«Quelles stratégies pour une meilleure intégration du secteur minier aux économies des pays africains?» C’est sous ce thème que se tient la deuxième édition de la SAMAO. (DR)

SAMAO 2017 : Une vitrine pour le secteur minier

• L’exploration a mis en exergue le potentiel minier

• Les actions de promotion ont attiré les investisseurs

• Le secteur peut mieux servir le développement du pays

 

Ouagadougou abrite du 28 au 30 septembre 2017 la deuxième édition de la Semaine des activités minières d’Afrique de l’Ouest (SAMAO). La SAMAO est une plateforme d’échanges, de partage d’expériences et d’opportunités d’affaires entre les acteurs du secteur minier qui vise à attirer des investisseurs pour soutenir la croissance des secteurs des mines et des carrières.
Au Burkina Faso, les activités de promotion ont fortement contribué à la visibilité du secteur minier national et fait du pays une destination privilégiée par nombreux investisseurs.
En effet, le Burkina Faso a longtemps été considéré comme un pays agricole et de main-d’œuvre. Mais dans certaines localités, des activités d’orpaillage se menaient pendant la longue saison sèche.
Après les années 1970, les géologues nationaux vont mener des travaux de recherche partant de l’hypothèse que le sous-sol du Burkina pourrait regorger d’or, étant situé entre 2 grands pays miniers, à savoir le Ghana et le Mali. Cette recherche a permis de mettre en exergue le potentiel minier national.
Le gouvernement, pour sa part, a encadré le secteur à travers plusieurs textes tout en menant des actions de promotion dont les principales sont l’organisation en 2000 du symposium minier dénommé «Miga-Ouaga 2000», l’organisation annuelle de journées de Promotion minière (PROMIN), etc. La PROMIN a été remplacée par la SAMAO en 2016.
Les activités de recherche et de promotion et l’adoption de textes réglementaires et législatifs ont permis d’enregistrer en 2007 l’entrée en production de la première industrielle à Taparko. En 10 ans, plus d’une douzaine de mines industrielles sont entrées en production. Si quelques-unes ont arrêté leurs activités pour diverses raisons, la majorité continue d’opérer, et d’autres ont même procédé à des extensions. La quantité d’or produite place le Burkina entre le 4e et 5e pays africain producteur d’or.
En 2015, le Burkina Faso s’est doté d’un nouveau Code minier qui à corriger, selon certains acteurs, les insuffisances du précédent Code minier.
Plusieurs innovations ont été introduites dans ce Code. Ces innovations visent essentiellement à l’amélioration du régime fiscal en vue d’accroitre les recettes de l’Etat et des collectivités, et une meilleure protection de l’environnement.
Le thème de la SAMAO 2017 est: «Quelles stratégies pour une meilleure intégration du secteur minier aux économies des pays africains?»
Deux pistes sont à explorer au cours de cette édition en vue de répondre à la préoccupation que soulève ce thème.
Il s’agit, dans un premier temps, pour le Burkina Faso d’améliorer l’utilisation des ressources collectées auprès des industries minières. Sans perdre de vue que le Burkina Faso applique l’unicité des caisses, des voix s’élèvent surtout au sein des députés pour exiger une meilleure traçabilité des ressources minières afin d’évaluer leurs contributions au développement global du Burkina. Ces ressources pourront par exemple servir à financer des projets précis qui créent de la richesse.
Dans un second temps, le gouvernement se doit d’user de son leadership afin de profiter de la présence des mines pour former des cadres nationaux pour ainsi permettre au pays de disposer d’une expertise nationale en la matière.
Cette expertise nationale aura le mérite de remplacer le personnel expatrié en service dans les mines en activité, comme le précise d’ailleurs les dispositions de Code minier. Ce même personnel aura la charge de conduire les projets miniers en cours.
L’action du gouvernement doit aussi concerner le développement d’une expertise nationale au niveau des fournisseurs de biens et de services miniers.
A ce propos, les dispositions du Code minier stipulent que les sociétés minières, ainsi que leurs sous-traitants, priorisent les entreprises burkinabè lors des commandes de biens. Il appartient au gouvernement de faciliter l’émergence d’une expertise dans ce domaine afin que les entreprises nationales soient compétitives. Ces entreprises contribueront à alimenter les caisses de l’Etat en impôts et taxes. D’où la nécessité d’une stratégie claire en la matière
C’est donc vers la recherche de cet effet d’entrainement de plusieurs acteurs économiques par l’amélioration de la création de richesses que la deuxième édition de la SAMAO oriente sa réflexion.

Elie KABORE


Les décrets d’application du Code minier se font attendre

Le 9 août 2017, le Premier ministre a organisé un conseil de cabinet autour de la mise en œuvre du Code minier. La rencontre a servi de cadre pour l’examen d’une quarantaine de décrets d’application du Code minier.
Adopté en juin 2015, ces décrets sont toujours en cours d’élaboration, ce qui n’est pas de nature à favoriser l’application intégrale du Code minier. C’est le cas des dispositions relatives à la promotion de l’emploi et aux fournisseurs de biens et services miniers.o

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Numéro d'édition: 221

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