des négociations entre les deux parties pour élaborer le statut et se pencher sur l’écriture du projet de statut valorisant. Dans le souci d’aller vite et bien, le Conseil a demandé que le comité de rédaction reprenne les travaux en concertation avec les syndicats, le 2 mai 2019 et que le début de l’écriture se fasse le 6 mai 2019 à Koudougou, avec un délai de 21 jours, de manière à disposer, à la fin du mois, d’un projet de statut valorisant finalisé. Finalement, les deux parties ont signé un document sur le statut valorisant le 3 mai dernier.

ACS

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Numéro d'édition: 297

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