Le directeur national de la BCEAO s’étant rendu à Dakar pour la rencontre, c’est Adama Sankara qui a assuré l’intérim. (DR)

Inclusion financière dans l’UEMOA : Une semaine pour fédérer les acteurs

• L’engagement de la banque centrale

• A relever les défis dus à l’inclusion

• En faire un puissant vecteur de développement

C’est dans la matinée du lundi 26 novembre 2018 que nous avons mis les pieds, pour la première fois, dans les locaux de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), à Ouagadougou. Comme vous pouvez vous en douter, il nous a fallu montrer patte blanche pour accéder à la salle de réunions où nous avons suivi, à travers une visioconférence, la cérémonie de lancement officiel de la Semaine de l’inclusion financière dans l’UEMOA (Union économique et monétaire ouest-africaine). Organisée à Dakar (au Sénégal) où se trouve le siège de la BCEAO, elle s’est tenue du 26 novembre au 1er décembre 2018 sous le thème «Inclusion financière: levier de développement économique et social».
Même si nous avons par moment perdu le signal, causant la déception de l’assistance qui ne voulait certainement pas rater une miette de ce qui se passait dans la capitale sénégalaise, nous en avons vu assez pour vous dire que la cérémonie a été marquée par trois allocations. Premier à prendre la parole, le gouverneur de la BCEAO, Tiémoko Meyliet Koné, a tenu à souligner l’importance de l’inclusion financière qui constitue à n’en point douter un catalyseur de croissance économique et un puissant vecteur de développement, en ce qu’elle facilite la participation des couches sociales les moins nanties à la création des richesses dans les pays.
En la matière, Xavier Michon, secrétaire exécutif adjoint de l’United National Capital Development Fond (UNCDF), a donné quelques exemples. Ainsi, selon une étude réalisée au Kenya, l’accès aux services bancaires par téléphonie mobile aurait contribué à réduire de 22% l’extrême pauvreté dans les ménages dirigés par les femmes.

Au centre des politiques de développement
A partir de là, on peut facilement comprendre pourquoi l’inclusion financière, qui est aussi une préoccupation au niveau mondial, est placée au centre des politiques visant à lutter contre la pauvreté et à régler les inégalités sociales. «C’est dans ce cadre que le principe de l’organisation de cette Semaine a été retenu depuis plusieurs années. A cet égard, la banque centrale a décidé de jouer sa participation en organisant, dans l’espace UEMOA, la première édition de cette manifestation. «En réunissant les décideurs politiques, les directeurs généraux de banques et autres institutions financières, les universitaires, les acteurs de la société civile ainsi que les représentants des secteurs privés et des ONG, notre profond désir est de susciter des réflexions», a indiqué le gouverneur.
Plus spécifiquement, cette manifestation vise à sensibiliser l’ensemble des acteurs sur l’importance de l’inclusion financière dans le développement économique et social des pays de la zone et de mieux faire connaître les efforts déployés par la BCEAO et les autres acteurs dans ce domaine ; notamment les actions relevant de la Stratégie régionale d’inclusion financière (SRI) élaborée en juin 2016 avec l’appui du Conseil des ministres de l’UEMOA. Les participants pourront, à travers des panels et forums, faire le point de la mise en œuvre de ladite stratégie et clarifier les attributions confiées à chacune des parties. Ils pourront également échanger sur les préoccupations actuelles car, comme l’a si bien dit Xavier Michon, des défis restent encore à relever.
Il s’agit, entre autres, de l’identification des clients des services financiers dans le cadre des petites transactions, l’harmonisation des stratégies nationales de finance inclusive et l’adaptation de leurs corps juridique et réglementaire afin de s’assurer que les dispositions en place ou manquantes ne constituent pas un frein à l’inclusion financière ; notamment numérique ; à l’image de la problématique de la signature électronique.

Malgré les efforts considérables, il y a encore de nombreux défis à relever
Abondant dans le même sens, Romuald Wadagni, président du Conseil des ministres de l’UEMOA, a cité trois autres défis, notamment l’éducation financière des populations. «On a beau leur proposer tous les services que vous voulez, si elles n’ont pas confiance au système, elles resteront toujours en marge de tout ce que nous ferons», a-t-il expliqué.
Il y a aussi la mise en place d’une politique régionale de la protection des consommateurs et l’adaptation sans cesse des dispositifs de veille et de surveillance aux évolutions technologiques.
Saluant la tenue effective de cette manifestation, il a souligné que dans le cadre de la préparation de la Semaine, il a dû s’enquérir des actions mises en œuvres dans chacun des Etats, et il s’est rendu compte que, sur huit pays, seul deux disposent de stratégies nationales d’inclusion financière. «Du coup, j’ai inscrit dans mon agenda d’échanges avec mes pairs, la nécessité que tout le monde élabore ce plan d’action national qui doit être aligné sur la stratégie régionale», a-t-il annoncé.
En dernier lieu, Romuald Wadagni, ministre de l’Économie et des Finances du Bénin, a évoqué la responsabilité des pouvoirs publics qui doivent mettre l’accent sur les investissements nécessaires pour développer les infrastructures technologiques, mettre l’accent sur les initiatives et les incitations, notamment fiscales, pour encourager les secteurs privés à développer des usages nouveaux et des produits à des coûts abordables pour les populations.
Il faut aussi poursuivre l’assainissement et le renforcement des institutions de microfinance et veiller à la protection des clients des services financiers.
En rappel, le taux d’inclusion financière dans la zone est passé à 55% en 2017 contre 14% dix années plus tôt; une évolution qui a été possible grâce aux nombreuses réformes entreprises depuis plus d’une décennie.

ZS


Des activités qui ont eu lieu à Ouagadougou

La Semaine de l’inclusion financière a été célébrée simultanément dans les huit pays membres, à savoir le Bénin, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, la Guinée-Bissau, le Mali, le Niger, le Sénégal et le Togo.
Au Burkina Faso, particulièrement, plusieurs activités ont été organisées. A partir du 28 novembre, il y a eu des panels sur le financement des femmes et des jeunes ainsi qu’une formation des acteurs sur la réglementation des systèmes financiers décentralisés.
Il était aussi prévu, au niveau de l’université, le 30 novembre, une séance de sensibilisation des étudiants et des élèves. Pour le public, une foire a eu lieu au niveau du centre aéré de la BCEAO, sis à Ouaga 2000.

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Numéro d'édition: 276

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