Le directeur national de la BCEAO, Charles Luanga Ki-Zerbo (à gauche), et le président de l’APBEF-B, directeur général d’Orabank, Martial Goeh-Akue, lors de la conférence de presse.(DR)

Banques et établissements financiers : De nouvelles réformes en vue

 

Le 21 septembre 2017, a eu lieu la troisième rencontre de concertation entre le directeur national de la BCEAO et l’Association professionnelle des banques et établissements financiers du Burkina (APBEF-B). A l’issue de cette rencontre, la banque centrale a accordé une conférence de presse aux médias. Au menu des échanges avec les journalistes, la loi sur la promotion des PME/PMI, les principales évolutions macroéconomiques du Burkina et les chantiers structurants de la BCEAO.
Au sujet de la loi sur la promotion des PME/PMI récemment adoptée par l’Assemblé nationale, le président de l’APBEF-B, directeur général d’Orabank, Martial Goeh-Akue, affirme qu’il sera créé au niveau de chaque banque un guichet dédié au financement des PME/PMI.
Pour sa part, le directeur national de la BCEAO, Charles Luanga Ki-Zerbo, affirme que «cette loi nationale coïncide avec les initiatives régionales de la banque centrale. Il faut créer des conditions favorables à tous les niveaux, des structures nationales, des banques. Elle répond à ce qu’on attend des Etats dans la promotion des PME/PMI dans l’UMOA».
Quant à la croissance du pays, la BCEAO note au deuxième trimestre 2017 un accroissement de 7,2% du PIB contre 6,9% au trimestre précédent.
En termes de perspectives, pour l’ensemble de l’année 2017, le PIB enregistrerait une croissance de 6,9% contre 5,9% en 2016. Le taux d’inflation en fin juin 2017 s’est situé à -0,4%, en glissement annuel contre -0,8% en juin 2016.
«La contribution du Burkina à la croissance de l’Union s’améliore», ajoutera le directeur national de la BCEAO. Le défi, selon lui, c’est comment renforcer la contribution du secteur bancaire à la mise en œuvre du PNDES.
A ce niveau, Martial Goeh-Akue explique que l’APBEF-B a été associée au processus en cours dans le cadre des PPP. Afin de résoudre la question de la gestion de la liquidité et de soutenir les gros chantiers, les banques sont appelées à adopter de meilleurs standards en vue du financement de l’économie.
C’est ainsi que de nouvelles réformes doivent être appliquées.
«Dès le 1er janvier 2018, nous avons l’obligation de mettre en route des réformes qui vont renforcer les normes au niveau de la banque. Nous devons adopter un nouveau plan comptable pour les banques et appliquer les normes de Bâle 2 et 3», a déclaré le président de l’Association professionnelle des banques. Ce qui signifie que les banques doivent améliorer leurs systèmes d’informations et renforcer leurs fonds propres.
Certaines réformes sont déjà en cours au niveau des banques, notamment celles en rapport avec le Bureau d’information sur le crédit (BIC). Après la formation reçue il y a deux mois sur le système, M. Goeh-Akue a affirmé que «toutes les banques, aujourd’hui, sont conformes aux normes du BIC, même si le remplissage des fichiers des banques se fait au fur et à mesure».
Pour le directeur national de la BCEAO, ces réformes «visent à avoir un système bancaire qui vende des services plus efficaces et plus élargies».

NK


Les chantiers structurants de la BCEAO

– Le nouveau dispositif prudentiel conforme aux normes de Bâle 2 et 3.
– Le Plan comptable bancaire (PCB) révisé.
– L’opérationnalisation du Bureau d’information sur le crédit (BIC).
– La déclaration des comptes dormants au sein des banques.
– Les stress-test ou tests de résistance du système bancaire.
– Le dispositif de financement des PME/PMI dans l’UMOA.


Le débat sur le F CFA

Le débat actuel sur le F CFA cacherait-elle une possible dévaluation de la monnaie? C’est la question que L’Economiste du Faso a adressée au directeur national de BCEAO, Charles Luanga Ki-Zerbo. Voici sa réponse: «Cette question sur le F CFA n’est pas une question d’actualité au niveau de la Banque centrale. Il faut savoir que c’est notre travail de gérer la monnaie, et c’est une question que nous suivons en continu. Nous disons simplement, sur cette question, de se concentrer sur les fondamentaux. En termes de croissance, la zone CFA est l’une des plus fortes en Afrique ; et en termes d’inflation, nous avons des performances satisfaisantes. Il n’y a pas de préoccupations particulières en ce qui concerne la santé du FCFA».


 

Les conclusions du Comité de politique monétaire (CPM)

Le 6 septembre 2017, a eu lieu la session du Comité de politique monétaire (CPM). A l’issue des travaux, les décisions suivantes ont été prises:
• Le maintien du taux d’intérêt minimum de soumission aux opérations d’appels d’offres d’injection de liquidité à 2,50% et le taux d’intérêt du guichet de prêt marginal à 4,50%.
• Le maintien du coefficient de réserves obligatoires applicable aux banques de l’Union fixé à 3% depuis le 16 mars 2017.
Examinant l’évolution du système bancaire et de la microfinance au premier semestre de l’année 2017, les participants à la concertation ont relevé une bonne orientation globale des indicateurs des établissements de crédit, caractérisée par une progression du total-bilan des banques et établissements financiers du Burkina de 3.932 milliards de FCFA au 30 juin 2016 à 4.807,8 milliards de FCFA au 30 juin 2017, conjuguée à une amélioration de la qualité du portefeuille.
Sur une base annuelle, les emplois bancaires ont enregistré une progression de 19,4% dont 58,9% pour les crédits, et une hausse de 31,8% pour les titres de placement.
Les ressources bancaires ont également progressé en variation annuelle de 20,9% dont 14,07% pour les dépôts.
Enfin, les travaux ont permis d’échanger sur des questions réglementaires et opérationnelles.
Ces questions ont notamment permis d’échanger sur l’optimisation du fonctionnement du marché interbancaire, la sécurité des systèmes et réseaux des établissements de crédit, la position extérieure des établissements de crédit et les aspects de reportings.

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Numéro d'édition: 221

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