Le prochain Compact est une véritable opportunité pour le peuple du Burkina d’améliorer ses capacités énergetiques. (DR)

Projet de formulation du 2e Compact : L’Electricité, une priorité au Burkina

• Combler le retard dans le secteur

• Renforcer l’expertise

• 300 millions de Dollars USen jeu

 

En décembre 2016, le Burkina Faso a été sélectionné pour bénéficier d’un second Compact de la part du gouvernement américain à travers le Millenium Challenge Corporation (MCC). Si dans le premier Compact (2009-2014), le gouvernement burkinabè a privilégié les domaines  de l’agriculture, de l’éducation, du  transport et des infrastructures sociales; pour ce second Compact (2020-2025), la priorité sera accordée au secteur énergétique. Pour aboutir à ce choix, un travail participatif rigoureux, minutieux, inclusif et, surtout, scientifique a été mené par l’unité de coordination du second Compact du Burkina (UCF-Burkina).Rien n’a été négligé. C’est ainsi que pour les phases 1 et 2 du processus de formulation des projets, près de 800 personnes ont été consultées. Mais, pourquoi un tel choix pour bénéficier des financements du MCC ? La réponse à cette question résulte du fait que les grands problèmes identifiés comme les plus contraignants à l’investissement privé et à la croissance économique au Burkina Faso sont, d’une part, l’insuffisance de l’offre d’électricité, sa mauvaise qualité et son coût élevé et, d’autres parts, la faible qualification de la main-d’œuvre. Dans le souci de soumettre au gouvernement burkinabè et au MCC un projet en «béton» dont la date butoir de réception est prévue pour le mois d’août 2018, des experts dans le secteur de l’électricité ont balisé le terrain, du 12 au 16 mars 2018, à Ouagadougou. Selon le coordonnateur de l’UCF- Burkina, Samuel Tambi Kaboré, il est attendu de cet atelier que les participants proposent les versions préliminaires des documents de projets qui sont au nombre de quatre, selon le concept validé par le gouvernement burkinabè : améliorer l’efficacité du domaine et des services de l’électricité ; accroître une offre d’électricité moins coûteuse ; renforcer le réseau de transport et de distribution de l’électricité et accroître l’accès et la valorisation de l’électricité auprès des populations et des entreprises des zones rurales et/ou péri-urbaines. Chaque document de projet devra être élaboré suivant les canevas du MCC. Cette troisième phase va permettre d’estimer les coûts totaux de chaque composante et d’établir un calendrier de leurs mises en œuvre. C’est après cette étape que les projets feront l’objet d’approfondissements à travers des études de faisabilité, des études environnementales et sociales dans la quatrième et dernière phase du second Compact. Sa mise en œuvre va s’étaler sur 5 ans, soit de 2020 à 2025. La taille moyenne des programmes du MCC serait de l’ordre de 300 millions de Dollars US, et servirait à financer les deux projets suscités.  Une des spécificités du MCC est que les fonds non dépensés pendant les 5 ans d’exécution du Compact seront perdus pour la partie burkinabè, et donc reversés à la partie américaine. En rappel, c’est le 14 juillet 2008 que les gouvernements américain et burkinabè ont signé le premier Compact. Sa mise en œuvre a duré 5 ans et a été financée à hauteur de 480,9 millions de Dollars US. L’objectif  était d’accélérer la croissance économique dans le cadre de la lutte contre la pauvreté.

RD


Déficit énergétique du Burkina 400 kWh pour le Faso contre 2.000 kWh pour la Côte d’Ivoire

Lors d’une des tournées d’explication du Programme national de développement économique et social (PNDES) à Gaoua (Sud-Ouest), le 24 septembre 2016, le Premier ministre Paul Kaba Thiéba révélait que le Burkina Faso affichait les factures d’eau, d’électricité, de téléphone et d’internet les plus chères des 8 pays membres de l’UEMOA. Pour étayer son argumentaire, il soulignait que la Côte d’Ivoire vendait au gouvernement burkinabè le kWh électrique à 62 FCFA ; qui le revendait à 158 FCFA aux consommateurs. Autre comparaison, pendant que le Burkina Faso ne dispose que de près de 400 kWh d’électricité, la Côte d’Ivoire, à elle seule, dispose de 2000 kWh, et compte doubler sa production électrique dans deux ans  pour la porter à 4.000 kWh. L’impact des solutions qui seront mises en œuvre avec le MCC devrait permettre au Burkina de sortir plus rapidement de la situation de délestages dans lequelle il végète depuis des décennies.

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Numéro d'édition: 244

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