Résorption du déficit énergétique : Plus de 260 milliards de FCFA de la Banque mondiale

• Pour la production et le transport de l’électricité en zone rurale

• La SONABEL n’a pas été au RDV des grands investissements

• La contribution au PNDES rehaussée de 0,7 milliard de Dollars

Dans la journée du lundi 21 mai 2018, la plupart des activités économiques ont connu un arrêt dans ville de Ouagadougou, de 14h à 17h 30mn. Et pour cause : un long délestage électrique. La conséquence immédiate de ces trois heures et demie de coupure d’électricité est un préjudice financier qui pourrait se chiffrer à des milliards de FCFA. Cette situation, devenue récurrente, «agace» les Burkinabè. Mais, qu’est-ce qui est à l’origine de cet énième délestage ?

La réponse a été donnée aux hommes de médias venus couvrir, à la Primature, la rencontre portant sur

Le ministre de l’Energie, Dr Bachir Ismaël Ouédraogo, a annoncé de grands investissements pour réduire la fracture énergétique. (Ph. DR)

la revue du portefeuille des projets financés par la Banque mondiale au Burkina Faso, animée par le ministre en charge de l’Energie, Dr Bachir Ouédraogo. Selon le ministre, la raison serait un incident enregistré sur la ligne Côte d’Ivoire-Burkina Faso.Cette ligne qui est permanemment sous tension et l’accès à l’électricité au profit des ménages ruraux vont connaître un début de solution.
Le porteur de cette bonne nouvelle est de la Banque mondiale qui a décidé de voler au secours du gouvernement burkinabè en décidant d’injecter 262 milliards de FCFA dans la production, le transport d’électricité et l’électrification rurale. C’est un ministre en charge de l’Energie tout heureux qui a porté l’information à la presse à la sortie de la rencontre. Ces investissements vont venir pallier le déficit de 50 mW. Mais, dans la réalité, ce déficit pourrait atteindre 75 à 80 mW à cause des grandes sociétés consommatrices d’électricité telles que les cimenteries.
Ce financement va donc renforcer le secteur de l’énergie qui est resté longtemps léthargique, parce qu’il n’y a pas eu de grands investissements en matière de production thermique ou sur les lignes électriques. Aujourd’hui, toutes les infrastructures de la SONABEL ont besoin d’être consolidées, fait savoir le ministre.
La Banque mondiale va aider le Burkina Faso sur deux volets essentiels que sont le renforcement de la production électrique et l’électrification rurale. Concernant le premier volet, il est prévu la construction d’une centrale photovoltaïque de 30 mW et d’une centrale thermique de 7 mW. Le gouvernement compte aussi rattraper son retard sur la consolidation des lignes électriques en y investissant une partie des financements.

Burkina Faso, premier pays de la sous-région en matière de volume et de performance de portefeuille

Pour combler son déficit électrique, le Burkina Faso va importer de l’électricité du Nigeria, notamment à travers la «dorsale Nord» en 2019- 2020. Quant aux travaux d’interconnexion entre le Burkina Faso et le Ghana, portée par le projet Bolgatanga-Ouagadougou et financée par la Banque mondiale, ils seront renforcés afin d’avoir d’ici à juin entre 50 à 100 mW supplémentaires, a souligné le ministre.
Sur le deuxième volet concernant l’électrification rurale, le financement va permettre de combler un gap criard entre les consommateurs urbains et ruraux. Car, seulement 3% des populations en milieu rural ont accès à l’électricité. Un autre volet non moins important est le renforcement du capital humain de la SONABEL. Malgré ces investissements, le ministre se dit conscient que cela ne pourra pas mettre le pays à l’abri de probables délestages. Alors, il a souligné que son département encourage les investisseurs privés à se lancer dans la production énergétique pour permettre au pays d’être indépendant dans ce domaine.

Le représentant résident de la Banque mondiale, Cheick F. Kanté, a fait part au gouvernement de l’augmentation de son appui au PNDES à 2,2 milliards de Dollars U$ (Ph. DR)

A cette rencontre de revue du portefeuille, une autre bonne nouvelle a été donnée au gouvernement par la Banque mondiale. C’est celle de porter le montant initial de 1,5 milliard de Dollars dans le cadre du financement du PNDES à 2,2 milliards de Dollars ; soit une hausse de 0,7 milliard de Dollars. Ce montant ira à des secteurs prioritaires tels que l’énergie, l’emploi des jeunes, l’eau et l’assainissement et les infrastructures routières dans le cadre du projet de l’aéroport de Donsin.
Selon le représentant résident de la Banque mondiale au Burkina Faso, Cheick F. Kanté, ces projets sont très importants dans l’économie burkinabè qui se construit à travers le PNDES. Ce renouvellement de confiance à l’égard du pays des Hommes intègres a amené Cheick F. Kanté à dire que le partenariat se porte à merveille entre les deux parties.
C’est cette excellente coopération, de l’avis de la ministre de l’Economie, des Finances et du Développement, Rosine H. Coulibaly, qui a permis au Burkina Faso de se classer premier pays de la sous-région en matière de volume et de performance de portefeuille.
Au plan africain, le Burkina Faso est dans les 5 meilleurs pays en matière de performances des pays appuyés par la Banque mondiale.

RD


Quelques raisons des délestages

«La Côte d’Ivoire fournit à ce jour 120 mW sur 300 mW de puissance. C’est à peu près 50% de la consommation qui viennent de ce pays. Une fois que la ligne tombe en panne, le Burkina Faso est délesté de 130 à 140 mW», a révélé le ministre de l’Energie.

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Numéro d'édition: 254