Chiara Sponga, responsable du centre de langues de l’Institut français. (DR)

International School of Ouagadougou

• 42 diplômes d’études en langue française

• Déjà deux promotions

L’un s’appelle Malan Maman Drabo Austrille et l’autre Anne-Esther Rodel Ndoutabe.
Agés respectivement de 11 et 9 ans, ces deux élèves, qui viennent de recevoir leurs diplômes d’études en langue française (DELF), sont si jeunes ; mais déjà tellement sûrs de ce qu’ils veulent faire plus tard. « Je veux faire la médecine pour aider les gens qui sont en souffrance et ceux qui sont sans domicile. Cette attestation va me donner beaucoup de possibilités », dira la fillette. « Le DELF niveau A2 va me permettre de faire des études françaises ou d’accéder aux emplois qui nécessitent la connaissance de cette langue », ne tardera pas à ajouter son camarade qui, lui, veut être pilote.

Une promotion de 42 élèves

Selon Jean-Luc Aupoix, directeur de l’ISO, une des caractéristiques de cette école est le melting-pot. (DR)

Selon les explications de Jean-Luc Aupoix, directeur de l’école de l’ISO (International School of Ouagadougou) où fréquentent ces deux enfants, une grande majorité des élèves, après la classe de terminale, accèdent à l’université en Amérique du Nord ; un certain nombre opte d’aller dans d’autres pays du monde. Raison pour laquelle l’école enseigne les langues étrangères dont le français. A l’en croire, cela va du niveau débutant, c’est-à-dire des gens qui ne parlent pas un seul mot, quel que soit leur âge, aux personnes dont la maîtrise du français est proche de la maternelle. « Le fait d’inscrire le DELF dans notre cursus est aussi un moyen de reconnaître la maîtrise de la langue française, de valoriser la culture francophone et de permettre aux gens d’accéder aux richesses culturelles très développées au Burkina », a-t-il signifié, précisant que c’est un diplôme externe reconnu de manière internationale. Cette deuxième promotion compte 42 élèves. « Le projet-pilote a commencé l’année dernière avec huit enfants. Cette année, on rend le passage de l’examen obligatoire pour tous nos élèves en âge de le passer » dixit le premier responsable de l’institution. De ce que nous avons pu comprendre, il serait éventuellement possible de reconsidérer soit le niveau soit l’année de passage, si certains ne se sentent pas prêts ; surtout pour ceux qui arrivent en milieu d’année (janvier) alors que l’examen est prévu pour le mois de mai.

Une approche qui privilégie la communication et l’interaction

Chiara Sponga, responsable du centre de langues de l’Institut français. (DR)

Tout en félicitant la quarantaine d’apprenants qui a reçu ses attestations, Chiara Sponga, responsable du centre de langues de l’Institut français, a donné des précisions sur les techniques d’enseignement. Il s’agit d’une approche par compétence qui comprend la compréhension orale, l’écrit, la production orale et la production écrite. L’accent n’est pas mis sur la grammaire comme on le fait d’habitude, mais sur la communication et l’interaction. Toute la leçon est centrée sur une tâche à accomplir ; le but étant que l’élève de huit ans, par exemple, puisse se présenter et parler de sa famille en français, peu importe s’il ne maîtrise pas la conjugaison du verbe être. « Il faut qu’il puisse utiliser la langue et s’en servir quand il part payer son pain à la boutique », a-t-elle fait savoir avant de préciser  que : « Ça ne veut pas dire qu’on ne fait pas de grammaire ou de phonétique. Après cette première étape, l’encadreur va introduire toutes les compétences ». D’après les informations qui nous ont été communiquées, l’Institut français a un partenariat avec l’International School of Ouagadougou, établissement considéré comme un lieu officiel de passage des examens DEFL prime et junior.


Autrement dit, l’établissement héberge la version prime et junior organisée par le centre culturel. Pour ce faire, trois enseignants ont été habilités à être correcteurs et examinateurs officiels de ces épreuves et, ce, après avoir suivi un stage leur permettant de maîtriser les approches pédagogiques nécessaires à la préparation des candidats. En plus du DELF, il y a le DALF qui est le diplôme approfondi de langue française. Les deux couvrent six niveaux qui vont du B1 au B2 pour le DELF et du CE1 au CE2 pour le DALF. Selon notre interlocutrice, Chiara Sponga, les deux diplômes ont été établis dans le cadre de la référence européenne pour les langues, du plus élémentaire au plus élevé. Le DELF prime concerne les enfants de 7 et 8 ans et le DELF junior est prévu pour le secondaire.

Z.S.

 

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Numéro d'édition: 269

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