Pour le ministre burkinabè des Mines et des Carrières, Oumarou Idani, un domaine comme l’exploitation minière à petite échelle attend la contribution de l’élite de la diaspora pour son développement. (DR)

Emplois dans les mines : Le Faso suscite le retour de la diaspora

• A travers une journée porte ouverte sur l’emploi à Toronto

• 4 sociétés minières ont présenté les opportunités qu’elles offrent

• La diaspora peut aussi se positionner dans la fourniture des biens miniers

La ville de Toronto, au Canada, a accueilli du 3 au 6 mars 2019, la convention annuelle de l’Association canadienne des prospecteurs et entrepreneurs, Prospectors & Developers Association of Canada (PDAC) en anglais.
Le Burkina Faso, pays classé parmi les meilleurs producteurs d’or en Afrique, est un abonné du PDAC depuis un certain temps. Sa présence était remarquable pour l’édition 2019.
On retient l’organisation, le 3 mars 2019, de la Journée porte ouverte (JPO) sur l’emploi dans les mines en Afrique de l’Ouest par l’Ambassade du Burkina au Canada, la Chambre des mines du Burkina et l’agence Fleur d’Orchidée.
La JPO est à sa 4e édition. Pour la présente édition, 4 sociétés d’exploitation industrielles d’or du Burkina Faso, dont Iamgold Essakane, Teranga gold, Roxgold et Orezone ont exposé à plusieurs jeunes burkinabè de la diaspora, les opportunités d’emplois dans leurs mines. La 4e JPO a été présidée par le ministre burkinabè des Mines et des Carrières, Oumarou Idani. Il avait à ses côtés, le Conseiller spécial énergie et mine du président du Faso, Issa Dominique Konaté, l’Ambassadeur du Burkina au Canada, Athanase Boudo, le président de la Chambre des mines du Burkina, Tidiane Barry, et les responsables des 4 sociétés minières.
Marie Diop a rappelé l’importance que la Chambre des mines du Burkina, qu’elle représente, accordait à l’emploi dans le secteur minier au Burkina. En une dizaine d’exploitations minières, le secteur minier a généré plusieurs milliers d’emplois.
Toutefois, elle a indiqué que le secteur minier au Burkina et en Afrique de l’Ouest avait besoin de tous ses fils. La JPO se veut donc un cadre de communication, une tribune d’échanges qui peut aider les jeunes diplômés à saisir les opportunités dans le secteur. Ils ont donc l’opportunité de se renseigner à la source à travers les rencontres individuelles avec les responsables des Ressources humaines des sociétés minières présentes, a-t-elle conclu.

Le vice-président de Iamgold, Oumar Toguyeni (en veste), dans le stand de la société Iamgold Essakane SA. (DR)

Le représentant du gouvernement canadien a félicité les organisateurs de la JPO. Les pays de l’Afrique de l’Ouest comme le Mali, le Sénégal, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire constituent, selon lui, des marchés émergents pour le Canada. Des pays qui offrent beaucoup de débouchés, notamment dans le secteur minier. Le Canada étant le chef de file de la responsabilité sociale des entreprises, il espère que les jeunes diplômés seront des ambassadeurs de cette valeur, une fois de retour dans leurs pays respectifs.
Pour le ministre des Mines et des Carrières, la problématique de l’emploi dans les domaines porteurs est d’actualité et une préoccupation majeure pour les gouvernements de l’Afrique de l’Ouest. Pour le cas particulier du Burkina, bien que l’industrie minière soit en pleine croissance, Oumarou Idani note «un manque de main d’œuvre qualifiée dans le secteur, tant sur le plan qualitatif que quantitatif, parce que les formations dispensées sont quasiment théoriques, sans un arrimage avec les besoins de l’industrie».
Cette inadéquation entre les formations dispensées et les exigences des employeurs accentue le chômage des jeunes et ne permet pas de réduire le déficit de main d’œuvre qualifiée, a-t-il poursuivi. La JPO apparaît à ses yeux comme une des alternatives pour combler ce déficit avec un retour d’une partie de la main d’œuvre qualifiée de la diaspora bien formée des pays développés vers l’Afrique. «La JPO pourrait constituer la voie idéale pour le retour de ces nombreux diplômés qualifiés qui rencontrent quelquefois, des difficultés pour intégrer le marché de l’emploi dans les pays du Nord. Si cette journée est une occasion en or de vous présenter les opportunités d’emplois dans les mines, elle offre l’occasion de vous présenter des opportunités d’affaires dans les domaines porteurs comme ceux de la fourniture des biens et services miniers qui se trouvent à un stade embryonnaire», foi du ministre Idani qui invite les jeunes de la diaspora à faire de ce slogan «l’Afrique a besoin du retour de ses talents» une réalité.
«Tous nos encouragements aux sociétés minières qui, à travers cette journée, offrent des opportunités d’avoir des emplois directs et indirects bien rémunérés et aux standards des pays développés», a-t-il conclu.

Elie KABORE


Qu’est-ce que le PDAC ?

Organisée depuis 1932, l’Association canadienne des prospecteurs et entrepreneurs, Prospectors & Developers Association of Canada (PDAC) en anglais constitue aujourd’hui l’évènement de choix pour l’industrie minérale mondiale. Le PDAC 2019 a réuni pendant 4 jours, plus de 25.000 participants provenant de 135 pays, dont 3.500 investisseurs. On y retrouvait également des experts, des représentants de gouvernements, des particuliers, etc. qui s’intéressent à l’exploration minière. Le PDAC, ce sont plusieurs panels, plus de 1.000 expositions, des rencontres B2B et de réseautage, etc.

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Numéro d'édition: 287

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