«Comment valoriser l’expertise technique et financière chinoise pour un meilleur financement des PPP au Burkina Faso». C’est le thème de la 1re table ronde avec le ministre des Infrastructures, Eric W. Bougouma, les responsables de deux entreprises chinoises présentes au Burkina Faso et le Directeur général de la dette publique, Boukary Zouanga.

PPP : Les entreprises chinoises au Burkina intéressées

• Une table ronde pour parler de développement socio-économique

• La question des garanties évoquées

• Une perspective de coopération tripartite

QU’ELLES sont les entreprises chinoises présentes au Burkina Faso et que peuvent-elles apporter au développement socio-économique du pays?

Pour apporter des réponses à cette question, le 2 avril 2019, l’Ambassade de la République populaire de Chine au Burkina Faso et la Société Générale Burkina Faso (SGBF) ont organisé une table ronde.

Avec les hommes d’affaires chinois et burkinabè ainsi que des ministres du gouvernement, ils ont débattu autour du thème «Les entreprises chinoises et la So- ciété Générale Burkina Faso au service du développement économique et social au Burkina Faso».

L’Ambassadeur de la République popu- laire de Chine, Li Jian, lors de son dis- cours à la table ronde tripartite. (DR)

Une initiative qui entre dans le cadre de la «Ceinture et la Route», qui signifie, selon l’Ambassadeur de la République populaire de Chine, Li Jian, «consulter, construire et partager ensemble». A ce propos, deux tables rondes ont été animées. La première s’est déroulée sur le thème «Comment valoriser l’expertise technique et financière chinoise pour un meilleur financement des PPP au Burkina Faso ».

Ce premier sujet a concerné le ministre des Infrastructures, Eric W. Bougouma, les responsables de deux entreprises chinoises présentes au Burkina Faso et le Directeur général de la dette publique, Boukary Zouanga.

Qui sont les sociétés chinoises qui tra– vaillent au Burkina

Les entreprises chinoises présentes ont eu l’occasion de montrer leur savoir-faire. Parmi-elle, la société Huawei. Présente dans le pays depuis 2006, le leader des télécoms est la filiale du Groupe Huawei Côte d’Ivoire, le Bureau régional qui supervise 5 pays. La Côte d’Ivoire, le Bénin, la Guinée, le Togo et le Burkina Faso.

Une photo de famille avec les hommes d’affaires chinois et burkinabè ainsi que des ministres du gouvernement. (DR)

«Nous travaillons avec les 3 opérateurs de téléphonie burkinabè et aussi avec le gouvernement, les PME et les consommateurs. La société compte plus de 50 employés. Il faut noter que Huawei est le fournisseur principal des opérateurs de téléphonie au Burkina Faso. Ce que vous utilisez comme ADSL, comme téléphone mobile vient de Huawei. Nous sommes le fournisseur des infrastructures de télécoms», a déclaré la première responsable de la société aux participants de la table ronde. La seconde entreprise qui a fait une présentation aux hommes d’affaires, c’est la CGECOC. Experte en énergie hydroélectrique, construction de barrage, assistance financière, énergie solaire, énergie nucléaire. Elle a réalisé le plus grand projet hydroélectrique en Afrique, précisément en Ethiopie.

Quelles sont les garanties pour les investisseurs dans le cadre des PPP

La première table ronde de la soi- rée a réuni des responsables de sociétés chinoises, d’une part, le ministre des Infrastructures, Eric W. Bougouma, le Directeur général de la dette publique, ainsi que des responsables de la Société Générale autour du sous-thème: «Comment valoriser l’expertise technique et financière chinoise pour un meilleur financement des PPP au Burkina?». Lors de cette table ronde, la question de la garantie et de la sécurité des investisseurs a été au cœur des échanges.

Le Directeur général de la dette publique, Boukary Zouanga, a expliqué que les partenaires privés sollicitaient généralement, des garanties souveraines. Ce qui signifie que l’Etat devrait s’engager à venir en garantie quelques fois d’une manière irrévocable sur les engagements pris dans le cadre de ces projets. «La garantie que l’Etat offre porte sur des risques gérables par l’Etat. C’est le cas des risques politiques, risque de nationalisation, risque de résiliation d’autorité, risques de changements de parité. Par contre, les risques techniques dans le cadre de la construction, etc. en général, ce sont des risques que doit pouvoir gérer les investisseurs», a précisé le ministre Eric Bougouma.

A la suite de ces propos, M. Paradie de la société chinoise CHEC a affirmé que «C’est au gouvernement d’établir un environnement d’affaires sécurisé, favorable et efficace;de donner une politique préférentielle pour les projets, à une société ou un secteur; d’encourager aussi les sociétés bénéficiaires dans un projet PPP. Quant

à l’entreprise qui désire se lancer dans le PPP, elle se doit de mobiliser les ressources diverses nécessaires, d’assurer la construction, l’exploitation et le financement du PPP. C’est un modèle de gagnant-gagnant», a-t-il affirmé, tout en saluant les mécanismes que le gouvernement burkinabè a déjà mis en place pour encourager les investisseurs à se lancer dans le PPP. M. Paradie a aussi souhaité que les Etats burkinabè et chinois signent des accords internationaux sur la double taxation pour encourager les investisseurs.

Notons que cette table ronde avec les hommes d’affaires chinois et burkinabè a permis de dégager une perspective de coopération tripartite entre le gouvernement, les entrepreneurs et la SGBF qui a, à l’occasion, présenté ses produits financiers aux chefs d’entreprises présents.

JB


 

Des investisseurs exigeants en ce qui concerne les garanties

SUR la question de savoir quelles sont les garanties que propose le Burkina Faso pour les investisseurs dans le cadre des PP, voici la réponse du ministre des Infrastructures, Eric W. Bougouma, lors des échanges: «Les investisseurs au Burkina Faso sont un peu trop exigeants en ce qui concerne les garanties. L’investisseur a d’abord la foi en son projet, surtout lorsqu’il s’agit d’un projet de type Build, operate and transfer (BOT). Je crois que l’investisseur doit assumer pleinement son risque dès lors que le marché existe pour lui. Cela peut être dans le domaine de l’énergie, de l’eau potable, des infrastructures routières.

On peut comprendre que lorsque la rentabilité du projet pose problème, lorsque l’on n’est pas certain qu’au final, l’investissement qui sera réalisé permettra à l’investisseur de rentrer dans ses fonds, que l’on soit exigent pour des garanties de style autonome, des garanties souveraines.

Autrement, il y a des mécanismes classiques au niveau du code des investissements qui accordent un certain nombre de droits à l’investisseur, il y a des mécanismes de garanties à l’international, notamment à travers l’Agence multi- latérale de garanties des investissements (MIGA), et donc je pense qu’il faut que nos partenaires qui s’intéressent à des projets porteurs dans notre pays, dès lors que la rentabilité est avérée, qu’ils assument le risque jusqu’au bout, parce que c’est cela investir dans un pays».

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Numéro d'édition: 293

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