Harouna Ouattara, Directeur régional de l’Economie et de la Planification de la Boucle du Mouhoun. (DR)

Economie rurale : Rareté d’unités industrielles

Etre directeur régional de l’Economie et de la Planification d’une région aussi vaste que celle de la Boucle du Mouhoun représente un gros travail de coordination et de collecte de données.
C’est pourtant le défi de Harouna Ouattara qui nous présente ici les grands traits de la région dont il a la charge; une des plus importantes du pays en termes de production agricole.

L’Economiste du Faso: Quels sont les profils économiques que l’on rencontre dans la région de la Boucle du Mouhoun ?
Harouna Ouattara, directeur régional de l’Economie et de la Planification de la Boucle du Mouhoun: La région a une vocation essentiellement agro-sylvo-pastorale avec pour activité dominante l’agriculture, suivie de l’élevage et des autres secteurs tels que le commerce. Le secteur agricole contribue à 14% au niveau national et l’élevage à près de 12%.

Qu’en est-il des unités industrielles dans la région ?
Pour le moment, la région n’abrite pas de véritables unités industrielles, à part les usines de la Société des fibres textiles (SOFITEX) qui égrènent le coton. A cela s’ajoutent de petites unités de transformation des produits forestiers non-ligneux.
A votre avis, qu’est-ce qui freine l’implantation des unités industrielles dans cette région pourtant considérée comme la plus vaste du Burkina Faso ?
L’une des raisons serait le manque de partenaires économiques; sinon que la région regorge d’énormes potentialités dans le domaine agro-sylvo-pastoral et des légumes.

Dans ce cas, que fait concrètement la direction régionale de l’Economie et de la Planification pour s’attirer des partenaires économiques ?
Nous essayons de montrer aux Partenaires techniques et financiers (PTF) les différentes potentialités et les opportunités qui pourraient inciter à investir dans la région. A ces PTF, nous disons que la région est frontalière avec le Mali et que le commerce avec ce pays pourrait leur offrir de belles opportunités d’affaires. La ville de Bobo-Dioulasso, qui est un grand centre de consommation, pourrait aussi présenter une belle vitrine d’affaires ; de même que Ouagadougou, la capitale, qui est située à 230 km de Dédougou.

Quelles sont les perspectives pour la région ?
Nous nous inscrivons plutôt dans la mise en œuvre du Plan national pour le développement économique et social (PNDES). C’est-à-dire, mettre l’accent sur un certain nombre de secteurs de production. C’est en cela que nous sommes en train de voir comment démarrer le pôle de croissance du Sourou. Ce projet est actuellement au stade de préfaisabilité. Si les études sont concluantes; on ira à la phase de faisabilité, ensuite à la mise en œuvre effective. Il y a aussi la mise en œuvre d’un certain nombre de projets et programmes qui vont booster l’économie régionale. Il s’agit du Programme d’appui au développement des économies locales (PADEL) et du Plan régional de développement (PRD).

RD


Boucle du Mouhoun: Dédougou, la paisible

La commune de Dédougou est située dans la province du Mouhoun. Elle est située à 230 km à l’Ouest de la capitale; Ouagadougou; à laquelle elle est reliée par la route nationale N°14, et à 175 km au Nord-Est de la ville de Bobo-Dioulasso à laquelle elle est reliée par la Nationale N°10. La commune s’étend sur une superficie de 1.352,56 km²; soit environ 19,68% de la superficie totale de la province du Mouhoun. La création de la ville de Dédougou autour du XVIe siècle serait le fruit d’une cohabitation originelle entre Koé Dayo (chasseur et agriculteur originaire du Mandé) et Zamagnini Coulibaly (originaire de Banou dans l’actuelle commune de Tchériba). Autrefois appelée Banikuy (devenue par contraction Bankuy) qui veut dire «Village des buissons ou des forêts», la ville deviendra par instinct de fierté et de suffisance «Dêdou» pour dire «Je me suffis» ou «Je suis heureux et fier» en langue Bwamu. Par la suite, avec l’influence linguistique du Dioula, «Dêdou» deviendra «Dédougou».


 

 Ville de Dedougou: les réalisations de la mandature

Il se dit convaincu que Dédougou, à l’image de la Boucle du Mouhoun, regorge de toutes les potentialités

Karim Lomboza Kondé, maire de la commune de Dédougou depuis le 23 juin 2016

socioéconomiques pour prendre son envol. Lui, c’est Karim Lomboza Kondé, maire de la commune depuis le 23 juin 2016. Pour arriver à faire prendre son envol à la commune, il dit compter sur la mobilisation des ressources propres de la mairie; aujourd’hui encore trop faibles; de l’Etat et des PTF, en vue de financer le Plan communal de développement 2015-2019 (PCD-2015-2019) à hauteur de 1.602.971.477 FCFA. Mais, en attendant, en 18 mois de mandature, plusieurs infrastructures économiques ont vu le jour. Les réalisations se présentent de la façon suivante: 283.590.895 FCFA pour la construction d’un bloc de 2 salles de classe pour le préscolaire Moundasso, la construction d’un complexe scolaire pour le primaire de Zakuy et d’un complexe scolaire pour le primaire de Kounkatenga et l’achat de consommables et de vivres.
Au plan sanitaire, les activités réalisées ont été possibles grâce au financement du budget communal et aux transferts de ressources et des compétences du ministère de la Santé. 23.716.179 FCFA ont ainsi été injectés dans l’achat de consommables sanitaires.
Au plan de l’assainissement, de l’hygiène et d’eau potable, les actions majeures sont la réalisation de 7 forages, notamment à Passakongo, Koukatenga, Soakuy , Sagala, Happérékuy, Kamadena, Souri; la réalisation de trois Adductions d’eau potable (AEPS) à Souri, Karo et Fakouna; la construction de deux bacs à ordures, l’acquisition et l’implantation de 155 poubelles pour un montant de 4.415.620 FCFA, l’organisation d’une journée de salubrité accompagnée de théâtres fora  de sensibilisation à l’hygiène et à l’assainissement; la réalisation de 463 ouvrages d’assainissement (latrines) pour la mise en œuvre du Plan stratégie d’assainissement (PSA) dans la ville de Dédougou; la conduite de quatre opérations des Travaux de haute intensité de main-d’œuvre (HIMO), soit sept cent cinquante jeunes employés; une opération de 10 jours de curage de caniveaux; 83 contrôles inopinés de débits de boissons et l’évacuation d’ordures du marché central.
Au plan domanial et foncier, il y a eu l’accompagnement des services techniques des impôts et du domaine qui a permis d’atteindre les résultats suivants: protection des berges du fleuve Mouhoun sur 1 km; acquisition par la commune de 36 hectares pour la réalisation d’une centrale solaire photovoltaïque dans la commune, précisément à Karo; identification d’un terrain de 30 hectares à Souri pour les besoins de la commune; identification de la piste rurale Kari-Karo à réaliser; la réalisation d’une piste rurale de six km entre Karo et Bladi. Au plan sécuritaire, malgré son effectif réduit, la police municipale de Dédougou a beaucoup contribué à la mobilisation des recettes communales. Il y a aussi d’autres réalisations majeures telles que l’acquisition et l’implantation de 98 panneaux de signalisation routière, de 16 barrières sécuritaires et de 8 sabots au profit de la police municipale de Dédougou, le tout à 10.245.000 FCFA, et la construction d’un mur de clôture, de 2 guérites et d’un hangar pour la police municipale, à hauteur de 24.729.071 FCFA.

RD

 

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Numéro d'édition: 258

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