Du 24 au 25 mai dernier, une visite des réalisations du projet «EBA-FEM» a eu lieu dans les zones humides du corridor forrestier de la Boucle du Mouhoun. (DR)

Dégradation du fleuve Mouhoun : Vite, sauver ce bassin naturel !

• Au profit de plus de 120.000 habitants

• EBA-FEM y injecte plus de 7.000.000 $ US

• Les maires autour du bassin s’engagent

Le fleuve Mouhoun est ce cours d’eau qui prend sa source dans le Kénédougou (Hauts-Bassins), traverse la Boucle du Mouhoun et le Sud-Ouest, pour se jeter dans les eaux du Ghana. Ce fleuve qui est le plus grand cours d’eau du pays des Hommes intègres fait près de 1.000 km sur le territoire burkinabè.
Le bassin du Mouhoun est d’une diversité fort appréciable: une véritable richesse faunique, halieutique et floristique, ainsi qu’une zone de haute productivité agro-sylvo-pastorale. Malheureusement, de nos jours, le bassin du Mouhoun est en proie à de nombreuses agressions dues essentiellement à l’homme et aux animaux. C’est ainsi que le bassin est exposé à multiples menaces du fait de l’élevage, de l’orpaillage, de l’utilisation des engrais, de pesticides et d’herbicides, du défrichage, de la coupe abusive du bois, des feux de brousse, etc. Tarissement du fleuve : la conséquence est que les ressources halieutiques qui y foisonnaient ont actuellement presque disparu. Le pire, ce que le fleuve Mouhoun est en train de mourir en termes d’emplissage.
D’après les environnementalistes, les conséquences sont inévitables si rien n’est fait. Pour éviter cela, un projet dénommé projet adaptation basée sur les écosystèmes «EBA- FEM» a entrepris, depuis 3 ans, une approche participative pour tenter de redonner vie au bassin de 34.000 km².
Cette restauration va bénéficier à une population d’environ 120.000 habitants auxquels s’ajoutent les communes de Ténado, Zamo, Dassa, Kyon (région du Centre-Ouest). Cette approche consiste à sensibiliser les populations riveraines du bassin à l’impérieuse nécessité de sauvegarder le bassin en déguerpissant ses berges pour s’installer sur d’autres sites préalablement aménagés pour les cultures maraichères. Toute chose qui facilitera la régénération de la faune et de la flore, et la conservation des eaux pour un usage utile. Les acquis et les différentes réalisations du projet ont été exposés aux journalistes. C’était en marge du forum des maires des zones humides du corridor forestier de la Boucle du Mouhoun qui a eu lieu les 24 et 25 mai 2018, à Dédougou.

Des acquis importants au profit du projet EBA-FEM
A Magnimasso, le projet a permis la réalisation d’un périmètre maraicher d’une superficie de 1,3 hectare. Tout l’écosystème que les membres du groupement Panissé pouvaient trouver au niveau des berges du

«EBA- FEM» a entrepris, depuis 3 ans, une approche participative pour tenter de redonner vie au bassin de 34.000 km². (DR)

fleuve a été reconstitué. D’un coût total de 13 millions de F CFA, le périmètre va permettre à une centaine de producteurs dont la grande majorité est constituée de femmes de mener des activités rémunératrices. Selon Minata Sirima, chargée du suivi évaluation au sein du projet, la finalité est de réduire la pression sur le fleuve Mouhoun qui est dans un état de dégradation avancée. 5 autres jardins maraichers ont été réalisés en 2017. Dans le souci de protéger la biodiversité, le projet a créé la zone de confluence Mouhoun-Sourou d’une superficie de 23.000 hectares, qui se trouve sur la route Dédougou-Gassan. Elle a été délimitée tout comme même les berges et, mieux, le projet a pu récupérer 30 hectares de berges dégradées par la mise en terre de 5.000 plantes utilitaires.
La zone a été inscrite comme le 19e site Ramsar et, en 2018, le projet a inscrit le corridor forestier de la Boucle du Mouhoun comme 20e site Ramsar. En 2018, le projet compte élaborer le plan de gestion des différents sites Ramsar (le 19e et le 20e). A ces deux sites, s’ajoute la vallée du Sourou qui a également été inscrite sur la liste de Ramsar ou liste des zones humides d’importance internationale.
Les producteurs qui mènent des activités sur les berges ont pris la mesure des dangers qu’ils font courir au fleuve. Yacouba Zerbo, en plus de respecter la servitude des berges qui est de 100 mètres, a mis en terre 100 pieds de papayer et 72 pieds de manguiers pour, dit-il restaurer la végétation. Un autre producteur agricole qui a été sensibilisé à la sauvegarde du bassin a planté 600 pieds de manguiers. Il y a là une prise ou, du moins, un début de prise de conscience de l’importance du fleuve par ses riverains.

RD


Prise de conscience de sauvegarde du fleuve Mouhoun : Les maires autour du bassin s’engagent

Pour une conservation et une utilisation rationnelle des zones humides du corridor forestier de la Boucle du Mouhoun, les différents maires des communes urbaines et rurales autour du corridor ont pris l’engagement de marquer leur refus de voir se dégrader les zones humides. Cet engagement a été matérialisé par des signatures ; et cela, en présence du ministre en charge de l’Environnement, Nestor B. Bassière, et de celui en charge des Ressources animales, Sommanogo Koutou. Cet acte a également connu la présence du gouverneur de la Boucle du Mouhoun, Sié Edgard Sou, et de son collègue de la région du Centre-Ouest, Irène Coulibaly. Cette sortie de terrain a été fort appréciée par le directeur-pays de l’EBA-FEM, Corneille Agoussou. Le projet EBA-FEM a une durée de 6 ans. Il est financé par le Fonds pour l’environnement mondial (FEM), à hauteur de 7.000.000 $ US ; le PNUD, à hauteur de 155.000 $ US, et le budget de l’Etat, à concurrence de 770.000 $ US.

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Numéro d'édition: 255