Adama Soro, Directeur-Pays d’Endeavour Mining au Burkina Faso depuis janvier 2018. (DR)

Endeavour Mining au Burkina Faso : Un nouveau gisement en production en 2019

• Après Houndé, le site de Bouéré-Dohoun

• Une dizaine de permis d’exploration en plus de celles en production

• Une mine présente dans 5 pays d’Afrique de l’Ouest

L’Economiste du Faso : Qui est Adama Soro, Directeur-Pays d’Endeavour Mining au Burkina ?
Adama Soro, Directeur-Pays d’Endeavour Mining au Burkina Faso : Je suis avant tout un passionné des questions minières depuis près d’une vingtaine d’années. Je dirais que j’ai un parcours professionnel atypique, pour avoir travaillé dans le secteur privé et la fonction publique internationale, notamment française. J’ai, par exemple, été correspondant local d’Investir en Zone Franc (IZF), un programme d’UbiFrance devenu maintenant Business France. Cela dit, ma plus longue expérience fut avec le gouvernement canadien, notamment le ministère des Affaires étrangères et du Commerce international (MAECI), devenu Affaires mondiales Canada, avec lequel j’ai, pendant près de 7 ans, couvert le Burkina Faso, le Bénin et le Niger comme Attaché économique et commercial en charge des questions d’investissements. C’est au cours de ces années que j’ai véritablement fait connaissance avec le secteur minier. J’ai aussi acquis une expérience dans la gouvernance du secteur extractif, plus spécifiquement sur la Responsabilité sociale de l’entreprise (RSE) ; un thème qui m’est cher. Après le Canada, j’ai rejoint IAMGOLD Essakane ; une compagnie minière canadienne ; et depuis janvier 2018, j’occupe le poste de Directeur-Pays du groupe Endeavour Mining au Burkina Faso. Je suis aussi enseignant vacataire en RSE dans des universités de la place et consultant sur les questions minières pour des institutions comme la Banque mondiale.

Présentez-nous le groupe Endeavour Mining au Burkina ?
Les activités d’Endeavour Mining au Burkina Faso sont l’exploitation et l’exploration minières. En exploitation, nous avons deux mines d’or en production : celle de Karma, dans la province du Yatenga, et celle de Houndé, dans la province du Tuy. Ces deux mines projettent une production entre 355.000 et 375.000 onces en 2018. Nous comptons, en 2019, démarrer la production d’un nouveau gisement ; Bouéré-Dohoun ; situé à environ 15 km de Houndé, dont le minerai serait traité dans l’usine de Houndé. En exploration, nous disposons d’un programme basé sur des permis d’explorations qui sont essentiellement autour de nos mines de Karma et de Houndé, dont l’un des plus importants est celui de Kari, dans la province du Tuy. Nous disposons aussi de permis de recherches dans le Centre du pays. Tout cela témoigne de notre confiance dans les perspectives du Burkina Faso. Une confiance qui se manifeste par l’emploi de plus de 2.000 personnes au Burkina, dont une très large majorité de Burkinabè, et par la création d’un bureau-pays d’Endeavour Mining à Ouagadougou.

Pourquoi un bureau-pays à Ouaga?
A l’échelle du groupe, Endeavour Mining fonctionne sur un modèle de « Business Units » ; en français «des Unités d’Affaires». C’est-à-dire que nos centres de profits en termes économiques sont les sites en production et en exploration. Tout naturellement, il y avait un besoin de mieux coordonner et soutenir toutes ces unités productives et d’imprimer davantage la marque Endeavour Mining au niveau national.
Notre présence au Burkina Faso étant de plus en plus forte, cette meilleure coordination vise à fédérer les efforts pour une bonne synergie d’actions. A partir de cet instant, toutes les Unités d’Affaires disposent d’un interlocuteur privilégié auprès des autorités du pays, à travers le Directeur-Pays, chargé de défendre les intérêts matériels et moraux d’Endeavour Mining au Burkina Faso. Toutefois, dans ce modèle, les Unités d’Affaires ont une autonomie de gestion. De plus, la création d’un bureau-pays permet de mutualiser les moyens des Unités d’Affaires au niveau des fonctions supports, en étroite relation avec notre siège régional installé à Abidjan, avec pour maître-mot : la réactivité.

Quelles sont les principales difficultés rencontrées au Burkina Faso, et quelles sont les mesures prises pour les surmonter ?
Il est vrai que toute activité humaine rencontre des difficultés à des degrés divers, mais je tiens à remercier les autorités nationales et locales du Burkina Faso pour leur soutien permanent. Grâce à cet accompagnement, nous n’avons pas eu de difficultés sans solution.
Ce que l’on pourrait qualifier de difficultés, ce sont essentiellement les différentes interprétations que peut avoir l’administration sur certaines questions aussi bien fiscales, administratives que techniques.
Ces différentes interprétations peuvent entrainer un retard dans le traitement des dossiers.
Toutefois, j’attribue cette situation à la jeunesse de notre industrie minière qui fait que nous ne sommes pas tous au même niveau de compréhension et d’information. Cependant, le plus important, c’est la volonté et la bonne foi de nos interlocuteurs au Burkina Faso. Nous avons aussi rencontré quelques incompréhensions avec les communautés locales, parce qu’elles sont légitimement impatientes sur des revendications en termes d’emplois et d’infrastructures sociales.
Heureusement, nous avons toujours trouvé la compréhension et l’accompagnement des autorités nationales et locales à tous les niveaux. Je termine en disant que l’engagement de nos employés nous a permis d’avancer.
J’en profite pour remercier les femmes et les hommes qui travaillent avec nous au sein de la compagnie, pour leur dévouement et leur engagement pour Endeavour Mining. Ils constituent notre véritable richesse.

Un dernier mot ?
A l’endroit des populations, je plaide pour une plus grande compréhension du secteur.
C’est à ce titre que je loue les efforts de L’Economiste du Faso et de vos confrères journalistes, qui participent à cet éveil des consciences.
Le secteur minier sera ce que les Burkinabè et les sociétés minières voudront qu’il soit. A l’endroit de l’administration, c’est investir davantage dans l’échange au-delà des cadres formels, car chaque mine est spécifique. Au niveau des sociétés minières, nous allons accroître la communication vis-à-vis des autres, notamment à travers la Chambre des mines.

Interview réalisée par Elie KABORE


 

Endeavour Mining est présente dans 5 pays de l’Afrique de l’Ouest

Endeavour Mining est un producteur d’or de rang intermédiaire, avec une forte présence en Afrique de l’Ouest. En effet, ses opérations sont situées dans cinq pays de l’Afrique de l’Ouest. Il dispose de deux mines en production en Côte d’Ivoire, celles d’Ity et d’Agbaou. Il a également deux mines en production au Burkina Faso. Au Mali, il a le projet de Kalana acquis en 2017 et la mine de Tabakoto. Enfin, il a des projets en exploration en Guinée et au Niger. Comme on le constate, 4 de ces pays sont dans l’espace UEMOA.

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Numéro d'édition: 266