Lutte anti-corruption: Le REN-LAC en attente d’une réponse de Kosyam

• Augmentation du niveau de corruption en 2017

• Feu de détresse lancé au président du Faso depuis mars

• Mais toujours pas changements notoires dans la réaction

Claude Wetta (au milieu) , secrétaire exécutif du Réseau national de lutte anti-corruption (REN-LAC). (DR)

En marge du lancement du rapport 2017 sur l’état de la corruption, L’Economiste du Faso a recueilli le point de vue de Clause Wetta, secrétaire exécutif du Réseau national de lutte anti-corruption (REN-LAC), sur l’actualité de la lutte anti-corruption au Burkina Faso.

L’Economiste du Faso : Quelle sont les leçons que l’on peut tirer de ce rapport 2017 sur l’état de la corruption au Burkina ?
Claude Wetta, secrétaire exécutif du Réseau national de lutte anti-corruption (REN-LAC) : En 2015 et 2016, la corruption était en train de reculer dans notre pays. Malheureusement, en 2017, il y a eu une inflexion, et elle est repartie à la hausse. La situation nous inquiète, et nous souhaitons véritablement qu’en 2018 la tendance soit inversée. Pour cela, nous avons formulé des recommandations à l’endroit de l’Etat. Elles sont en lien avec les préoccupations que nous avons soulevées, au nombre desquelles plus de transparence dans le recrutement des directeurs généraux. A l’endroit de la société civile, nous recommandons d’accroitre la veille sur les actions négatives de l’Etat afin de pousser les choses dans la bonne direction.

Quel commentaire faites-vous de la relecture de la loi N°004-2015/CNT portant prévention et répression de la corruption au Burkina Faso, actuellement à l’Assemblée nationale ?
Il ne s’agit-là ni d’une grande relecture ni d’une remise en cause ; mais de précisions à apporter à la loi. La loi est déjà appliquée. Des magistrats ont déjà jugé des personnes sur la base de la loi anti-corruption pour ce qui concerne le délit d’apparence. C’est déjà un pas important dans le sens de l’application de la loi. Si beaucoup de magistrats allaient dans cette direction, les choses changeraient certainement dans le pays.

Un sujet en lien avec l’actualité, c’est le relèvement du Directeur des ressources humaines (DRH) de la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) de ses fonctions suite à la dénonciation du favoritisme dont il a fait montre dans un recrutement. Quel est votre commentaire à ce sujet ?
Le relèvement du DRH n’épuise pas la question. Nous ne comptons pas nous arrêter-là tout simplement parce que le DRH a été limogé. C’est une bonne chose, mais qu’est-ce qui se cache derrière tout ça ? Les faits sont avérés, et nous avons reçu un dossier que nous sommes en train d’examiner afin de contribuer à la manifestation de la vérité dans cette affaire.

Le 27 mars 2018, le président du Faso a reçu en audience une délégation du REN-LAC pour échanger sur la question de la lutte contre la corruption. Depuis cette rencontre, avez-vous l’impression que les choses changent sur le terrain de la lutte contre la corruption ?
Il n’y a pas de grands changements sur le terrain de la lutte. Nous ne savons pas non plus si notre rencontre a pu produire un effet sur la présidence, parce que nous ne voyons rien venir.
Les résultats de ce rapport sont un signal que nous lui envoyons. Lorsque vous observez la démarche que nous avons adoptée, c’est comme si nous savions que la corruption augmenterait en 2017.
Nous avons anticipé sur les résultats du rapport de 2017, parce qu’effectivement, on sentait les choses venir. Nous avons, à travers cette audience avec le président du Faso, donné l’alerte. Ce que le rapport 2017 a confirmé; et nous espérions faire bouger les lignes dans la lutte anti-corruption.

Propos recueillis par E.K.

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Numéro d'édition: 262