Salam Sissako, 8e imam de la grande mosquée de Gaoua. (DR)

L’islam dans le Sud-ouest

La région du Sud-Ouest du Burkina fut l’une des premières à accueillir les pères blancs. C’est pourquoi elle est réputée être l’un des fiefs du christianisme. Au côté de cette religion, il en existe une autre, tout aussi importante. Elle a fait son apparition en 1900 grâce aux commerçants venus de la Côte d’Ivoire, du Mali et de Bobo-Dioulasso. Aujourd’hui, Salam Sissako est le 8e imam de la grande mosquée de Gaoua.
Né en 1962 à Dapola (65 km de Gaoua), cet homme de Dieu révèle dans cette interview accordée à L’Economiste du Faso que la région du Sud-Ouest est fortement islamisée.

L’Economiste du Faso : Comment donc, face à toutes ces hostilités, la religion musulmane a-t-elle pu pénétrer Gaoua ?
Salam Sissako, imam de la grande mosquée de Gaoua : C’est en 1900 que l’islam a fait son entrée dans la région et, cela, grâce aux commerçants venus de la Côte d’Ivoire, du Mali et de Bobo-Dioulasso. Ceux-ci n’ont ni été rejetés par les autres confessions religieuses ni les autochtones. L’islam est rentré ici facilement, sans problème.

Mais, comment avez-vous pu convertir la ville à l’islam ?
La conversion a également été facile. C’est par les prêches et la sensibilisation que nous avons pu convaincre les habitants d’adhérer à l’islam. ça n’a pas été par un djihad où on force les gens à se soumettre à la religion.

De nos jours, comment est la cohabitation avec les autres religions ?
Par la grâce d’Allah, de nos jours, tout se passe bien entre nous. C’est l’entente et la cohésion sociale qui prévalent. Ici, dans la région, tu peux être d’une autre confession religieuse et aller demander à un féticheur un champ à cultiver ou demander la main de sa fille sans problème.
De nombreux amalgames sont faits entre la religion musulmane et le terrorisme. pour vous qui prônez les vraies valeurs de l’islam, qu’avez-vous à dire de cela ?
Le terrorisme et l’islam ne sont pas à confondre. L’islam est une religion qui prône la paix, la cohésion sociale, le pardon, l’amour du prochain et la tolérance. Dieu lui-même dit qu’il a honoré l’être humain ; donc on doit s’honorer entre nous, on doit ne pas se bagarrer. Personne ne doit tuer son semblable au nom d’une prétendue religion ou parce qu’il veut entrer au paradis. Cette conception est donc totalement en contradiction avec les valeurs véhiculées par l’islam.

Quel message avez-vous à lancer aux nombreux participants qui séjourneront à Gaoua dans le cadre du 11-Décembre ?
La célébration du 11-Décembre à Gaoua est plus qu’une joie pour moi. Elle a permis le bitumage de 50 km de routes dans la ville, ainsi que la construction de la Cité des forces vives. Mon appel consiste à exhorter la population à une bonne utilisation de toutes ces infrastructures socioéconomiques. J’invite surtout les élèves au civisme, car brûler des pneus sur ces nouvelles voies bitumées n’est pas une bonne chose. De toutes les façons, c’est nous qui allons payer le prix si nous les détruisons. J’invite aussi les usagers à plus de prudence lors de ces festivités.

RD

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Numéro d'édition: 231

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