Harouna Kaboré, le nouveau MCIA, est un chef d’entreprise qui dirigeait également le ThinkThank Burkina International. (DR)

Ministère du Commerce : Harouna Kaboré face aux défis du MCIA

• Trouver la stratégie pour libérer l’industrie locale

• Réformer pour soigner le climat des affaires

• Veiller à l’application de certains textes

 

Porté à la tête du Ministère du Commerce, de l’Industrie et de l’Artisanat (MCIA) à la faveur du récent remaniement du 31 janvier 2018, Harouna Kaboré hérite de l’un des départements stratégiques du quinquennat du président Roch Kaboré. Il a, en effet, la charge de piloter l’un des quatre processus définis par le schéma de la transformation structurelle de l’économie que vise le Plan national de développement économique et social (PNDES) 2016-2020. C’est notamment celui qui table sur «l’émergence d’une économie moderne basée sur l’industrie et les services».
L’objectif est de parvenir à «l’augmentation de la contribution des industries manufacturières au PIB et aux exportations». Cette augmentation devrait, elle-même, être soutenue par l’accroissement de la productivité du secteur primaire. Suivant cette volonté de dynamiser son industrie, le Burkina vise de façon prioritaire la transformation de ses produits agricoles pour créer de la valeur ajoutée. Sur la période comprise entre 2015 et 2020, le PNDES vise à porter la part de l’industrie manufacturière dans le PIB à 6,60% d’abord, et ensuite à 12%. Quant au taux de transformation des produits agricoles sur la même période, il doit atteindre 12%, avant de passer à 25%.
Il appartient notamment au MCIA de trouver la stratégie pour réaliser efficacement une telle ambition. La tâche du tout nouveau ministre Harouna Kaboré devrait consister, à la fois, à favoriser l’émergence d’une nouvelle vague d’industries qui s’appuient sur la transformation des produits locaux, et aussi à présenter un plan de relance des unités de production actuellement en difficultés. Il s’agit particulièrement de celles qui sont situées dans la partie ouest du pays (Bobo-Dioulasso). Celles-ci sont confrontées à des coûts de production très élevés, à la mévente et à la concurrence déloyale amenée par la fraude, entre autres.
Côté nouveautés, la politique industrielle du Burkina devrait cibler des produits comme la tomate, les fruits, notamment la mangue, les céréales, les épices et autres. Dans cette optique, le nouveau MCIA devrait, de manière volontariste, se pencher définitivement sur le cas de dossiers comme celui de la Société de transformation des fruits et légumes de Loumbila (STFL), des Brasseries du Faso (BRAFASO), de FASOTEX (ex-FASO FANI) ou de la Minoterie du Faso (MINOFA). Ce sont aujourd’hui de vrais serpents de mer qui, malgré la pertinence des projets, tardent à connaitre un meilleur sort.
Le tout ne sera pas d’obtenir des industries qui produisent. Il faudra également créer les conditions d’un marché qui accueille ces produits manufacturés. Une véritable lutte contre la fraude, la contrefaçon et toutes les formes de concurrence déloyale s’impose dans ce cas. Il faut aussi dégager les circuits de distribution à l’échelle nationale et hors des frontières.
Outre la «libération» de l’industrie locale, l’autre chantier auquel devrait s’attaquer le MCIA, c’est celui du climat des affaires. Les dernières performances du Burkina dans rapport Doing Business ne sont pas incitatives. Conscient de cela et engagé à améliorer les choses, le gouvernement a décidé en décembre 2017 de la création d’un «dispositif institutionnel de pilotage et du suivi de l’amélioration du climat des affaires ».
A l’intérieur du comité de pilotage de ce dispositif, le MCIA devrait jouer un rôle déterminant.
Pour accroitre le niveau des investissements, le MCIA devrait également accélérer la révision en cours du Code des investissements. Les régimes privilégiés promis dans le Code révisé devraient permettre d’accroitre le niveau des investissements, notamment les plus gros, et encourager les investissements dans des secteurs porteurs et innovants.
Sous le précédent MCIA, Stéphane Sanou, des lois comme celles portant «organisation de la concurrence» et «d’orientation de promotion des Petites et moyennes entreprises (PME)» ont été adoptées. Ces sont des textes qui ont vocation à soutenir le secteur privé. Le rôle du ministre actuel sera de permettre leur application effective.

Karim GADIAGA


Une volonté affichée et des cibles bien cadrées

C’est véritablement au pied du «mur du MCIA» que l’on observera le ministre Kaboré. Mais déjà, celui-ci a affirmé sa détermination à réussir la mission qui est la sienne. Ses mots dès son installation sont pleins d’engagements et de volonté.
Par ailleurs, le MCIA a d’emblée indiqué qu’il mettra l’accent sur «la transformation des produits agricoles, la valorisation des productions locales, une politique déterminante en matière de PME». Pour ce faire, il devrait œuvrer au «renforcement des capacité de tous les acteurs pour relever les défis de développement».

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Numéro d'édition: 239

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