Le président du Faso Roch Kaboré et son épouse, posant avec le président chinois Xi Jinping accompagné de son épouse à Beijing, en marge du Sommet de Beijing 2018 du Forum sur la Coopération sino-africaine (FCSA). (DR)

PNDES à l’horizon 2020 : Que veut le Burkina? Que peut la chine ?

• Les espoirs d’un partenariat pressé-pressé

• L’infrastructure, en plus des secteurs de coopération traditionnels

• Mine de Tambao et autoroute Abidjan-Ouaga

En mai 2019, le Burkina Faso et la Chine fêteront le premier anniversaire de la reprise de leurs relations diplomatiques. L’on sera alors à un an de la présidentielle de 2020. Ce sera alors l’heure des premiers bilans du renouveau d’un partenariat qui se veut gagnant –gagnant. En attendant ce moment, il faut bien que les deux Etats s’entendent effectivement sur un agenda de la coopération.
D’un côté, on a un pays qui sort d’une insurrection, avec un président élu. Et qui, après trois ans de gestion est toujours chahuté par les syndicats et l’opposition en attente d’une relance économique qui s’avère plus difficile que prévu.
L’insurrection a libéré la parole et tracé un nouveau jalon démocratique au pays des hommes intègres, mais ce qu’on ne dit pas assez, c’est que sa facture économique ne pouvait être soldée aussi rapidement. Le gouvernement a tout misé sur le Plan national de développement économique et social (PNDES), le nouveau référentiel de développement pour impulser une croissance inclusive. La conférence des Bailleurs a permis d’avoir des engagements au-delà des 15 mille milliards recherchés. Deux ans après, même si la mobilisation est déclarée satisfaisante par le gouvernement, il faut reconnaitre qu’elle n’est pas optimale.
Et l’atout majeur de ce plan-une contribution de plus de 50% au plan- est en train de devenir son talon d’Achille. La morosité économique actuelle joue sur la mobilisation des recettes propres. Et par conséquent, ce sont les investissements qui risquent d’en pâtir. La priorité étant de faire fonctionner l’Etat en attendant meilleure fortune.
C’est dans ce contexte que le Burkina Faso a renoué avec le pays de Xi Jinping. Que veut le Burkina et que peut faire la Chine populaire dans une telle conjoncture?
Des observateurs ont salué le pragmatisme du Burkina dans son choix. Ce choix est motivé certes politiquement, mais ce sont les perspectives économiques et surtout les bénéfices que le pays peut en tirer qui ont été décisifs.
Le Burkina espère que la grande Chine fera mieux que Taiwan et surtout s’intégrera très rapidement dans le financement des chantiers du PNDES.
Taiwan s’est montrée très active dans le secteur de l’agriculture avec la plaine de riz de Bagré, située à l’est du pays comme vitrine. Elle a été très active dans le domaine de la formation et de l’apprentissage en construisant et en dotant plusieurs centres dans les régions du pays ainsi que dans le domaine de la santé, avec l’hôpital Blaise Compaoré, qui a été mis en place grâce à un PPP. Taiwan investissait également dans le secteur de l’énergie renouvelable avec le solaire. En quelques mois seulement de reprise, Pékin a vite fait de remplacer les coopérants taïwanais dans tous ces secteurs. (Cf L’Economiste du Faso N° 2755. On pourrait donc les considérer comme des secteurs traditionnels de la coopération avec la Chine. Sauf que pour changer, cette fois, les infrastructures sont présentes et pourraient damer le pion à certains secteurs traditionnels en termes d’investissements.
Et cela pour deux raisons. Ce secteur est l’épine dorsale du PNDES, que ce soit les routes, les aménagements hydro-agricoles ou hydrauliques et la deuxième raison, c’est que les entreprises chinoises qui accompagnent le processus de coopération initié par Pékin, pourraient être intéressées par le modèle partenariat public privé.
Tout va dépendre de la qualité des dossiers soumis à la partie chinoise. Le Burkina est pressé, son gouvernement a des échéances politiques dans son agenda et le coup de pouce ne sera pas de trop. Mais la Chine qui a sa réputation à protéger demandera des gages afin de pouvoir faire plus et mieux que son prédécesseur.

FW


Chine ou pas chine ?

Il est de plus en plus question d’un intérêt chinois pour Tambao dont le contentieux juridique entre l’Etat et Timis, le dernier détenteur du permis d’exploitation n’est pas encore entièrement vidé et certaines autorités burkinabè ont annoncé une probable participation de la Chine dans le financement de l’autoroute Abidjan-Ouaga. Ces deux grands dossiers avancent à petits pas. Ils pourraient être une opportunité pour la Chine de présenter son expertise dans ces secteurs.

Commentaires
Numéro d'édition: 277

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

*

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.