La palme des mauvaises pratiques dans cet indicateur revient au corridor Dakar-Bissau, avec une moyenne 39 postes de contrôle sur 1.052 km, soit en moyenne 4 postes sur 100 km. (DR)

Tracasseries routières : Le rapport 2017 en validation

• Persistance des paiements illicites

• Le Burkina pas épargné

• Le corridor Dakar-Bissau, un mauvais exemple

Sous l’égide de la commission de l’UEMOA, les premières conclusions du rapport 2017 de l’Observatoire des pratiques anormales (OPA) sur les principaux corridors de l’Union ont été présentées aux acteurs nationaux.
L’inversion des tendances n’est pas encore effective, même si l’on constate des améliorations sur certains axes, selon le rapport. Depuis une décennie, la commission et ses partenaires ont mis en œuvre des indicateurs régionaux de performances, avec pour but d’améliorer la fluidité du trafic routier dans la zone et de faciliter ainsi le commerce entre les pays membres de l’Union.
Ces indicateurs sont au nombre de trois: nombre de contrôles aux 100 km, perceptions illicites (en FCFA) aux 100 km par camion et par voyage (hors frontières et aux frontières) et retard ou temps de contrôle (en minutes) aux 100 km par camion et par voyage.
Sur le premier indicateur (nombre de postes de contrôle), le rapport constate qu’aucun corridor ne respecte la norme communautaire requise qui est de 3 postes de contrôle le long du corridor (au départ, au passage des frontières et à destination).
La palme des mauvaises pratiques dans cet indicateur revient au corridor Dakar-Bissau, avec une moyenne 39 postes de contrôle sur 1.052 km, soit en moyenne 4 postes sur 100 km. Par contre, le corridor Niamey-Cotonou à la satisfaction des rédacteurs du rapport. Ce corridor a connu une nette amélioration de pratiques et affiche la meilleure performance en termes d’évolution, avec 13 postes sur 950 km, soit un poste aux 100 km.
Sur le reste des corridors de l’Union, la moyenne est de 2 postes de contrôle aux 100 km. Même si ces données s’améliorent, on constate que le nombre d’arrêts consécutifs aux contrôles fait perdre du temps aux transporteurs. C’est ainsi que le rapport a classé les corridors en fonction du temps perdu aux 100 km. Dakar-Bissau détient là encore la palme avec 514 minutes de perte de temps. Il est suivi respectivement de Bamako-Dakar via Diboli, avec 378 minutes; Bamako-Dakar via Moussala, avec 228 minutes; Tema-Ouagadougou, avec 205 minutes, et Abidjan-Bamako, avec 177 minutes.
Ces données rapportées aux 100 km donnent les ratios suivants: Dakar-Bissau, 49 minutes; Bamako-Dakar via Diboli, 27 minutes; Bamako-Dakar via Moussala, 19 minutes; Tema-Ouagadougou, 10 minutes, et Abidjan-Bamako, 15 minutes.
Les pertes de temps sont moindres sur le corridor Abidjan-Ouagadougou, avec 142 minutes, et Ouagadougou-Lomé, avec 122 minutes. Rapportés sur 100 km, les temps suivants sont respectivement observés: 11 minutes et 13 minutes.

Pertes de temps et d’argent
Les perceptions illicites sont classées en deux catégories : hors frontières et aux frontières. Le rapport constate que pour 2017: «Les perceptions illicites hors frontières sont relativement élevées sur l’ensemble des corridors».
Ainsi, les montants les plus élevés sont perçus sur le corridor Dakar-Bissau, pour un montant de 124.500 F CFA en moyenne. L’axe Bamako-Ouagadougou via Hérémakono, pour un montant de 63.519 FCFA en moyenne.
Les meilleures performances sont établies par le corridor Cotonou-Niamey, pour un montant de 10.625 FCFA en moyenne, soit 3.000 F CFA perçus sur le territoire béninois et 7.625 FCFA sur celui du Niger. Ce corridor est suivi de Ouagadougou- Lomé pour un montant de 15.875 FCFA en moyenne dont 10.000 FCFA enregistrés au Burkina Faso et 5.875 au Togo, explique le rapport qui précise que les corps les plus impliqués dans les perceptions illicites sur l’ensemble des corridors sont les douanes, la police et la gendarmerie.
Par ailleurs, le rapport indique qu’aux frontières, toutes les administrations et les autres corps qui interviennent perçoivent illégalement des sommes, avec une moyenne de perception établie à 27,87 % sur l’ensemble des corridors. Les corridors impliquant le mali, le Sénégal et le Burkina sont indexés comme percevant «les montants les plus importants».

FW


Frontières Mali, Burkina et Sénégal: zones de perceptions illicites

Selon le rapport OPA 2017, les frontières du Mali, du Burkina et du Sénégal exposent les usagers des transports au racket. «On note les montants les plus importantes sur les corridors concernés par le Mali, le Burkina Faso et le Sénégal. En effet, au poste frontière du Mali avec le Burkina Faso sur les corridors Ouagadougou-Bamako via Koury, le montant des perceptions illicites est de 13.888 FCFA en moyenne pour le Mali et de 9.638 FCFA en moyenne pour le Burkina Faso.
Sur Ouagadougou-Bamako via Hérémakono, le montant des perceptions moyennes est de 22.488 FCFA dont 11.963 FCFA enregistrés au poste frontière du Mali et 10.525 FCFA enregistrés au poste du Burkina Faso. Le même constat est fait au corridor Bamako-Dakar via Diboli entre le Mali et le Sénégal où l’on a enregistré 22.713 FCFA en moyenne dont 11.863 FCFA pour le Sénégal et 11.350 FCFA pour le Mali», précise le rapport.

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Numéro d'édition: 255