Iyad Ag Ghali, l’homme dont l’organisation a revendiqué les attaques du 2 mars. (DR)

Iyad Ag Ghali : Cet homme qui nous veut du mal

• Plusieurs attaques à son actif

• Traqué par les Français, les Maliens et la MUNISMA

• Il a des sympathisants locaux

 

Le groupe djihadiste GSIM (Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans) a revendiqué la double attaque du 2 mars 2018 contre l’ambassade de France au Burkina Faso et l’état-major général des armées, à Ouagadougou. Le GSIM, dirigé par le malien Iyad Ag Ghali, est composé d’Ansar Eddine, d’Al Mourabitoune et de la Katiba Macina. Iyad Ag Ghali, qui est activement recherché par la force française Barkhane et l’armée malienne, n’est pas à sa première revendication d’un attentat terroriste. Selon certaines informations disponibles, il se cacherait en territoire algérien, pendant que d’autres informations font état de sa présence en territoire mauritanien.

Comment un homme aussi recherché peut-il encore commanditer des attentats sans en être inquiété ?
En perpétrant l’attaque du 2 mars à Ouagadougou, Iyad Ag Ghali montre à la face du monde que malgré les moyens déployés par les armées française et malienne pour le traquer, il a toujours des capacités opérationnelles. Dans son message de revendication de l’attaque du 2 mars 2018, n’a-t-il pas précisé qu’il se venge des Français qui ont mené une opération contre ses bases arrières, occasionnant la mort de ses proches ? L’attaque de Ouagadougou est l’illustration parfaite qu’il peut, à tout moment, agir loin de sa base ; et ce, avec peu de moyens. De nos jours, l’organisation d’Iyad Ag Ghali est passée maitre des attaques terroristes au Mali, au Niger et au Burkina Faso.
Il règne en maitre absolu sur cette partie du Sahara depuis l’annonce de la disparition de Mokhtar Belmokhtar du groupe Al-Mourabitoune qui avait revendiqué l’attaque du Cappuccino en janvier 2015. Selon Philippe Migaux ; chercheur à Sciences Po (Paris), auteur du livre «Le djihadisme, le comprendre pour mieux le combattre»; Iyad Ag Ghali a des sympathisants locaux qui concourent à ses attaques. L’attaque du 27 novembre 2017 contre un véhicule des forces spéciales, à Ouagadougou; la nuit-même de l’arrivée du président français Emmanuel Macron au Burkina Faso; et l’attaque du 2 mars dernier en sont la preuve. Pour frapper Ouagadougou, le GSIM a dû s’appuyer sur ses alliés locaux qui ont des combattants et du matériel, à l’image du Front de libération du Macina encore appelé Katiba du Macina qui s’est révélé en 2015 et qui est très actif dans le Centre et le Sud du Mali. Ce groupe, dirigé par le prédicateur peulh Amadou Koufa, recrute ses combattants au sein de la population locale.
Il a réussi mettre en place un djihadisme ethnique au Mali. Le Front de libération du Macina a fait officiellement allégeance à Iyad Ag Ghali qui aurait pu également faire recours aux services du groupe Ansarul Islam (les Partisans de l’islam, en arabe) du prédicateur Ibrahim Dicko pour l’attaque de Ouagadougou. Depuis 2016, Ansarul Islam est l’auteur de plusieurs attaques sanglantes dans la province du Soum au Burkina Faso.
Donné pour mort depuis mi-juillet 2017, Ibrahim Dicko avait intégré le GSIM. Selon des informations concordantes, Ansarul Islam aurait une cinquantaine de combattants.

E. K.


Les raisons de cette haine

Pourquoi Iyad Ag Ghali et les autres groupes terroristes qui composent le GSIM en veulent tant aux militaires français, maliens, aux forces onusiennes de maintien de paix au Mali et aux forces de défense et de sécurité du Burkina Faso ? La présence de ces forces qui font preuve d’efficacité dans la lutte empêche ces groupes d’opérer des prélèvements de taxes sur les contrebandiers de stupéfiants et les trafiquants de migrants qui passent par le Sahara, contre une protection. Aussi, les libérations d’otages que ces groupes enlèvent ne rapportent plus. Ils se retrouvent ainsi avec moins de ressources financières depuis 2015. Attaquer les forces militaires au Mali, au Niger, au Burkina est donc une stratégie pour ce groupe de chasser ces forces de la cette zone pour pouvoir mener tranquillement ses activités criminelles. Et, l’islam n’est plus qu’un prétexte dans cette bataille.

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Numéro d'édition: 244

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