Dans un rapport de 400 pages dont le «résumé à l’intention des décideurs politiques» a été publié lundi, les scientifiques du GIEC interpellent sur la hausse des températures par rapport à l’ère préindustrielle. Pour les scientifiques, une telle hausse aurait des conséquences délétères sur l’environnement. (DR)

Phénomènes extrêmes : Le climat s’emballe

• Réchauffement de l’atmosphère

• Hausse du niveau de la mer et fonte des glaces

• Le GIEC dresse le bilan actuel

Le Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat (GIEC) a publié, le 8 octobre dernier, un rapport spécial sur les changements climatiques. Un rapport qui a été validé par les gouvernements avant publication. On y apprend que «le réchauffement du climat ne fait aucun doute et est désormais attesté par l’augmentation observée des températures moyennes de l’air, de l’océan, la fonte généralisée de la neige et de la glace, et l’augmentation du niveau moyen de la mer». Un changement de climat qui entraine des risques accrus.

La planète chauffe
L’une des premières conséquences du changement climatique est la hausse des températures. Dans le rapport du GIEC, les climatologues soulignent que les 30 dernières années ont vu les températures les plus élevées de l’hémisphère nord. Depuis le début du XXe siècle (1906-2005), la température moyenne à la surface du globe a augmenté de 0,74°C, mais cette progression n’a pas été continue, puisque, depuis 1976, la hausse s’est nettement accélérée, atteignant 0,19°C par décennie en accord avec les prédictions des modèles. La période 1997-2006 est marquée par une anomalie positive moyenne de 0,53°C dans l’hémisphère nord et de 0,27°C dans l’hémisphère sud ; toujours par rapport à la normale calculée pour 1961-1990 (OMM, 12/2006). Ceci, alors même qu’il a été enregistré une baisse de l’activité solaire. Les dix années les plus chaudes jamais enregistrées sont toutes postérieures à 1997. Pire, 14 des 15 années les plus chaudes se situent au XXIe siècle, à peine entamé. Ainsi, l’année 2016 est la plus chaude, suivie de près par les années 2015, 2014 et 2010.

Hausse du niveau des océans
Le niveau moyen des océans s’est élevé de 22 cm depuis 1880 et de 2 cm depuis l’an 2000, à cause de la fonte des glaciers, mais aussi avec la dilatation thermique de l’eau – on parle de contribution stérique -, qui, plus chaude, augmente son volume. Au XXe siècle, le niveau des mers a augmenté d’environ 2 mm par an. De 1990 à 2017, il a atteint le rythme relativement constant d’un peu plus de 3 mm par an. Depuis 2003, on constate toujours une hausse assez rapide (environ 3,2 mm/an) du niveau marin. Dans tous les cas, le rythme est le plus rapide depuis près de 3.000 ans.

Fonte des glaciers et des glaces
Il existe environ 198.000 glaciers de montagne dans le monde qui couvrent une superficie d’environ 72.000 km2. S’ils venaient tous à fondre, le niveau des océans augmenterait d’environ 40 cm. Depuis la fin des années 1960, la couverture neigeuse mondiale a décru d’environ 10 à 15%. Les vagues de froid hivernal dans une grande moitié septentrionale de l’hémisphère nord durent deux semaines de moins qu’il y a 100 ans. Les glaciers de montagne régressent un peu partout dans le monde : en moyenne de 50 m par décennie depuis 150 ans. Toutefois, ils sont également sujets à de fortes variations pluri-temporelles qui rendent les prévisions sur ce point difficiles, selon certains spécialistes. En France, la Mer de glace a reculé de 2,3 km depuis 200 ans et le glacier d’Ossoue, dans les Pyrénées, de 59 % en seulement 1 siècle. Dans les Alpes, les glaciers perdent 1 mètre par an depuis 30 ans. Les glaciers polaires, comme ceux du Spitzberg (à une centaine de km du pôle nord), reculent depuis 1880, libérant de grandes quantités d’eau (Laboratoire de géodynamique des milieux naturels et anthropisés, Clermont-Ferrand, 01/2004). Au final, les glaciers perdent actuellement 300 gt (milliards de tonnes) de glace par an.

La fonte de la glace de mer
L’Arctique perd environ 10% de sa couche de glace permanente tous les dix ans, depuis 1980 (NASA, 2003). Dans cette région, les températures moyennes ont augmenté à une vitesse deux fois plus rapide qu’ailleurs dans le monde durant les dernières décennies. La fonte de la Banquise arctique se traduit par une perte de 15% de sa superficie et de 40% de son épaisseur depuis 1979.
De plus, la Banquise atteint des records en termes de perte de superficie : en août 2007, la Banquise ne représentait plus que 5,26 millions de km², pour 7,5 millions de km² en 1978 (National Snow and Ice Data Center, 08/2007). Tous les modèles prédisent la disparition de la Banquise arctique en été, d’ici quelques décennies ; ce qui ne sera pas sans conséquence sur le climat en Europe. La fonte d’été de la glace de la mer arctique s’est accélérée bien au-delà des prévisions des modèles climatiques. Dans la plus grande partie de l’Alaska, le Pergélisol a gagné 1,6°C depuis le début des années 1980 et jusqu’à 3,3°C dans certaines zones. Conséquences : des trous appelés Thermokarst apparaissent subitement.

Phénomènes extrêmes et des anomalies climatiques
A l’échelle de l’humanité, une moyenne de 200 millions de personnes sont touchées chaque année par les catastrophes naturelles et environ 70.000 en périssent. Soulignons cependant que ces observations sont dépendantes des systèmes de relevés météorologiques qui n’existent que dans un nombre assez limité de pays, avec des statistiques qui remontent rarement au-delà d’un siècle ou d’un siècle et demi. De surcroît, les scientifiques peinent à représenter les variations climatiques des deux derniers milliers d’années qui pourraient servir de référence dans les projections.

NK

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Numéro d'édition: 269

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