La production mondiale de thé vert devrait augmenter encore plus vite, avec 7,5% de hausse chaque année, pour atteindre les 3,6 millions de tonnes en 2027. (DR)

Thé : La consommation et la production mondiales en hausse

• Portée par la forte demande des pays émergents

• 2,2% chaque année pour le thé noir et 75% pour le thé vert

• Des produits de tendance pour les jeunes

La consommation et la production mondiales de thé devraient continuer à augmenter lors des 10 prochaines années. Selon la FAO, dans un rapport publié le 28 mai dernier, ces prévisions tablent sur la forte demande provenant des pays en développement et des pays émergents.
Une situation qui créera de nouvelles opportunités de revenus en milieu rural et améliorera la sécurité alimentaire dans les pays producteurs de thé.
La consommation de thé a augmenté très vite en Chine, en Inde et dans les autres pays émergents.
Une situation qui s’explique par des revenus plus élevés et par les efforts déployés en vue de diversifier la production et d’inclure des spécialités telles que les tisanes, les infusions aux fruits et les thés aux saveurs gastronomiques.
Le rapport, qui a été discuté par le Groupe intergouvernemental de la FAO sur le thé (IGG en anglais) lors de sa réunion semestrielle qui s’est tenue à Hangzhou, en Chine, suggère que la consommation de thé a également bénéficié de la campagne médiatique faite autour de la boisson et notamment de ses bienfaits antioxydants, de ses propriétés anti-inflammatoires et de sa contribution à la perte de poids. Ces bienfaits pour la santé et le bien-être devraient, selon toute vraisemblance, conduire à une hausse de sa consommation dans l’avenir.

La production de thé appelée à augmenter
La production mondiale de thé noir devrait augmenter de 2,2% chaque année pendant les dix prochaines années pour finalement atteindre les 4,4 millions de tonnes en 2027, reflétant ainsi une nette hausse de la production en Chine, au Kenya et au Sri Lanka. Ainsi, la Chine atteindrait les niveaux de production du Kenya, le plus grand exportateur de thé noir au monde.
La production mondiale de thé vert devrait augmenter encore plus vite, avec 7,5% de hausse chaque année, pour atteindre les 3,6 millions de tonnes en 2027. Cela s’explique en grande partie par l’activité chinoise où la production de thé vert devrait plus que doubler, passant de 1,5 million de tonnes en 2015-2017 à 3,3 millions de tonnes en 2027.

Les impacts du changement climatique
Le rapport de l’IGG avertit également sur le fait que la production de thé est étroitement liée aux modifications des conditions de culture. Le thé peut uniquement être produit dans des conditions agro-écologiques spécifiques et délimitées, par conséquent dans un très petit nombre de pays dont beaucoup sont fortement affectés par le changement climatique. Les changements de température et les régimes de pluies, avec davantage d’inondations et de sécheresses, affectent déjà les rendements, la qualité du thé et ses prix et contribuent donc à faire baisser les revenus et à menacer les moyens d’existence ruraux. Ces changements climatiques devraient s’intensifier, soulignant l’importance de prendre des mesures d’adaptation au plus vite. En parallèle, il est de plus en plus évident qu’il est important de contribuer aux efforts visant à atténuer le changement climatique, à la fois au niveau des efforts d’adaptation et d’atténuation, en réduisant les émissions de carbone issus de la production et de la transformation de thé.
Le rapport appelle donc les pays producteurs de thé à intégrer les défis liés au changement climatique, notamment en matière d’adaptation au changement climatique et d’atténuation de ses effets, dans leurs stratégies de développement national de thé.

Des produits de tendance pour les jeunes
La demande mondiale pour le thé jouit également d’une nouvelle clientèle. De jeunes consommateurs urbains dans de grands pays tels que la Chine et l’Inde se sont révélés être le segment augmentant le plus rapidement, désireux de payer plus cher pour des thés spéciaux, mais aussi curieux d’en savoir plus à propos du produit qu’ils consomment – en particulier lorsqu’il s’agit de qualité, de son origine et de sa contribution au développement durable.
Les jeunes consommateurs issus de la classe moyenne supérieure cherchent des produits de tendance qu’ils intègrent à leur style de vie, qui comprennent maintenant des thés de qualité gastronomique, et à les consommer dans des lieux sophistiqués tels que des boutiques spécialisées dans le thé, des restaurants distingués, des hôtels ou encore des cafés.

NK
Ps : (L’analyse du document de l’IGG s’est basée sur les données reçues par les pays membres auxquelles se sont ajoutées les données de FAOSTAT et du Comité international sur le the (ITC), ainsi que d’autres sources).


 

Promouvoir les bienfaits sur la santé pour stimuler la demande

Alors que la consommation mondiale de thé a augmenté au cours de la dernière décennie, les pays européens important traditionnellement du thé, à l’exception de l’Allemagne, ont connu une baisse de leurs niveaux de consommation. Dans l’ensemble, le marché européen du thé est saturé. La consommation par habitant a chuté pendant plus de dix ans face à la concurrence posée par les autres boissons et particulièrement par l’eau en bouteille.
Au cours des dix prochaines années, les pays occidentaux devraient connaître une baisse de leur consommation. Au Royaume-Uni, par exemple, la consommation de thé devrait diminuer, alors que le thé noir peine à conserver l’intérêt des consommateurs face à la concurrence posée par les autres boissons dont le café. Selon le rapport, la baisse de la consommation de thé sur les marchés traditionnels européens pourrait être stoppée ou même inversée en diversifiant d’autres segments tels que les thés spéciaux et organiques, et en faisant la promotion de leurs bienfaits pour la santé et le bien-être.
La stratégie visant à promouvoir les bienfaits du thé pour la santé s’est déjà révélée efficace sur d’autres marchés. Aux Etats-Unis, par exemple, les thés en feuille connaissent une nouvelle jeunesse après avoir fait l’objet d’une prise de conscience au niveau de la santé publique.

(Source : FAO)

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Numéro d'édition: 256