Plusieurs autorités ont marqué leur présence à la cérémonie d’ouverture. (DR)

Salon international du coton à Koudougou : place à la transformation

• Une vaste mobilisation autour de l’or blanc

• 27 pays présents à Koudougou

• L’engagement du président Kaboré à soutenir la filière

En prenant le bus à la première heure, le jeudi 27 septembre 2018, pour la Cité du cavalier rouge (Koudougou), on ne s’attendait vraiment pas à constater une ci-forte mobilisation à la cérémonie d’ouverture officielle du premier Salon international du coton et du textile (SICOT); cérémonie présidée par le chef de l’Etat, Roch Marc Christian Kaboré, himself.
Vous comprendrez donc aisément que l’accès au Splendid Hôtel de Koudougou n’a pas été de tout repos pour les mille participants venus de 27 pays (Allemagne, Australie, Bénin, Cameroun, Chine, Côte d’Ivoire, Egypte, États-Unis, France, Grande Bretagne, Guinée Conakry, Inde, Irlande, Italie, Japon, Madagascar, Mali, Maroc, Nigeria, Ouganda, Pakistan, Pays-Bas, République du Congo, Sénégal, Singapour, Suisse et Tchad). En effet, il a fallu monter patte blanche et passer par une fouille minutieuse à plusieurs niveaux. Et, une fois le président installé, plus personne ne pouvait encore entrer dans la salle où le «spectacle» était retransmis en direct sur les antennes de la radio et de la télévision du Burkina.
Comme il est de coutume, les personnalités ont pris la parole les unes après les autres. Et si l’on en croit le Comité d’organisation, cette première édition organisée par le ministère du Commerce, de l’Industrie et de l’Artisanat, à travers l’Agence burkinabè des investissements (ABI), est le plus grand évènement dédié à la filière coton conventionnel et biologique sur le continent.
Réunissant des personnalités du monde des affaires, de l’industrie, des finances, des représentants des pays producteurs de coton, cette édition vise à mettre l’accent sur la valorisation des outils modernes de production, de transport, de transformation (filature, teinture, tissage, bonneterie), de financement et de commercialisation des produits.
Pendant trois jours, les participants ont eu  droit à une conférence inaugurale en plénière de dix panels, a fait savoir le président du Comité national d’organisation, Les échanges vont se dérouler autour du thème central «La transformation intégrée du coton, facteur de création d’emplois et de richesses».

Les stands, une autre occasion de faire des rencontres et de créer des opportunités d’affaires.. (DR)

«Mon engagement en faveur d’une usine textile florissante à Koudougou sera bel et bien respecté»
Prenant la parole à cette occasion, le locataire du palais de Kosyam, Roch Marc Christian Kaboré, a indiqué que le SICOT, qui se veut un rendez-vous annuel africain de toute la chaîne du coton et du textile, s’institutionnalise à un moment où il note avec satisfaction que la production de l’or blanc sur le continent, notamment en Afrique de l’Ouest, enregistre depuis quelques années une croissance continue. «Il joue un rôle majeur dans l’économie de nos pays…
Le défi majeur que nous devons relever réside dans sa transformation sur-place», a-t-il déclaré avant d’ajouter: «Je suis d’autant plus heureux que le Salon se tienne à Koudougou, jadis fleuron de l’industrie textile burkinabè, voire régionale. À cet effet, je tiens à rassurer les fils et filles de la région que mon engagement en faveur d’une usine textile florissante et créatrice d’emplois sera bel et bien respecté». Cependant, le chef de l’Etat estime que la vulgarisation de ce type d’industries nécessite la mise en place d’un environnement propice pour surmonter les difficultés liées à la gouvernance et à la compétitivité qui ont entraîné la fermeture d’autres unités de par le passé. De plus, la transformation soulève plusieurs questions en amont telles que le développement des industries connexes pour les produits dérivés, l’accès aux financements, aux marchés, l’insuffisance d’une main-d’œuvre qualifiée et adaptée et enfin le coût et la qualité des facteurs de production comme l’énergie.
Espérant que ces problèmes trouveront certainement des réponses à la fin du Salon, le président Kaboré s’est montré rassurant vis-à-vis des invités: «Le Burkina est une terre d’accueil et de prédilection pour les affaires. Vous aurez l’occasion d’avoir une connaissance approfondie du marché et des énormes potentialités et avantages qu’il présente».
D’autres activités étaient au programme: des occasions de rencontres, des visites d’exposition au sein du Splendid Hôtel et à la Place de la Nation, un défilé de mode thématique avec le célèbre styliste François 1er, ambassadeur du coton biologique dans le prêt-à-porter. En marge de tout cela, la Cité du cavalier rouge a brillé de mille feux grâce aux manifestations culturelles et musicales qui ont eu lieu à chaque fin de journée.

Z.S.


L’Allemagne, pays d’honneur

La filière cotonnière est la principale source de revenus de plusieurs dizaines de millions de personnes en Afrique, dont 15 millions dans le seul espace UEMOA. Elle occupe près de 70% de la population active dans la sous-région. C’est certainement pour cette raison que les organisateurs ont choisi le président de la Commission de l’UEMOA, Boureima Abdallah, comme parrain.
Récolté à la main, ce produit qui vient du continent noir est réputé pour sa pureté et la qualité de sa fibre. Face à la demande croissante du coton biologique et équitable dans l’industrie textile, le secteur s’est orienté vers ce marché fortement dominé par cinq pays (Inde, Chine, Turquie, Kirghizistan et États-Unis) qui produisent plus de 90% du coton biologique. Au Burkina Faso, la culture de l’or blanc est pluviale.
Pratiquée par plus de 350.000 exploitants agricoles de type familial, elle fait vivre plus de 4 millions de personnes. Plusieurs pays interviennent dans ce domaine. Il s’agit, notamment de l’Allemagne, un leader dans la fabrication de machines textiles. Jouant un rôle majeur dans l’innovation, cette République fédérale renforce son soutien au secteur cotonnier burkinabè en mobilisant des investisseurs privés. Choisie comme pays d’honneur pour le premier SICOT, elle a promis de participer aux différents panels et aussi d’organiser, à travers la GIZ, une table ronde sur le coton organique.

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Numéro d'édition: 267

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