Le communicateur, Pr Serges Théophile Balima a laissé entendre que la coopération doit accepter de vivre avec le risque sécuritaire qui est aujourd’hui une réalité quotidienne et mondiale. (DR)

Coopération et insécurité : Misé sur une communication participative

• Le Pr Balima décortique le thème de la 1re édition du SICOD

• Un rendez-vous des communicateurs pour parler de coopération

Insécurité et coopération de développement ne font pas souvent bon ménage. Pour un mariage réussit entre les deux, la seule condition qui vaille est la paix. Face à cette situation que faire ? Pour apporter un début de réponse à la problématique, l’enseignant-chercheur en journalisme, le Pr Serges Théophile Balima a décortiqué la thématique suivante: «Quelles stratégies de communication pour une meilleure visibilité des actions de la coopération au Burkina Faso dans un contexte de menaces sécuritaires?»
Dans sa communication, il a indiqué avec insistance que la réussite des projets et programmes doivent rencontrer l’assentiment des deux peuples. «Il y’a des réalités socio anthropologiques à prendre en compte telles que la culture, l’ethnie, la langue parlée de la localité choisie» déclare-t-il. Et pour anticiper tous ces paramètres, le conférencier recommande une communication appropriée, adaptée au contexte. Mieux, il insiste sur une communication participative plutôt qu’une approche technique formaliste.Voici quelques recommandations du conférencier: connaitre le contexte d’intervention de la coopération (épouser les attentes et les besoins); agir en tenant compte de la réalité du terrain; connaître les objectifs poursuivis par la coopération; connaître les avantages concrets pour les bénéficiaires; sensibiliser la population; connaître son axe dominant de communication; connaître sa propre stratégie de communication.
Parlant de ce dernier volet, le communicateur a exhorté les différentes parties à véhiculer leurs messages à travers des leaders d’opinion. Comme support de diffusion du message, il accorde sa préférence aux médias de proximité telle que la radio locale en milieu rural. Et en zone urbaine, il note que tous les moyens de communication classiques seraient appropriés. Les parties prenantes peuvent recourir aux réseaux sociaux qui constituent aujourd’hui une force de pénétration auprès du grand public.

Le risque sécuritaire est mondial
Sur les risques, il a laissé entendre que la coopération doit accepter de vivre avec le risque qui est aujourd’hui une réalité quotidienne et mondiale. Pour étayer son propos, il mentionne que les attaques terroristes sont menées autant au Burkina Faso, en France, aux USA qu’au Canada.
Le Pr Serges Théophile Balima a aussi évoqué la question de la transparence et de la bonne gouvernance dans la conduite des projets et programmes. Pour lui, ces deux vertus s’expliquent par le fait que les populations sont devenues exigeantes et veulent tout comprendre.
Il conclut par une interpellation des acteurs étatiques et des PTF sur le fait que la question sécuritaire ne devrait pas être un frein au développement. Le ministre de la Jeunesse, de la formation et de l’insertion professionnelle, Dr Smailla Ouédraogo, parrain de l’activité, a insisté sur l’importance d’une telle initiative et a noté que «le Burkina Faso a plus que jamais besoin de tous pour faire face aux attaques terroristes». Le ministre d’Etat, Simon Compaoré, président de la première édition du SICOD a abondé dans le même sens en soulignant que le Burkina Faso sortira victorieux de cette menace terroriste que tentent d’imposer au peuple burkinabè les forces du mal.
Selon le Président de l’IJACOD, Jean Victor Ouédraogo, l’organisation d’un tel évènement s’explique par le fait que la lutte contre le terrorisme ne saurait être l’apanage des seules Forces de défense et de sécurité. Pour lui, tout citoyen épris de paix et de stabilité doit y participer. C’est pourquoi, insiste-t-il, «le rôle des communicateurs et des journalistes est de traiter l’information relative à la sécurité avec tout le professionnalisme requis et le sens de la responsabilité sociale qui encadre notre métier».

JB


La paix est financièrement rentable: quelques chiffres de l’aide publique au développement fait au Burkina

En rappel, les rapports 2016 et 2017 de la Direction générale de la coopération montrent que l’aide publique au développement, octroyé au Burkina Faso par les PTF, est respectivement de 650 et 663,11 milliards de FCFA. Ces montants reçus ont permis la réalisation de nombreuses infrastructures socio-économiques au profit des populations. Toute chose qui a permis de faire reculer la pauvreté.

Commentaires
Numéro d'édition: 278

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

*

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.