Société de gestion et d’intermédiation (SGI) : L’Association professionnelle a 20 ans

• 28 SGI en 2018 dans l’UEMOA

• Dont 2 au Burkina Faso

• Sensibiliser à la culture boursière

Depuis quelques années, le Burkina Faso fait recours aux emprunts obligataires par appel public à l’épargne pour financer son développement. Du reste, le dernier emprunt en date est celui émis le 18 octobre 2018 pour un montant total de 75 milliards de FCFA. Mais, pour réussir cette énième action, l’Etat doit faire recours aux Sociétés de gestion et d’intermédiation (SGI) de l’UEMOA en termes de conseils, de définition des termes du contrat de papier (pourquoi 6%, pourquoi 6,5%, pourquoi 7 ans ou pourquoi 2 ans de différé), définir le montant de l’opération.
Cette première phase terminée, les SGI négocient un agrément auprès du «gendarme» de la bourse qu’est le Conseil régional de l’épargne publique et des marchés financiers (CREPMF) et constitue un syndicat de placement pour vendre ce papier dans l’espace UEMOA.
Pour la deuxième phase, les SGI vont demander un agrément auprès de la bourse régionale.
Une fois cet agrément obtenu, les SGI vont négocier les achats et les titres à la bourse jusqu’à la fin de la vie de l’emprunt à la cote de la Bourse régionale des valeurs mobilières (BRVM). C’est au regard de cette place stratégique qu’elles occupent dans le circuit financier que celles-ci ont décidé de se regrouper afin d’être plus efficaces sur le terrain de la finance et de la bourse.
Pour cela, les SGI ont porté sur les fonts baptismaux, le 3 décembre 1998 à Abidjan en Côte d’Ivoire, l’Association professionnelle sociétés de gestion et d’intermédiation de l’UEMOA (APSGI).
En vingt ans d’existence, la famille s’est agrandie, passant de 13 SGI au départ à 28 SGI en 2018. Pour marquer d’une pierre blanche ce vingtième anniversaire, l’APSGI a initié plusieurs activités, notamment des conférences publiques. Les objectifs visés sont entre autres: faire la promotion du marché financier régional en général; faire connaître le rôle de l’APSGI dans la sphère économique et financière, ainsi qu’auprès des populations et singulièrement les activités de ses membres dans le financement des économies de l’Union; accroître la visibilité de l’APSGI auprès des institutions de l’Union et favoriser plus de cohésion non seulement entre les SGI, mais aussi entre tous les acteurs du marché financier régional (MFR), et enfin favoriser le développement du marché par l’accroissement du niveau des transactions et des appels publics à l’épargne.

Conférence sur la culture boursière
Le lancement des activités a débuté le 18 juillet 2018 à Dakar au Sénégal et s’est poursuivi à Ouagadougou (Burkina Faso) avec la tenue d’une conférence grand-public sur le thème de la diffusion de la culture boursière pour accompagner le développement des économies de l’UEMOA.
Ce débat-panel a eu lieu le jeudi 25 octobre 2018 en présence d’un public constitué d’acteurs du monde de la finance, de la bourse et des étudiants. Le premier à prendre la parole a été le président de l’APSGI, Isidore Tanoé, qui a confié que l’APSGI est le principal acteur du marché financier régional qui assiste et conseil les particuliers dans leurs choix d’investissements et de placements, assiste l’Etat, les collectivités et les entreprises publiques comme privées à trouver des financements pour leurs projets; et cela, à travers différents supports: les actions et les obligations.
Isidore Tanoé a souligné que pour ces 20 ans, l’APSGI a privilégié deux actions phares que sont : comment élargir la base des investisseurs et comment accroître le nombre de sociétés inscrites à la cote de la BRVM.

Le marché financier régresse malgré les bons chiffres
Le parrain de la cérémonie, le président de la Commission de l’UEMOA, Abdallah Boureima, a insisté sur une large culture boursière dans l’espace communautaire. Il a confié qu’en 20 ans d’existence, ce sont 7.500 milliards de FCFA qui ont été mobilisés par le marché financier pour le financement des économies des Etats membres de l’UEMOA.
Toutefois, il se désole que le ratio capitalisation boursière/PIB qui était de 10,7% en fin 2017 reste encore faible comparé à d’autres places financières.
Pour remédier à cette situation, Isidore Tanoé dit compter sur la promotion de la culture boursière dont le premier pas a débuté avec la grande conférence publique. Trois communications ont meublé cette journée.
Il y avait «Présentation de la BRVM et du DC/BR, ainsi que leurs rôles dans la création de richesses»; «La diffusion de la culture boursière pour accompagner le développement des économies de l’UEMOA» et «La bourse, comment en profiter? Les acteurs vous répondent».
Elles ont été présentées respectivement par le directeur de l’antenne nationale de la BRVM, Léopold Ouédraogo, le directeur de la surveillance multilatérale au département des politiques économiques et de la fiscalité intérieur de la Commission UEMOA, Félicien Arigbo, Alexis Lourgo, directeur général de la SGI SBIF, et Yacouba Saré, directeur Coris Bourse.

Rachel DABIRE

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Numéro d'édition: 271