Le défi

Du 3 au 8 décembre dernier, le Burkina Faso a organisé sa Semaine nationale de l’industrie. Une lueur d’espoir pour le secteur qui vient d’être doté d’une stratégie nationale. Plus de 100 milliards de FCFA sont prévus pour sa mise en œuvre. Il faut les trouver et vite. C’est l’occasion de mettre sous les projecteurs ce secteur stratégique pour tout pays qui aspire à développer, à créer de la richesse et par conséquent à créer des emplois pour ses populations.
Malheureusement, au moment où le pays célèbre ses 58 ans de souveraineté, l’industrie burkinabé se cherche comme on dit. Voici les chiffres du gouvernement après un diagnostic du secteur dans le cadre de la mise en route de la stratégie nationale d’industrialisation du pays: «dépeuplement du paysage industriel national (le taux de création de nouvelles entreprises industrielles est passé de 12% en 2012 à 2% en 2016), recul de la contribution du secteur manufacturier à la formation du produit intérieur brut (14,6% du PIB en 1991 à 6,5% en 2012) et faible niveau de transformation des matières premières locales (12%). Nos industriels ont d’abord un problème de compétitivité. Celui-ci est lié essentiellement aux coûts des facteurs de production. C’est connu. Mais leur plus gros problème reste la régulation du marché, inefficace face à la fraude et à la contrefaçon.
La crise des huiliers a montré que le sous-secteur de la transformation de nos ressources locales a besoin d’être protégé, même si certains acteurs rejettent ce terme. L’Etat a été trop longtemps défaillant, et il est en partie responsable de l’agonie du tissu industriel national. A tort ou à raison, l’on a accordé trop de privilèges aux importateurs pour satisfaire les besoins nationaux. On sait également que derrière ces privilèges se cachent également des niches de corruption. C’est tout ce beau monde qu’il faut discipliner si l’on veut réussir à relever le défi de cette nouvelle stratégie: consolider l’existant, le faire grandir et soutenir toutes les initiatives durables dans le secteur.

Abdoulaye TAO

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Numéro d'édition: 277

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