Malgré le contexte sécuritaire difficile dans les régions du Sahel, du Centre-Nord et du Plateau central,… (DR)

Qualité de l’enseignement: bientôt, un statut valorisant pour le corps

• La mise en œuvre du protocole d’accord en bonne voie

• 515 milliards de FCFA pour la clôture des écoles

• Un examen spécial pour plus de 4.000 élèves dans le Soum

Sur les quatre provinces que compte la région du Sahel, une n’a pas pu prendre part aux examens scolaires. Il s’agit de la province du Soum dont le chef-lieu est Djibo, ou plus de 4.000 élèves ont été laissés en rade dans le processus des examens. La raison à cette situation est le contexte sécuritaire délétère du Burkina Faso depuis un certain temps, et singulièrement dans cette partie du pays.
A ces élèves s’ajoutent près de 900 autres de la région du Nord. Face à cette situation, l’Etat burkinabè a décidé de prendre ses responsabilités afin que ceux-ci puissent composer leurs examens. Pour ce faire, une session spéciale sera organisée en début septembre pour eux.

Les acteurs du système félicités
Malgré cette situation, les élèves et les enseignants des trois provinces que sont l’Oudalan, le Yagha et le Séno ont «mouillé le maillot», au point que les résultats issus du CEP et du BEPC sont satisfaisants. A Déou où la situation sécuritaire était encore difficile, on enregistre un taux de 75% au CEP.
Après 4 mois de grève et le déficit sécuritaire constaté, les résultats du CEP et du BEPC au plan national sont également satisfaisants. Pour les chiffres du BEPC, on enregistre un taux de 42,90%, contre 28% en 2017. Pour l’ensemble de ces efforts soutenus des différents acteurs du système éducatif, ils ont été félicités par le ministre de l’Education nationale et de l’Alphabétisation, le Professeur Stanislas Ouaro.
C’était du 30 juin au 2 juillet 2018, à l’occasion de ses tournées régionales dans le Sahel, le Centre-Nord et le Plateau central, à la rencontre des acteurs éducatifs, pour s’imprégner des réalités du terrain et obtenir des explications des recommandations issues de l’accord du 27 janvier signé entre le gouvernement et les 15 syndicats de l’éducation nationale.
D’entrée de jeu, le ministre s’est voulu rassurant. Il a soutenu que le gouvernement salue cet accord et s’attèlera à sa mise en œuvre avant la fin de l’année. Sur les 23 points et les 56 engagements, il révèle que certains points ont déjà été mis en œuvre. A propos du statut valorisant qui tient à cœur aux enseignants, l’ancien président de l’université Ouaga II souligne que le gouvernement a fini ses observations et a transmis ledit texte en fin mai à la partie syndicale.
L’adoption du statut valorisant va tenir compte de la loi 081 et va aussi induire la création de nouveaux emplois dans le corps. Il dit attendre leurs amendements pour l’adoption du décret d’application. Un autre point abordé est celui du règlement des avancements, des reclassements et des bonifications d’échelons dus aux enseignants au titre de l’année 2016. Sur cette question, le ministre Stanislas Ouaro a fait le point : à la date du 31 mars 2018, ils sont 40.914 agents dont 13.589 pour les reclassements, 26.928 pour les avancements et 397 pour les bonifications d’échelons. Sur cet engagement, le ministre reconnaît que l’Etat «traîne les pieds» pour plusieurs raisons : prise de service en retard due à la spécificité du corps enseignant, délestages, grèves des financiers, manque de fibre optique au MENA,…

Le MENA injecte près de 100 millions de FCFA dans le traitement des dossiers
Pour la résolution de ce dernier problème, le MENA a signé avec l’ANPTIC un contrat de 60 millions de FCFA et a acheté du matériel informatique à 38 millions de FCFA. Tout compte fait, à la date de fin juin 2018, au niveau du reclassement, ce sont 11.370 actes signés, 20.735 actes signés pour les avancements et 367 actes signés pour la bonification d’échelons. Au total, ce sont 32.472 actes signés sur les 40.914 agents touchés par le traitement. Pour les autres, leurs actes sont dans le circuit de traitement, soit 2.214 au total.
De février à juin 2018, 22.675 agents ont reçu leurs mandatements. Il faut savoir que l’incidence financière sur l’indemnité harmonisée et les rappels vont coûter au budget de l’Etat la somme de 16 milliards de FCFA en 2018 et 26 milliards de FCFA en 2019. Pour résorber les dysfonctionnements au sein du MENA, il est envisagé la relecture de l’organigramme.
Aussi, il est envisagé la relecture de près de 50 textes réglementaires afin de se conformer à la réalité du terrain. Dorénavant, 60% de bourses seront attribuées aux élèves méritants et de conditions défavorables. A cela s’ajoute la prise en compte des pupilles de la nation.

La liste des écoles non conformes sera publiée en août
Après cet exercice de redevabilité du ministre, les acteurs du monde éducatif des régions du Sahel, du Centre-Nord et du Plateau central ont soulevé des préoccupations qui portent, entre autres, sur  le renforcement des capacités, le manque de ressources financières, le manque de moyens mobiliers (tables-bancs, bureaux), le manque de ressources humaines, les effectifs pléthoriques dans les classes, les écoles sous paillotes, la qualité des manuels scolaires et des vivres, le non-respect de cahiers des charges par les établissements privés, la délimitation des espaces scolaires, l’indiscipline dans les écoles,… Sur la question de la vacation, le ministre a promis de trouver une solution définitive.
Quant à l’ensemble des préoccupations, des efforts sont faits et seront renforcés par le gouvernement pour un système éducatif de qualité.
Le transfert des ressources financières aux communes va se poursuivre. En attendant, le MENA est le département qui transfert le plus de ressources aux communes avec 43%, salaires non inclus.
Pour la clôture des écoles et la construction des toilettes sur le territoire national, le ministère a évalué les besoins à 515 milliards de FCFA.
Des sanctions sont prévues à l’encontre des établissements privés qui ne respectent pas le cahier des charges. Le ministre annonce la publication de la liste de ces écoles en août. Stanislas Ouaro a rappelé aux enseignants que le port du voile n’est pas interdit au Burkina Faso.
Toutefois, l’élève doit le porter de sorte qu’il soit identifiable.
Pour ce qui est de l’incivisme en milieu scolaire, le ministère va adopter une stratégie nationale de lutte contre l’incivisme en milieu scolaire. Pour un système éducatif apaisé, le ministre a rendu des visites de courtoisie aux différents chefs coutumiers de Kaya, de Boussoma et de Ziniaré.


Spécificités de chaque région

Sahel: Taux brut de déscolarisation (52,4%) en 2017 contre 48,6% au plan national. La rentrée scolaire débute en décembre, voire janvier pour certains élèves, et prend fin dés la première pluie pour plusieurs raisons (élevage et travaux champêtres). Avant fin décembre 2018, le gouvernement va opérationnaliser les directions provinciales de l’enseignement secondaire, notamment celle de Djibo. Le mariage précoce touche aussi les élèves dans cette région.
Centre-Nord: Bientôt, la construction de l’ENEP de Kaya. En attendant, Kaya aura un lycée professionnel et un lycée technique
Plateau central: Les intempéries ont emportées les toits de certaines écoles. Le cas le plus illustratif se passe à Loumbila et la préoccupation liée à la délimitation des espaces scolaires dans la région et singulièrement à Loumbila ou un cas palpable existe. Construction d’un Lycée professionnel de Zorgho.


Vers la fin des écoles sous- paillotes

Le président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré dans son programme présidentiel a promis la suppression des écoles sous paillotes. A la date d’aujourd’hui, ce programme est en passe d’atteindre son objectif.
C’est ainsi que sur les 4.353 classes 3.000 salles de classes ont été réalisés et 800 en cours. 2.300 complexes scolaires seront réalisés avant la fin du mandat.
A ce jour, il y a la construction de 409 nouveaux CGE, la construction de 55 lycées, la construction de 394 blocs de 2 salles de classes pour le post primaire, la construction de 25 nouveau laboratoires dans 25 provinces pour le développement de l’enseignement scientifique, l’ouverture pour la rentrée scolaire 2017/2018 de 2 premiers lycées scientifiques du Burkina Faso à Ouagadougou et Bobo- Dioulasso.
Le recrutement de 4.487 enseignants pour le post primaire. Dans le cadre du programme emploi- jeunes diplômés pour l’éducation nationale 5.746 jeunes diplômés ont été également recrutés.

 

RD

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Numéro d'édition: 260

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