Les autres malversations concernent la perception indue de sommes d’argent, les dépenses non éligibles et des manques à gagner. (DR)

La corruption avance : Un recul de 4 places dans le classement de Transparency

• L’ASCE-LC note une hausse des détournements de fonds

• Les lanceurs d’alerte invités à documenter leurs dénonciations

La corruption a de beaux jours devant elle. 2 indicateurs permettent de soutenir cette affirmation. D’abord, la publication de l’Indice de perception de la corruption (CPI 2018) le 29 janvier 2019, par l’ONG Transparency International. L’IPC 2018 présente un tableau bien sombre du Burkina Faso. Le pays, avec 41 points sur 100, se classe 78e sur 180 pays les plus corrompus.
Premier constat, le score du Burkina qui est à 41 est en dessous de la moyenne. Deuxième constat, le Burkina recule de 4 places par rapport au classement 2017. La situation du Burkina est identique aux 7 autres pays de l’Afrique sur les 49 pays que compte l’Indice qui ont obtenu un score supérieur à 43 sur les 100 points. Une triste situation, puisque les dirigeants africains avaient pris l’engagement de faire de 2018 l’année africaine de lutte contre la corruption. Les avancées concrètes se font encore attendre.
Cet indice a été publié après le rapport 2017 de l’Autorité supérieure de contrôle d’Etat et de Lutte contre la corruption (ASCE-LC). L’institution a remis ce rapport au président du Faso le 4 janvier 2019.
Le Contrôleur général, Luc Marius Ibriga, a indiqué ce jour-là que le rapport démontrait qu’il y a une dégradation des indicateurs en matière de corruption.


En 2017, en effet, les malversations révélées par sa structure après les contrôles, se chiffrent à 506.874.310 FCFA. Les détournements de fonds et/ou manquants de caisse d’un montant de 375.854.574 FCFA représentent 74,15% de l’ensemble des malversations. Les détournements de fonds sont en hausse par rapport à 2016 où ils ne représentaient que 0,32% des malversations et à 2015 (12%). Les dépenses non justifiées ou absence de pièces justificatives de dépenses représentent 13,05% des malversations en 2017 et les autres malversations, dont la perception indue de sommes d’argent, les dépenses non éligibles et des manques à gagner représentent 12% des malversations de la même année.
Ces 2 publications montrent à quel point, des efforts doivent être faits dans la lutte contre le fléau. Pour ce faire, Luc Marius Ibriga a relevé la nécessité de redoubler d’effort dans cette lutte en appliquant la sanction et en luttant contre l’impunité avec rigueur et énergie.
Si pour Transparency International, «l’incapacité chronique de la plupart des pays à contrôler efficacement la corruption est un facteur qui contribue à la crise de la démocratie dans le monde», le Contrôleur général, pour sa part, estime qu’en «cette période de crise et d’insécurité, la lutte contre la corruption doit être redoublée pour permettre au Burkina Faso d’avoir les ressources nécessaires pour faire face aux différents défis».

Elie KABORE


Les lanceurs d’alerte invités à documenter leurs dénonciations

L’ASCE-LC a noté avec satisfaction que le taux des dénonciations et de plaintes confirmées a connu une hausse en 2017, comparativement à l’année 2016. Sur les 33 plaintes reçues en 2017 par l’ASCE-LC, 26 ont été confirmées, représentant un taux de confirmation de 79%, contre 58% en 2016. Cette hausse des plaintes confirmées en 2017signifie une meilleure fourniture de preuves qui accompagnent les dénonciations. Pour rendre possibles les investigations, les lanceurs d’alerte sont invités à documenter leurs dénonciations.

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Numéro d'édition: 285

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