PAE/JF-BF «Comment le programme a changé ma vie»

Le Programme d’autonomisation économique des jeunes et des femmes a lancé, depuis 2017, une campagne de souscription de crédits à faible taux d’intérêt pour soutenir l’entrepreneuriat des jeunes et des femmes. Le programme a pour ambition de financer 10.000 jeunes et femmes par an et cela pendant 3 ans. A ce jour 11.057 personnes ont été financées par le biais de ce programme. Qu’est –il advenu de ces récipiendaires? Comment ont-ils exploité ces fonds? L’Economiste du Faso, est parti sur leurs traces, voici leurs histoires.

Florentine Tambeyaore, coiffeuse
Elle s’appelle Florentine Tambeyaore. Du haut de ses 37 ans, elle est l’heureuse propriétaire d’un salon de coiffure. Cette handicapée motrice fait partie des femmes qui ont bénéficié du prêt octroyé par le Programme d’autonomisation économique des jeunes et des femmes. D’une valeur de 500.000 FCFA du FAIJ, ce fonds lui a été d’une aide capitale. «Avant, je travaillais sous un hangar en paille, mais grâce au prêt, j’ai aménagé mon propre espace à la maison dans lequel je reçois mes clientes», a-t-elle déclaré tout en relativisant. La somme est insuffisante, «je manque de matériel tel que les casques, ce qui plombe son activité». «Il arrive souvent que des clientes viennent pour des modèles de coiffure spécifiques, mais comme je n’ai pas les appareils qu’il faut, elles repartent».
Selon elle, les modalités de remboursement sont très souples, à ce jour, elle dit avoir remboursé environ 150.000 FCFA. En effet, il lui est permis de rembourser la somme totale à son rythme. Même si, a-t-elle insisté «de mauvaises langues m’ont dit de ne pas rembourser car c’est l’argent du gouvernement, donc de prétexter mon handicap pour ne pas rembourser». Faisant fi des médisances, Mme Tambeyaore ne tarit pas d’éloges pour le Programme d’autonomisation économique et invite les premiers responsables à intégrer plus de demandeurs, car de nombreuses personnes postulent, en vain.

Wilfried Ouédraogo et sa société de distribution
Wilfried Ouédraogo, titulaire d’un Master 1 en transport logistique, est l’heureux propriétaire d’une mini alimentation «SAM Market», et cela, il le doit au Programme d’autonomisation économique qui lui a permis de contracter un prêt par l’intermédiaire de la FAPE à hauteur de 1.000.000 de francs CFA.
Il a 24 ans et a à sa charge deux employés qu’il paye mensuellement, créant non seulement du profit, mais aussi du travail pour les autres. Au commerce de produits généraux, il a adjoint un secrétariat public pour optimiser ses bénéfices. Il réalise un chiffre d’affaires de 500.000 FCFA, avec de nombreuses charges, selon les propos de ce dernier: «J’ai bénéficié du soutien d’un proche et j’estime mon entreprise à 2.000.000 FCFA». Wilfried Ouédraogo affirme qu’il traverse souvent des difficultés qui paralysent le développement de sa boutique, et à cet effet, il affirme: «Comme tout commerce, je traverse souvent des moments de méventes et des difficultés d’écoulement de mes produits». En dépit de cela, il estime que les modalités de remboursement ont été allégées parce que, insiste-t-il : «On rembourse avec de faibles taux, en plus de cela, les délais de payement ont été étalés à 3 ans, je trouve que c’est favorable».
Pour ce dernier, le fonds qu’il a reçu a été une aubaine et lui a permis d’entreprendre au lieu de compter sur l’Etat pour être recruté. Il appelle le PAE à mieux former et encadrer les créanciers {débiteurs} et leur montrer les avantages qu’ils tireront à rembourser la somme empruntée .

Sawadogo Rakieta fait du commerce de légumes son métier
Sawadogo Rakieta est une vendeuse de condiments et produits maraîchers au marché de Somgandé. Tout comme d’autres femmes, elle a bénéficié du prêt octroyé par le PAE/JF-BF. Une fois la somme de 200.000 FCFA (montant du prêt) en main, cette femme a choisi d’investir dans la vente de condiments.
Selon cette dernière, ce prêt a été une aubaine pour l’amélioration de son activité: « Ce prêt que j’ai pris m’a été d’un grand secours, je vendais des condiments mais la somme que j’ai reçue m’a permis d’agrandir mon hangar et de prendre plus de condiments et de produits maraîchers». Avec un chiffre d’affaires d’environ 50.000 FCFA par mois, elle estime que les modalités de remboursement du prêt sont favorables : «Je dois rembourser chaque trois mois, 25.000 FCFA pendant deux ans, et cela ne me porte pas préjudice».
Cependant, elle déplore l’insuffisance du crédit octroyé, car elle ambitionne de faire du commerce transfrontalier. À cet effet, elle appelle l’Etat à augmenter la somme et à l’élargir afin d’aider de nombreuses femmes qui ont besoin d’être accompagnées: «J’étais effrayée par le prêt, étant donné la nature de mon activité, je craignais de ne pouvoir rembourser».

Propos recueillis par Rachid Ouédraogo (Stagiaire)

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Numéro d'édition: 285

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