Docteur Ilboudo Ousmane, secrétaire permanent de la commission nationale des mines. (DR)

Samao 2018: comment améliorer la contribution des mines pour les populations

Du 27 au 29 septembre se tient à Ouagadougou la 3e édition de la Semaine des activités minières d’Afrique de l’Ouest (SAMAO). Le thème retenu pour cette année 2018 est «L’exploitation des ressources minérales en Afrique: quelles stratégies pour en faire un moteur de croissance et de développement durable?» Quel est le diagnostic qui a abouti à ce choix de thème? Quels sont impacts visibles de la SAMAO sur les acteurs et le paysage minier ? Le Docteur Ousmane Ilboudo, enseignant-chercheur, secrétaire permanent de la commission nationale des mines, répond aux questions de L’Economiste du Faso.

L’Economiste du Faso : L´exploitation des ressources minérales en Afrique : quelles stratégies pour en faire un moteur de croissance et de développement durable ?- C’est le thème de la SAMAO 2018. Quel est le diagnostic qui a abouti au choix de ce thème?
Docteur Ilboudo Ousmane, secrétaire permanent de la commission nationale des mines : La définition du thème vient du constat que, bien que l´exploitation minière au Burkina Faso soit en pleine croissance avec l´augmentation du nombre de mines en production et du nombre de tonnages en or par année, la population estime toujours que les fruits de cette exploitation n´ont pas assez d´impacts sur leur quotidien. Nous avons voulu partager ces préoccupations avec les différents acteurs nationaux et internationaux du domaine, afin de réfléchir ensemble pour trouver des réponses et aussi de bénéficier de l´expérience de nos devanciers en la matière.

Les paiements effectués par les mines représentent une importante recette pour l’Etat. Le problème est est-il lié à l’efficacité du recouvrement ou à la redistribution de cette recette par les Etats ?
Vous avez déjà éliminé une première hypothèse de votre question en disant que les paiements effectués par les mines sont des sommes importantes qui vont dans le budget de l´Etat.
Nous sommes donc tous d´accord que le budget de l´Etat reçoit des sommes colossales provenant de la rente minière et, pour être plus précis, il s´agit de plus de 226 milliards de FCFA en 2018, provenant des taxes et impôts du secteur minier.
La question de la redistribution de cet argent nous permet de revenir à la seconde hypothèse de votre question. En effet, cette somme est fondue dans le budget général annuel de l´Etat; ce qui fait que le citoyen lambda ne récent pas son impact.
Cependant, il n´y a pas que les taxes et impôts qui soient les contributions du secteur minier à l´économie du pays; car au-delà de cela, il faut ajouter la création d´emplois, la consommation des biens et services locaux, la réalisation d’activités dans le cadre de la responsabilité sociale des entreprises en faveur des communautés locales et bien d´autres.
Cela dit, toutes ces contributions restent insuffisantes au regard des attentes; et c´est en cela que nous devons réfléchir davantage à comment améliorer cette contribution. D´où la pertinence du de la SAMAO 2018.

Quels sont les Etats dont les expériences pourraient inspirer le Burkina ?
En la matière, nous avons des pays à tradition minière; surtout dans le domaine de l´exploitation de l´or; comme le Ghana, l´Afrique du Sud,… qui pourraient bien nous inspirer. C´est pour cela que nous les avons invités à partager leurs expériences avec nous.

C’est la troisième édition de la nouvelle formule. Quelles sont les principales innovations?
L´innovation majeure, c´est l´organisation conjointe avec les acteurs privés du secteur (Chambre des mines du Burkina et Association des carriers du Burkina Faso) de l´édition 2018, afin de mieux prendre en compte leurs préoccupations et de bénéficier de leurs expériences en la matière. En plus, il y aura en marge de cet événement des activités diverses comme le décernement du prix RSE organisé par l´ONG Réseau Afrique Jeunesse et le décernement d´un prix de la promotion des matériaux locaux de construction.

Finalement, combien de participants sont-ils attendus ?
Pour cette édition, plus de 1.500 participants sont attendus.

Qui seront les animateurs du panel d’ouverture ?
Les panelistes de la session d´ouverture portant sur le thème général sont les ministres des Mines des pays invités (Afrique du Sud, le Ghana, le Maroc, le Niger, le Bénin, la Côte d´Ivoire, le Tchad) et l´INA-CEDEAO.

Entre deux éditions, quels sont impacts visibles de la SAMAO sur les acteurs et le paysage minier ?
Le premier facteur visible est le regain d´intérêt des investisseurs pour notre secteur minier à travers l´engouement des acteurs et des pays miniers pour la SAMAO. Ainsi, le nombre de participants qui passe de 1.500 en 2017 à plus 1.500 cette année.

Quelle est la contribution du secteur minier à la croissance du Burkina?
Pour vraiment apprécier cette contribution, il faudra s´appuyer sur les données économiques de croissance. En effet, il ressort que la contribution de l´exploitation minière à la formation du PIB est passée de 7,9 % en 2016 à 11,4% en 2017; ce, pour un objectif de 10,2% en 2020 visé par le PNDES.

FW


 

5 raisons bonnes raisons pour investir dans les mines au Burkina

Le Burkina Faso, au cœur de l’Afrique occidentale et au carrefour de pays aux potentialités minières
Tout comme Ouagadougou sa capitale qui figure à son cœur, le Burkina Faso, pays au climat non austère, se trouve au cœur des Etats ouest-africains dont le potentiel minier n’est pas à négliger. S’installer au Burkina offre non seulement l’avantage de faire de bonnes affaires sur des substances de mines et de carrières, mais donne aussi la possibilité à tout investisseur de résider à équidistance entre la Guinée (pays du fer et de la bauxite) et du Niger (plateforme pétrolière et d’uranium). Le Burkina est aussi à équidistance entre Liberia (pays de diamant) et du Maroc (pays leader en exploitation de phosphate et de cobalt). Résider au Burkina, c’est avoir les Etats miniers d’Afrique de l’Ouest et du Nord à sa portée, sans oublier que Ouagadougou, ville siège de l’UEMOA et du CILSS, est une plaque tournante desservie par de nombreuses compagnies aériennes.

Une stabilité de plus de 20 ans grâce à un socle politique et sécuritaire fort
L’une des plus grandes richesses du Burkina Faso demeure sa stabilité dans un contexte mondial marqué par des extrémismes violents.  En prime à cette stabilité, le gouvernement a mis en place l’Office national de sécurisation des sites miniers (ONASSIM), une force mixte de défense et de sécurité qui joue correctement sa partition dans la sécurisation des sites et des investisseurs miniers.

Un secteur minier en pleine croissance
Au regard des facilités accordées aux investisseurs, l’octroi des permis d’exploration et d’exploitation connaît un rythme accéléré avec un effet d’entrainement sur les recettes d’exportation qui évoluent positivement.

Le Burkina Faso élevé au rang des pays conformes à l’ITIE
Après avoir satisfait les exigences dictées par les normes internationales de bonne gouvernance dans le domaine de la gestion des ressources naturelles, le Burkina Faso a été élevé, le 27 février 2013, au rang des pays conformes à l’initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE).

De réelles perspectives d’avenir pour le secteur minier
Pour conforter le secteur des mines dans sa position de locomotive de l’économie burkinabè, le gouvernement, dans le cadre du Programme national de développement économique et social (PNDES), envisage des perspectives qui participent d’une amélioration du climat des affaires et des conditions d’exploration et d’exploitation. Les principales actions envisagées sont : des réformes macro-économiques pour garantir et renforcer la libre circulation des personnes et des biens, le parachèvement des textes d’application du Code minier pour sécuriser les conventions en cours et en vue, la modernisation du cadastre minier pour mieux servir les investisseurs, l’amélioration de l’information géologique par la couverture du pays en cartes géophysiques 1/200.000e.

Source : Samao 2018

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Numéro d'édition: 266