Parmi les participants, il y avait des diplomates, des experts en environnement et des députés. (DR)

Croissance verte au Burkina Faso : Les PMA doivent s’unir

• Renforcement des capacités du pays

• Des financements qui attendent preneurs

Le changement climatique est une réalité, et nul ne peut maintenant l’ignorer. Les pays les plus affectés sont malheureusement sahéliens. Et comme tel, le Burkina Faso souffre de ses conséquences. Pour Mallé Fofana du Global Green Growth Week (GGGWeek)/Afrique de l’Ouest, «cette situation doit appeler de notre part un changement de comportements, dans nos façons de faire et d’agir, des actions concertées et une approche écosystémique» pour répondre aux multiples défis en termes de gestion des pollutions, de gestion des déchets, de gestion des inondations, de gestion des espaces verts…

Diplomatie climatique
Face à ces maux, comment les pays les moins avancés (PMA) peuvent susciter une adhésion des pays développés à ces problématiques afin de sauver la planète ? La réponse à cette problématique passe par la diplomatie climatique. C’est, du moins, ce que pense l’Institut mondial pour la croissance verte (GGGI). «Diplomatie climatique : quelle avancée pour les PMA ?»  Cette thématique a été développée par Dr Anna Schulz, spécialiste en diplomatie climatique au GGGI, le 2 octobre 2018, à Ouagadougou. Parmi les participants, il y avait des diplomates, des experts en environnement et des députés. Elle souligne que si les PMA veulent que leurs voix portent, ces derniers doivent s’unir. «Dans l’unité, on est plus fort, et cette solidarité se révèle toujours payante aux rencontres internationales», dit-elle. Au nombre des résultats engrangés de ces rencontres internationales du fait de la solidarité entre les PMA, le secrétaire général du ministère des Affaires étrangères, Seydou Sinka, a énuméré  l’adoption du protocole de Kyoto ; premier accord international contraignant sur des engagements chiffrés de réduction des émissions de gaz à effet de serre en 1997 ; la tenue en 2009 de la 15e conférence des parties sur les changements climatiques à Copenhague qui pose les bases de la fixation d’un seuil de réchauffement par rapport à l’ère pré- industrielle et de la mobilisation de ressources financières pour aider les pays en développement à faire face aux effets du réchauffement ; la signature en 2010 de l’accord issu de la COP-16 de Cancun, au Mexique, mettant en place une série de mécanismes financiers non-contraignants pour lutter contre le changement climatique et faciliter l’adaptation à ses effets. Cet accord concrétise la création d’un Fonds vert pour le climat (FVC) et la signature en 2015 de l’accord de Paris qui est le premier accord universel sur les changements climatiques. Il fait suite aux négociations qui se sont tenues lors de la conférence de Paris sur le climat dans le cadre de la convention-cadre des Nations-Unies sur les changements climatiques (CCNUCC). Seydou Sinka, qui a soutenu une thèse en droit environnemental, note que l’institutionnalisation de la diplomatie climatique devient une exigence pour les Etats. Anna Schulz a laissé entendre que cette solidarité des PMA doit encore prévaloir lors de la COP-24 qui se tiendra à Katowice, en Pologne. A cette rencontre, elle note qu’il sera question de la mise en œuvre et des modalités de l’accord de Paris. Pour sa part, Mallé Fofana affirme que la politique étrangère joue un important rôle dans le changement climatique.

«Croissance verte et les projets bancables»
Pour «sauver la planète des affres du changement climatique», les pays développés dégagent des financements pour soutenir des projets environnementaux en faveur des PMA. Mais, pour y souscrire, il faut des projets bancables. Pour appuyer le Burkina Faso a tiré un grand profit de ces financements, Mallé Fofana a entretenu les participants sur la thématique suivante : «Croissance verte et projets bancables». D’après le conférencier, les financements jouent un rôle important et sont nécessaires pour mettre en œuvre la transition vers la croissance verte. Il ajoute que compte tenu de la myriade de sources de financements existantes, il est de plus en plus important pour les pays d’être en mesure d’accéder directement aux ressources émanant de sources différentes, puis de les mélanger et d’associer ces ressources au niveau national en vue d’accéder à une gamme plus large d’instruments financiers. Pour Mallé Fofana, cela exige de la formulation de projets, de programmes et d’approches sectorielles qui attirent et catalysent un financement public et privé plus important. «L’accession au financement exige une gamme d’outils institutionnels, de mécanismes et de modalités différentes ; des capacités spécifiques sont nécessaires au niveau national pour mettre en place et faire fonctionner de telles modalités». Le ministre de l’Economie, des Finances et du Développement, Rosine H. Coulibaly, souligne que la recherche d’une gestion macroéconomique plus efficace, fondée sur des politiques favorisant une croissance verte, reste un objectif prioritaire pour le Burkina Faso. Dans ce sens, elle cite les initiatives prises par le gouvernement burkinabè pour «capter» ces financements. Le Plan national de développement économique et social (PNDES) est une de ces trouvailles, dit-elle. En attendant, le ministre a fait savoir que le Burkina Faso a formulé et soumis au Fonds vert pour le climat une note conceptuelle de projets d’une valeur de 10 millions de Dollars pour accompagner l’initiative «Création de 2.000 écovillages au Burkina Faso» en début d’année 2018. Il y a aussi la formulation en cours d’une note conceptuelle pour le développement de 5 pôles de croissance sur l’entrepreneuriat privé dans le domaine des énergies renouvelables en vue de sa soumission au Fonds vert pour le climat et la lutte contre les changements climatiques, à travers l’accréditation du Fonds d’intervention pour l’environnement (FIE). Il faut noter que ces deux thématiques ont été développées à la faveur de la première édition du «GGGWeek-Burkina Faso 2018» placée sous le thème «Libérer le potentiel de croissance verte du Burkina Faso». Cette rencontre a eu lieu du 2 au 4 octobre 2018.

Rachel DABIRE


Les objectifs de la thématique 1

– Présenter les connaissances et les compétences requises pour relever les défis
– Renforcer les capacités pour une participation et un engagement efficaces dans la prise de décision internationale
– Partager les meilleures pratiques et connaissances spécialisées sur des exercices de sessions diplomatiques interactives spécifiques tels que des simulations de négociations ou des études de cas
– Encourager la mise en réseau des entités pour améliorer la qualité des négociations
– Renforcer les capacités des principales parties prenantes et des diplomates sur les processus et les exigences de la diplomatie climatique.

Les objectifs de la thématique 2
– Comprendre les exigences des différentes sources et mécanismes de financement climatique
– Comprendre le cycle d’un projet
– Comprendre la différence entre un projet normal et un projet climatique
– Comprendre comment élaborer des propositions de projets bancables
– Commencer à identifier et à comprendre les obstacles et les défis à la préparation de propositions de projets bancables.

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Numéro d'édition: 268

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