Delphine Maïdou Traoré, CEO d’Allianz. (DR)

Classement des risques pour les entreprises : Les interruptions d’activités en tête. Selon, Delphine Maïdou Traoré, CEO d’Allianz

Delphine Maïdou Traoré est un des visages du groupe Allianz. Elle est actuellement chef des opérations du groupe en Afrique du Sud. Découvrons, dans cet entretien qu’elle a bien voulu accorder à L’Economiste du Faso, qui se cache derrière cette Burkinabè qui, à force de travail, a pu se hisser dans le top management de l’assureur Allianz.

L’Economiste du Faso: Les Burkinabè vous ont connue très récemment. Qui est donc Delphine Maïdou Traoré?
Delphine Maïdou Traoré, CEO d’Allianz : Delphine Maïdou Traoré est la fille de Jules Dékrin Traoré et de Nathalie Traoré. Je suis l’aînée de 4 enfants dont la réalisatrice Apolline Traoré qui vient juste après moi. Je suis mère de 2 enfants de 15 et 12 ans.

Parlez-nous d’Allianz. Qu’est-ce qui la différencie fondamentalement des autres compagnies ?
Allianz est l’une des plus grandes compagnies d’assurance au monde avec un chiffre d’affaires de plus de 126 milliards d’Euros. C’est une compagnie d’assurance, mais aussi une entreprise de gestion de risques et d’actifs. Nous accompagnons nos 88 millions de clients dans 80 pays dont 17 pays africains (incluant le Burkina Faso). Nous nous reposons essentiellement sur des valeurs solides telles que le leadership collaboratif, l’entrepreneuriat, la confiance et l’excellence de notre relation client, qui reste au cœur de notre activité. Notre force réside dans l’expertise technique et la diversité de nos 140.000 collaborateurs à travers le monde. Allianz est également un assureur qui s’engage avec une stratégie de responsabilité sociale. Pour citer quelques exemples, Allianz a investi 5,6 milliards d’Euros dans des projets d’énergies renouvelables, dont 81 parcs éoliens et 7 fermes solaires. Nous avons levé 500.000 Euros à travers l’ «Allianz World Run» pour soutenir l’ONG SOS Village d’enfants, et avons réduit de 17% la consommation de CO2 par employé depuis 2010. De plus, Allianz est l’une des premières compagnies d’assurances à s’être fixé des objectifs climatiques sur le long terme, basés sur la nécessité de limiter la hausse de la température moyenne mondiale à 2°C comme le veut l’Accord de Paris sur le climat. La compagnie a cessé d’assurer les centrales thermiques au charbon et les mines de charbon en activité ou en projet. De plus, Allianz exclut les risques liés au charbon pour les activités d’assurances IARD et les investissements pour compte propre, d’ici à 2040.

Quelles sont ses performances en 2017 ?
Allianz affiche un bilan financier très satisfaisant. En 2017, nous avons augmenté de 3% notre chiffre d’affaires, passant à 126,1 milliards d’Euros, contre 122,4 milliards d’Euros en 2016. Sur l’ensemble de l’année, nous avons dégagé un résultat opérationnel de 11,1 milliards d’Euros, en légère hausse de 0,4%, et avons réussi à consolider notre ratio de solvabilité (à 229% en fin 2017, contre 218 % en fin 2016). En Afrique, nous avons un chiffre d’affaires s’élevant à plus de 630 millions d’Euros.

Vous siégez en Afrique du Sud en tant que chef des opérations, donc en charge du développement de la compagnie. Quels sont les défis à relever ?
En tant que CEO, les principaux défis que je rencontre sont les suivants :
Il est difficile de trouver des talents compétents et spécialisés en Afrique pour soutenir et développer notre activité. Comme je l’ai dit, notre force réside dans nos hommes et nos femmes, et nous voulons nous assurer que nous avons les meilleurs profils disponibles sur le marché. L’exigence des consommateurs qu’il faut satisfaire en créant des produits adaptés aux différents marchés. Le manque de compréhension des produits d’assurances par nos clients, ce qui oblige à une approche pédagogique de notre part.

Quel est votre quotidien au boulot ?
Je voyage beaucoup dans nos filiales en Afrique et aussi sur l’Europe pour m’assurer que les demandes du groupe Allianz et celles de nos filiales sont alignées. Il est important de créer un lien fort entre notre société-mère et ses filiales pour apporter le meilleur du Groupe Allianz sur nos marchés locaux.

Quelle est la portée du classement sur les risques qu’Allianz publie pour les entreprises et les pays ?
Pour la 7e année consécutive, Allianz a publié son baromètre des risques, basé sur les réponses données par un nombre record de 1.911 experts du risque dans 80 pays. Ce baromètre nous aide à dresser un panorama des préoccupations majeures des entreprises de toutes les tailles dans le monde et d’en comprendre les évolutions. Cette année, les interruptions d’activités (nº 1 avec 42 % des sondés et les incidents cybers (nº 2 avec 40 % des sondés) sont les principaux risques pour les entreprises du monde entier. Ils devancent ceux des catastrophes naturelles, alors même que 2017 a atteint un montant record de 136 milliards $ de pertes assurées suite aux multiples catastrophes naturelles. On note que le risque cyber a grimpé de la 3e à la 2e place, alors qu’il était classé à la 15e place il y a 5 ans. Ces résultats sont notamment la conséquence de cyber-attaques massives comme WannaCry en mai 2017 qui a touché de grosses organisations comme Renault.

Quel sont les pays où Allianz est leader ? Y a-t-il des nouvelles niches pour l’assurance aujourd’hui ?
Allianz est leader dans la plupart des pays francophones en Afrique, mais aussi en Europe, en Amérique et en Asie.

On parle de plus en plus d’assurance agricole en Afrique et d’assurance contre les actes de terrorisme. Quel en est votre avis ? Est-ce tentant pour l’assureur que vous êtes ? N’est-ce pas trop risqué ?
Le rôle fondamental d’un assureur est de transférer le risque de ses clients sur son capital propre. En amont, nous faisons appel à nos experts qui analysent ces risques de manière assez détaillée et font des recommandations. Nous apprenons à nos clients comment minimiser ces risques ensemble. Nous étudions et mesurons minutieusement les risques avant de nous engager.

Vous êtes une femme influente dans les assurances. Comment êtes-vous arrivée à vous faire une place dans ce secteur?
Le travail, la persévérance; il n’y a pas d’autre secret! Mais, c’est aussi important de rester humble et de continuer à apprendre des autres.

Avez-vous encore un peu de temps pour la famille, pour l’engagement citoyen, …?
Je n’ai pas juste un peu de temps, mais beaucoup de temps. La famille est primordiale et apporte l’équilibre. Sans cela, le reste n’a pas d’importance. Je voyage beaucoup, mais je consacre dès que possible du temps à mes enfants. J’essaie également de trouver du temps pour le reste de ma famille proche.

Quels conseils donnez-vous aux jeunes burkinabè et africains qui rêvent d’une telle carrière ?
3 conseils :
– Aller à l’école et travailler dur.
– Trouver un sponsor et un mentor.
– Ne jamais arrêter d’apprendre.

FW

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Numéro d'édition: 264

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