Le secteur des BTP en est un des principaux bénéficiaires (infrastructures routières et hydrauliques) en termes de montant; PNDES oblige; devant les fournitures de biens et services (bureautique, restauration, etc.). (DR)

Vie des entreprises : Les carnets de commandes se vident

• Les délais de paiements s’allongent

• Réduction des charges tous azimuts

• Menaces sur les emplois

Ces derniers temps, on enregistre quelques plaintes de chefs d’entreprises, voire de quelques travailleurs, sur les difficultés de leurs sociétés. Ces plaintes sont récurrentes, sans que l’on puisse en mesurer l’ampleur ou la profondeur.
Toujours est-il que certains secteurs s’en sortent mieux que d’autres. Au niveau des médias, le marché publicitaire s’est considérablement rétréci.
Les gros annonceurs que sont les sociétés de télécoms, les banques, les ONG et l’Etat font du service minimum. Les budgets de communication sont réduits à leur plus simple expression à cause, dit-on, de la situation économique.
Et la restructuration du secteur de la communication voulue par les acteurs pour spécialiser les métiers va se retrouver dans l’impasse avec cette crise de la commande consécutive à la morosité actuelle du marché.
Outre les agences de communication, les victimes directes de cette situation sont les organes de presse dont c’est la principale source de revenus. On observe dans ce secteur des délais de paiements de plus en plus longs, pour le peu d’annonces qui atterrissent dans les régies des médias.
Toute chose qui augmente la tendance aux «reportages facturés» afin de compenser le manque à gagner. Seuls les anciens tiennent encore la tête hors de l’eau. Pour les jeunes entreprises de presse et de communication, l’heure est à la soupe à la grimace, avec son cortège d’allégements des charges de fonctionnement pour attendre une éventuelle embellie.
La difficulté est réelle pour certaines entreprises. Seule la commande publique permet aujourd’hui d’entretenir le circuit économique, avec des volumes de marchés assez importants.
Le secteur des BTP en est un des principaux bénéficiaires (infrastructures routières et hydrauliques) en termes de montant; PNDES oblige; devant les fournitures de biens et services (bureautique, restauration, etc.).
Avec un taux de croissance du PIB qui n’est pas le plus mauvais de la région et qui oscille entre 5 et 6 % ces trois dernières années, l’économie du Burkina est résiliente. Les équilibres macroéconomies sont bien tenus. Le niveau d’inflation est sous contrôle. Si on s’en tient aux chiffres, il n’y a pas lieu de paniquer.
D’où vient alors ce sentiment diffus dans l’opinion que rien ne va; que les affaires sont plombées? Que l’argent ne circule plus ?

FW


En attendant un coup de fouet pour relancer le business

Depuis les casses consécutives à l’insurrection jusqu’à la mise en place du nouveau pouvoir, le paysage a quelque peu changé. Mais il n’y a pas eu de chasse aux sorcières.
La plupart des grands opérateurs économiques sont en place et continuent de travailler. Difficile d’imaginer que les quelques rares qui ont fui le pays nous manquent au point de plomber toute l’activité économique.
Les casses de 2014 ont mis plus d’une centaine d’entreprises à genoux. Celles-ci attendent en vain une hypothétique aide publique pour colmater les brèches. De nouveaux acteurs sont apparus sur l’échiquier, rendant la concurrence un peu plus hardie. Faut-il comprendre que ce sont les perdants de ce nouveau système qui crient que rien ne va dans le commerce et les affaires?
Si tel est le cas, il faut croire que leur voix porte, au point où l’écho du malaise qu’ils dénoncent résonne un peu partout dans le pays. Et la situation sécuritaire n’est pas faite pour arranger les choses avec cette psychose des attaques. Vu de l’extérieur, certains investisseurs privés sont hésitants. A l’intérieur, les ménages sont prudents dans leur consommation en attendant un coup de fouet psychologique qui va relancer définitivement le business. C’est l’attentisme.

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Numéro d'édition: 271