A la fin de la visite, Kyet Kim a confié que la SonabeL est une entreprise qui revêt un caractère important pour le MCC. (DR)

Millénium challenge corporation : L’énergie comme secteur prioritaire

• Objectif: résorber le déficit énergétique

• Une enveloppe de près de 300 millions $ US

• Combler le gap d’électrification de 81% ?

Selon le directeur général de la Société nationale burkinabè d’électricité (SONABEL), François De Salle Ouédraogo, le Burkina Faso a un taux d’électrification de 19%. le gap à combler pour le pays est donc de 81%.
La solution pour rattraper ce retard qui justifie en partie les nombreux délestages qui freinent le décollage économique du pays est que l’Etat devra injecter d’énormes ressources financières dans le secteur. Le MCC va aider à resorber ce déficit: le peuple américain a décidé de supporter les frais d’investissements pour réduire la fracture énergétique du Burkina.
Cela passe par la formulation du second Compact du Millénium Challenge Corporation (MCC) qui a choisi l’énergie comme secteur prioritaire. Pour s’imprégner des réalités et du besoin énergétique criard, une délégation du MCC conduite par sa vice-présidente, Kyet Kim, a visité deux sites de la Sonabel. C’était dans la matinée du samedi 2 juin 2018.
Première escale de cette tournée: le site d’installation de la Sonabel-Ouaga 2000. Ce poste est considéré comme l’un des sites stratégiques de la Nationale d’électricité.
Car, il a en charge de stocker l’énergie en provenance de la centrale de Komsilga pour la distribution dans les zones de Ouaga 2000 et environnants. D’après le directeur du transport et du mouvement d’énergie, Pascal Héma, la capacité du poste de Ouaga 2000 est dépassée, et il faudra l’augmenter. «La capacité actuelle est de 33.000 Volts. Elle doit passer à 90.000 Volts pour permettre de rediriger une grande quantité d’énergie vers la clientèle», a-t-il ajouté. Ce poste permet d’alimenter les localités de Kombissiri, jusqu’à Manga», a indiqué Pascal Héma.
Le second site visité est la direction du transport sise à Bogodogo. C’est dans ce centre névralgique que se fait la prévision de la demande et de l’offre, et où est surveillé le mouvement de l’énergie.
«Il y a un besoin de mettre à jour le système qui permet de faire ce travail que nous appelons le SCADA, parce que celui que nous avons date de 2009, et comme ce sont des logiciels, ça évolue rapidement. D’où la nécessité de faire une mise à jour. Et le gouvernement américain, à travers le MCC, veut financer des projets, alors, nous cherchons à inclure cette mise à jour de notre système dans les projets à réaliser dans ce cadre», a mentionné Pascal Héma.
A la fin de la visite, Kyet Kim a confié que la SonabeL est une entreprise qui revêt un caractère important pour le MCC. Elle dit espérer que l’appui du MCC puisse véritablement améliorer la situation énergétique à laquelle est confrontée la population. «L’énergie est extrêmement important pour la croissance économique, et nous espérons signer très bientôt le Compact avec le Burkina Faso», dit-elle. Une signature qui pourrait intervenir courant 2019. Cette information importante pour le Burkina Faso a été portée le vendredi 1er juin 2018 par la délégation américaine au Premier ministre Paul Kaba Thiéba. Il faut noter qu’actuellement le processus est dans sa troisième phase.
Le second Compact est axé sur trois volets essentiels. Le premier projet est axé sur l’efficacité du secteur énergétique à travers des réformes et le renforcement des capacités du personnel. Le deuxième projet est lié à l’accroissement d’une production énergétique moins coûteuse, avec la réalisation d’une centrale de 50 mégawatts avec stockage.
Le troisième projet est relatif au renforcement du réseau électrique actuel. Après la troisième phase, il y aura bientôt la quatrième phase qui sera consacrée à l’analyse de faisabilité des projets soumis.

RD


Présentation du second Compact

Sa mise en œuvre va s’étaler sur 5 ans, soit de 2020 à 2025. La taille moyenne des programmes du MCC serait de l’ordre de 300 millions de Dollars US qui serviraient à financer les deux projets sus-cités.  La spécificité du MCC est que les fonds non dépensés pendant les 5 ans d’exécution du Compact seront perdus par la partie burkinabè et récupérés par la partie américaine.

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Numéro d'édition: 256

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