Afin de soutenir le cinéma burkinabè et de le rendre plus compétitif lors du FESPACO 2019, le président du Faso, Roch Kaboré, a octroyé une subvention d’un milliard de F CFA à l’association des cinéastes burkinabè. Les projets retenus sont: 2 longs métrages de fiction, 2 séries télévisées, 1 documentaire, 2 courts métrages de fiction et 2 films en post-production. (DR)

FESPACO 2019 : Les cinéastes burkinabè seront-ils prêts à temps ?

• Retards dans le décaissement du milliard du président

• Tensions entre producteurs et ministère de la Culture

• La date butoir des dépôts de pré-montages arrive à grands pas

Un milliard de FCFA pour 9 projets de films. Afin de soutenir le cinéma burkinabè et de le rendre plus compétitif lors du FESPACO 2019, le président du Faso, Roch Kaboré, a octroyé une subvention d’un milliard de F CFA à l’association des cinéastes burkinabè. Les projets retenus sont: 2 longs métrages de fiction, 2 séries télévisées, 1 documentaire, 2 courts métrages de fiction et 2 films en post-production.
Une fois le premier décaissement fait, les heureux gagnants se sont mis à l’œuvre. Il fallait aller vite, car ces films devraient être déposés au soir du 30 octobre 2018 pour la phase de sélection de la 26e édition du FESPACO.
Une course contre la montre qui n’est pas sans embûche. Ainsi, si la cérémonie qui a marqué la validation des projets à subventionner a eu lieu en mai 2018, le premier décaissement, lui, n’a eu lieu qu’au mois de septembre.

Tournage sur fonds propres
«Dès que nous avons été sélectionnés, nous n’avons pas perdu de temps. Il fallait accélérer, parce que nous entrons dans la saison des pluies. Pour ce faire, nous avons pris sur nous de financer le début du tournage sur nos fonds propres en attendant le décaissement de la première tranche», a expliqué le coréalisateur du long métrage Dounga, Hervé Lingani. Pour les autres lauréats, sitôt l’argent disponible, les tournages ont débuté, marquant ainsi le début de la saison du cinéma dans tout le pays, entre séries télévisées, longs métrages et documentaires.
Pour confirmer que le travail avance, l’association des cinéastes burkinabè a effectué une visite sur les lieux de tournages. Gaston Kaboré et ses collaborateurs ont donc fait le tour des cinéastes burkinabè. A la suite de leurs visites, on attendait le second versement des fonds de production. Mais, de ce côté, silence radio! «Les fonds ne sont pas encore disponibles, il faut patienter», c’est ce qu’on nous a affirmé quand nous avons posé la question, a expliqué en début octobre à L’Economiste du Faso le 1er assistant à la réalisation d’une des séries télévisées retenues.

Des justificatifs difficiles à réunir
L’on se souvient que l’association a décidé de verser les fonds en 3 tranches. Un premier versement couvre 40% des fonds. «Nous avons utilisé ce premier versement pour acquérir le matériel et motiver le personnel pour le tournage. Après la visite des membres de l’association des cinéastes, nous nous attendions à ce que le deuxième versement soit effectué dans des délais courts», poursuit-il.
Du côté de Banfora où il tourne actuellement, Hervé Lingani se plaint. Actuellement, il affirme être en phase de post-production et en attente du second décaissement promis. «A ce niveau, on nous a informé la semaine dernière (NDLR: 8 octobre 2018) que les décaissements sont en cours; mais jusqu’à présent, nous n’avons rien reçu». Contacter quelques jours plus tard, celui-ci s’affirmera soulagé que l’ordre de virement pour le second décaissement ait été émis le 11 octobre.
Qu’est ce qui ralentit le décaissement des fonds? A cette question, c’est un régisseur d’un plateau de tournage, Moussa Rouamba, qui explique: «Nous avons déposé le rapport intermédiaire en début septembre et c’est en mi-octobre que l’ordre de virement a été réalisé». Le temps qu’il a fallu aux réalisateurs pour déposer toutes les pièces justificatives afin que la Direction du cinéma les épluche. «Le milieu du cinéma est assez complexe pour ceux qui tournent dans des zones reculées, et ils ne font pas toujours recours à des sociétés détentrices de numéro IFU pour leurs commandes. Il a donc fallu reprendre les pièces justificatives; ce qui a beaucoup compliqué la tâche», a informé M. Rouamba. Ce dernier demande une rencontre avec la direction du cinéma afin de discuter des types de pièces justificatives et des pratiques courantes dans le milieu du cinéma.
Mais n’empêche, les réalisateurs contactés par L’Economiste du Faso ont promis d’être au rendez-vous du FESPACO.

NK


Missa Hebié au Fespaco 2019

Le réalisateur de la série-télévisée «L’ami fidèle» est mort le 26 septembre 2018 sur son lieu de tournage; alors qu’il bouclait sa série de 56 épisodes qu’il comptait présenter au Fespaco 2019. L’ancien adjoint au secrétaire permanent du Fespaco et Directeur adjoint des programmes de la Télévision nationale du Burkina n’a pas pu terminer son œuvre qu’il entendait proposer au jury du Festival du cinéma africain.
Afin d’honorer sa mémoire et d’achever l’œuvre pour laquelle il a donné sa vie, son premier assistant qui n’est autre que son fils promet de présenter l’œuvre de son défunt père.
Il est vrai que suite au décès du réalisateur de Faso films, «nous avons pris du retard dans le dépôt des pièces justificatives, retardant ainsi le second décaissement attendu, mais nous avons réalisé et monté un certain nombre d’épisodes de la série, et nous serons prêts pour la date du 30 octobre», a confié le successeur de son père, Ibrahim Hebié.

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Numéro d'édition: 270

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