A l’instar des mouvements sociaux, d’autres risques pourraient induire des résultats moins favorables en 2018. (DR)

Perspectives 2018: une baisse de la croissance du Burkina

• 6% de taux de croissance contre 6,3% en 2017

• Une année marquée par des grèves et question sécuritaire

• Mobiliser des ressources supplémentaires et maîtriser la masse salariale

Le taux de croissance devrait se stabiliser à 6% en 2018, avec des perspectives de révision à la baisse. C’est ce qui ressort du communiqué de presse publié le 1er novembre 2018 à la fin d’une mission qu’une équipe du Fonds monétaire international (FMI) a effectuée au Burkina Faso du 18 au 30 octobre 2018.
La mission a porté sur les consultations de 2018 au titre de l’article IV. Elle a aussi porté sur la première revue de l’accord de Facilité élargie de crédit (FEC) et sur la première revue du programme économique et financier du Burkina Faso. A la fin de la mission, un communiqué de presse a été publié le 1er novembre 2018.
Pourtant, le taux de croissance du Burkina Faso a progressé de 6,3% en 2017, après une hausse de 5,9 % en 2016. Entre 2016 à 2017, ce sont les secteurs des mines et des services qui ont été les principaux moteurs de la croissance, parce que la production agricole s’est contractée en raison de la sécheresse et d’une épidémie de peste qui a affecté les récoltes. L’inflation de 2,1 % enregistrée en fin décembre 2017 est restée à ce niveau en 2018.

Mais pourquoi cette baisse de la croissance en 2018 ?
Il est vrai qu’en 2017 on a enregistré une progression de 1,3% de la contribution des recettes fiscales au Produit intérieur brut (PIB).
Toutefois, le déficit budgétaire global s’est fortement creusé pour 3 raisons dont la hausse de l’investissement public, l’augmentation plus rapide que prévu des traitements et salaires et l’augmentation des transferts.
La dette publique est restée inchangée à 37,7% du PIB, parce que l’impact des nouveaux emprunts a été compensé par l’appréciation de l’Euro vis-à-vis du Dollar en 2017 et par la croissance vigoureuse du PIB.
C’est au regard de ces chiffres que la mission du FMI a prévu que «la croissance du PIB se stabilisera à 6% en 2018».
Elle sera freinée par les problèmes de sécurité, l’impact négatif des «grèves dans le secteur public sur l’activité économique du secteur privé et l’assainissement des finances publiques», selon le communiqué. Tous ces facteurs de risques cumulés pourraient induire des résultats moins favorables en 2018.
Les menaces sécuritaires, par exemple, pourraient peser sur le secteur minier et le tourisme. Les tensions sociales pourraient continuer à affecter la mobilisation des recettes publiques et accentuer les pressions en faveur d’une augmentation des dépenses courantes.
Toute chose qui réduirait davantage les montants alloués aux dépenses prioritaires.
Outre son exposition permanente aux chocs sur la fluctuation des prix des principaux produits que sont l’or et coton, le Burkina Faso pourrait aussi souffrir des retombées d’un durcissement des conditions financières mondiales, d’une montée du protectionnisme et d’un fléchissement de la croissance mondiale. Autant de raisons qui font dire au FMI que l’année 2018 ne sera donc pas une année favorable pour le Burkina Faso.
La mission a constaté qu’au premier semestre de 2018, les résultats obtenus dans le cadre du programme appuyé par la FEC ont été globalement satisfaisants.
Cependant, les recettes fiscales ont été inférieures de 0,4% du PIB comparativement aux prévisions ; tandis que les dépenses d’équipements financées sur ressources intérieures ont atteint la moitié du montant prévu.
«Tous les critères quantitatifs de réalisation, sauf un, et tous les objectifs indicatifs pour fin juin ont été atteints, et 3 des 9 repères structurels pour la première revue de l’accord FEC ont été respectés; tandis que des progrès satisfaisants ont été accomplis pour les trois autres», note la mission.

Elie KABORE


FEC : tous les critères de réalisation sont atteints, sauf un

Les résultats obtenus dans le cadre du programme appuyé par la FEC ont été globalement satisfaisants au premier semestre de 2018. Cependant, les recettes fiscales ont été inférieures de 0,4% du PIB par rapport aux prévisions; tandis que les dépenses d’équipement financées sur ressources intérieures ont atteint la moitié du montant prévu.
Tous les critères quantitatifs de réalisation, sauf un, et tous les objectifs indicatifs pour fin juin ont été atteints, et trois des six repères structurels pour la première revue de l’accord FEC ont été respectés; tandis que des progrès satisfaisants ont été accomplis pour les trois autres. La mission a procédé, avec les autorités, à un examen approfondi de l’action à entreprendre pour permettre au conseil d’administration du FMI d’achever la première revue du programme appuyé par la FEC.
Au cours de leur séjour au Burkina, les experts du FMI ont rencontré le Premier Ministre Paul Kaba Thiéba; la ministre de l’Économie, des Finances et du Développement, Hadizatou Rosine Sori Coulibaly; la ministre déléguée chargée du Budget, Edith Clémence Yaka ; le ministre de l’Agriculture, Jacob Ouédraogo; le ministre de l’Administration publique, Séni Mahamoudou Ouédraogo; le ministre de la Sécurité, Clément Sawasogo, ainsi que d’autres hauts fonctionnaires.
Ils ont rencontré aussi le directeur national de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest, Charles Luanga Ki-Zerbo, ainsi que des représentants du secteur privé, de la société civile et des partenaires au développement.


Mais que propose la mission du FMI comme solution ?

Pour la mission: «Dans l’immédiat, il s’agit pour les autorités du Burkina Faso de chercher à atteindre leurs objectifs en matière de développement et de sécurité, tout en consolidant les finances publiques et en contribuant à la stabilité régionale». L’appui du FMI à travers la FEC vise une réduction du déficit budgétaire global à 3 % du PIB d’ici à 2019.
À court et à moyen termes, l’objectif consiste à créer un espace budgétaire pour les dépenses prioritaires dans les domaines de l’investissement, du secteur social et de la sécurité, en mobilisant des ressources supplémentaires, en maîtrisant les dépenses récurrentes, notamment la masse salariale, et en améliorant l’efficience des dépenses.

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Numéro d'édition: 273

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