Exportation d’or : Destination: Suisse, Inde et Afrique du Sud

• 11 mines pour 38,609 tonnes en 2016

• 983,54 milliards de FCFA de vente

• Des doutes sur la fiabilité des données

En 2016, les mines industrielles ont exporté 38,609 tonnes d’or et 170.102,40 tonnes de zinc. Le total des exportations a été évalué à 983,54 milliards de FCFA selon les données de la Direction générale des douanes (DGD).

Source : Rapport 2016 de l’ITIE-BF (mai 2016)
Selon les données rapportées par la direction générale des douanes, l’or a été exporté en 2016 vers la Suisse, l’Inde et l’Afrique du Sud.

Quelles sont les sociétés productrices d’or et quels sont les pays de destination des minerais exportés ?
Les 38,609 tonnes d’or ont été exportées par 11 mines industrielles. La plus grande quantité a été exportée par IAMGOLD Essakane. La vente de ses 13,190 tonnes d’or exportées a rapporté 315,82 milliards de FCFA. Après IAMGOLD Essakane, la SEMAFO Burkina Faso se positionne comme la deuxième société exportatrice. Elle a vendu 7,470 tonnes d’or pour une valeur de 178,18 milliards de FCFA. Suivent Bissa Gold, la société des mines de Taparko, la société des mines de Belahouro, Burkina Mining Company SA, Riverstone Karma SA, Roxgold Sanu SA, Sav’or Foaga, STREMCO SA (devenue KOMET) et les Petites opérations minières (POM). Toujours, selon les données communiquées par la direction générale des douanes, la grande partie de l’or produit a été exportée vers la Suisse. En effet, 86,1% de la production nationale sont exportés vers ce pays où se trouve une des plus grandes raffineries du monde, à savoir Metalor. Le reste de la production aurifère a pris la direction de l’Inde (8,1%), l’Afrique du Sud  (5,7%) et d’autres pays (0,1%).
Le zinc a été exporté par la seule mine de Perkoa. Les 170.102,40 tonnes de zinc produites en 2016 ont été exportées vers plusieurs pays dont 35% vers l’Espagne, 25% vers l’Allemagne, le Canada et la Belgique, respectivement 17%, et l’Italie (7%).

Elie KABORE


Des doutes sur la fiabilité des données

Plusieurs acteurs engagés dans la recherche de la transparence dans le secteur minier émettent des doutes sur la fiabilité des données sur l’exportation. Des doutes que les acteurs miniers tentent de minimiser en se référant à la réglementation portant exportation de l’or produit industriellement au Burkina Faso.
Cette réglementation, qui fixe les bases juridiques de la pesée, du transport et de la vérification de la teneur en or au Burkina Faso, indique que la pesée, le colisage, le transport et l’assurance de l’or produit industriellement sont du ressort et de la responsabilité du producteur.
La balance utilisée pour la pesée doit être homologuée par la direction de la qualité et de la métrologie du ministère en charge du Commerce. La réglementation précise qu’à la fin de chaque pesée, un procès-verbal est signé par la société minière, le transitaire, les agents du ministère des Mines et les agents des douanes. Ce procès-verbal fait ressortir une estimation de la valeur de l’or en FCFA sur la base du cours de l’or de la veille de l’expédition. Les royalties sont calculées sur la base de cette estimation. Afin de lutter contre les faux procès-verbaux, la réglementation oblige le producteur à faire un état des ventes aux prix réels après affinage.
L’écart constaté entre les perceptions résultant de l’estimation initiale et les ventes réelles font l’objet d’une régulation à l’exercice suivant. Quant aux formalités de douanes, elles sont exécutées dans un premier temps sur le site de la mine et complétées dans un second temps au bureau de frontière.
Les frais résultant de la pesée, du colisage, du transport, de la restauration, de l’hébergement des agents publics commis à cette tâche sont à la charge de la mine, selon la réglementation. La société suisse Metalor raffine chaque année environ 3.000 tonnes d’or. Il y a donc très peu de risque que la petite quantité expédiée par le Burkina Faso fasse l’objet de fraude.

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Numéro d'édition: 258