A travers le prix Abdoulaye Fadiga doté de 10 millions de FCFA, le lauréat, Vigninou Gammadigbé, pourra poursuivre ses recherches: (Ph. Abidjan.net)

Prix «Abdoulaye Fadiga» : Vigninou Gammadigbé, lauréat 2018

• Il gagne 10 millions de FCFA

• Prix d’encouragement à trois lauréats

• Bientôt, une Fondation Abdoualye Fadiga

L’édition 2018 du prix «Abdoulaye Fadiga» pour la promotion de la recherche économique, initiée par la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), a échu au Togolais Vigninou Gammadigbé.
La remise du prix a eu lieu le mercredi 21 novembre 2018 au siège de la Banque centrale, à Dakar au Sénégal, en présence d’illustres personnalités et de la famille du défunt. Le lauréat de l’édition 2018 est le Doctorant de la Faculté de Sciences économiques et de Gestion à l’Université de Lomé, au Togo, Vigninou Gammadigbé. Il doit son sacre, selon le président du comité de lecture du prix Abdoulaye Fadiga, Pr Adama Diaw, à l’originalité et à l’intérêt du sujet traité, à la pertinence de la problématique, à la rigueur et à la cohérence de l’approche méthodologique adoptée et à la qualité de l’analyse et des conclusions qui doivent déboucher sur les recommandations de politique économique. L’œuvre présenté a porté sur «survie des banques de l’UEMOA : les nouvelles exigences de fonds propres sont-elles pertinentes ?»
Vigninou Gammadigbé, qui est également cadre de banque à Lomé, empoche la somme de 10 millions de FCFA. Le gouverneur de la BCEAO, Tiémoko Meyliet Koné, a rappelé que le prix a été institué depuis 2008 par la Banque centrale pour perpétuer la mémoire du premier gouverneur africain de la banque centrale.
Celui-ci est caractérisé par ses qualités humaines, sa vision, sa détermination et son grand professionnalisme. Mieux, le gouverneur actuel a souligné qu’Abdoulaye Fadiga a marqué de manière indélébile la vie de l’institution, à travers l’africanisation de la banque centrale, le transfert du siège de Paris à Dakar, mais aussi et surtout l’édification d’une culture d’entreprise faite de rigueur et de professionnalisme.
Il a d’autre part suscité la production de travaux de recherche de qualité sur la formulation et la mise en œuvre de politiques économiques dans lesdits Etats. Le prix Abdoulaye Fadiga a également pour vocation de constituer un cadre d’émulation pour les chercheurs, afin d’améliorer de façon significative la production scientifique au sein de l’Union. C’est très ému que Vigninou Gammadigbé a pris la parole pour exprimer toute sa reconnaissance à la Banque centrale d’avoir initié un tel prix au profit des jeunes chercheurs de l’espace communautaire.
Pour avoir traité avec brio la thématique de l’«Hétérogénéité des économies de la CEDEAO: Quel défi pour une politique monétaire commune», trois autres chercheurs ont reçu des prix d’encouragement.
Il s’agit des Ivoiriens, Aboudou Ouattara ; enseignant-chercheur au Centre africain d’études supérieures en gestion (CESAG) de Dakar ; Kouamé Désiré Kangah, enseignant-chercheur à l’Ecole nationale supérieure des statistiques des économies appliquées (ENSEA) à Abidjan, et du Béninois, Ruben Barnabas, ingénieur-statisticien-économiste au cabinet du conseiller spécial du Premier ministre du Sénégal. Ils empochent ainsi la somme de 5.000.000 FCFA chacun. La remise des prix aux différents lauréats a été faite par deux anciens cadres de la Banque centrale. Dr Ndèye Elisabeth Diaw, directrice des affaires juridiques, conseillère du gouverneur cumulativement avec ses fonctions de directrice du département de la sécurité et des affaires juridiques, et Elisabeth Viviane Zunon Kipré, directrice nationale de la BCEAO/Côte d’Ivoire. Une minute de silence a été observée par l’assistance en la mémoire d’Abdoulaye Fadiga, dont cette année marque le 30e anniversaire de la disparition.
Ces quatre lauréats, en plus du prix, peuvent bénéficier d’une bourse de recherche sur leurs différentes thématiques auprès de la BCEAO. Ils peuvent aussi faire une immersion de 2 ans au sein de la banque centrale pour une meilleure connaissance de l’institution. Il y a aussi la possibilité pour eux de faire carrière dans la banque.
Le gouverneur Tiémoko Meyliet Koné a rappelé que dans les prochaines années, le prix Abdoualye Fadiga pourrait être étendu à toute l’Afrique, et que l’institution pensait à la mise en place d’une Fondation Abdoulaye Fadiga.

Rachel DABIRE


«Survie des banques de l’UEMOA: les nouvelles exigences de fonds propres sont-elles pertinentes» ?

«Cette étude analyse le rôle des fonds propres réglementaires dans la survie des banques de l’UEMOA, afin d’en déduire la pertinence des nouvelles normes bâloises entrées en vigueur le 1er janvier 2018. Elle traite d’un thème d’actualité, et la problématique apparaît claire et pertinente. Les enseignements et recommandations issus des résultats de l’étude son clairs, et corroborent l’importance que les autorités monétaires et bancaires attachent à une bonne capitalisation. Les conclusions de l’article indiquent principalement que les fonds propres jouent un rôle important dans la survie des banques de l’UEMOA en réduisant de manière significative les probabilités de faillites des banques. L’étude plaide pour une meilleure gestion bancaire relativement au pilotage des fonds propres et à la prise des risques. Il s’agit d’une contribution pertinente et de portée significative, issue d’un travail sérieux et de très belle facture ».


 

«Hétérogénéité des économies de la CEDEAO: quel défi pour une politique monétaire commune»

«Cette étude aborde la question de l’optimalité de la politique monétaire dans l’Union communautaire en examinant de façon prospective les conditions d’une plus grande efficacité d’une politique commune à l’échelle de la CEDEAO. L’article analyse la réaction des pays de la CEDEAO sur les commodités de la politique monétaire en tenant compte de l’hétérogénéité de leurs économies. La problématique est clairement posée. Elle intègre ce sujet avéré pour les pays de la CEDEAO, principalement au regard de l’ambition des autorités de ces pays à rendre cette monnaie réelle d’ici à l’horizon 2020. Les résultats apportent un éclairage sur l’impact de l’hétérogénéité sur la transmission de la politique monétaire».

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Numéro d'édition: 275

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