«Je salue une fois de plus le professionnalisme de la presse burkinabè, et je suis favorable à accroitre les compétences de nos partenaires que vous êtes sur le secteur minier en général et sur la mine d’Essakane en particulier», dixit Marie Diop. (DR)

Activité minière : «La communication au cœur du processus» Dixit Marie Diop, directrice de la communication d’Essakane

La mine d’or IAMGOLD Essakane SA a mis en place une direction de la communication. Depuis peu, la mine a une nouvelle directrice de la communication en la personne de Marie Diop. Pour en connaitre davantage sur les défis que relèvent chaque jour la direction de la communication, L’Economiste du Faso l’a rencontrée.

L’Economiste du Faso: Quelles sont les raisons qui ont poussé Essakane SA à consacrer une direction dédiée à la communication?
Marie Diop, directrice de la communication d’Essakane : IAMGOLD Essakane SA est un acteur clé au Burkina Faso. La société a investi plus de 400 milliards de FCFA pour la mise en place de son opération. Après 7 années de production, notre mine procure des ressources non négligeables à l’État du Burkina Faso sous forme de redevances, de royalties, d’impôts et de taxes.
Sur la période 2010-2016, notre entreprise a versé au Trésor burkinabè près de 273 milliards de FCFA, ce qui en fait l’un des principaux contributeurs aux recettes de l’État. La mine est aussi l’un des employeurs les plus importants du pays avec 2.264 emplois directs dont 95,8 % nationaux (chiffres de décembre 2016).
Ces informations ne sont pas toujours connues de tous. Pour une mine de telle envergure, il était important de se doter d’un département dédié à la communication pour l’assister à véhiculer la bonne information auprès de ses parties prenantes clés telles que les autorités, les communautés, les médias et ses employés, entre autres. Le secteur minier, couplé à une bonne gouvernance, peut être un levier important de développement socio-économique pour un pays comme le Burkina Faso. Il est important pour notre société de partager nos expériences, nos réussites et de démontrer que bien qu’étant une société à but lucratif, ses retombées économiques pour nos communautés et pays hôtes sont significatives.

Quels sont les défis que vous devez relever à ce poste ?
Les défis sont multiples, mais pas insurmontables. Pour beaucoup de pays de la sous-région, le secteur aurifère demeure à un stade embryonnaire ou alors en pleine croissance. Il existe également beaucoup de préjugés et perceptions sur ce secteur qu’il faut corriger. Le secteur minier doit redoubler d’efforts dans sa mission d’éducation et de partage d’informations. Il est important de renforcer l’acceptabilité sociale des projets miniers et d’amener les parties prenantes à comprendre que lorsque chacun joue son rôle, il est possible d’arriver à une situation gagnant-gagnant. La communication est donc au cœur de ce processus.
Quelle appréciation faites-vous du paysage médiatique du Burkina en général et du traitement de l’information minière en particulier ?
Depuis le bureau régional d’IAMGOLD à Dakar, je suivais déjà la presse burkinabè en général et le traitement de l’information minière en particulier. Je suis convaincue que les médias jouent un rôle important et ont également la responsabilité d’informer et d’éduquer le public sur les enjeux et opportunités découlant du secteur minier. Je pense qu’il y a une réelle volonté de la part des médias burkinabè de se familiariser davantage avec le secteur minier et ses caractéristiques. Le secteur minier est assez particulier. Il requiert un lourd investissement, il est caractérisé par une forte complexité technique, par une certaine volatilité en ce qui concerne les prix des métaux et enfin le niveau de risques est souvent bien plus élevé en matière de retour sur investissements. Il y a un intérêt grandissant au sein de la communauté des médias pour les mines. La volonté de mieux comprendre les spécificités du secteur est omniprésente. La récente création de l’Action des Journalistes sur l’actualité minière en est le parfait exemple. Les acteurs miniers se doivent d’appuyer de telles initiatives pour favoriser le partage d’informations et pour contribuer à la transmission de la bonne information de l’opinion publique.

Un dernier mot ?
Je salue une fois de plus le professionnalisme de la presse burkinabè, et je suis favorable à accroitre les compétences de nos partenaires que vous êtes sur le secteur minier en général et sur la mine d’Essakane en particulier.
La presse est en principe appelée à éclairer les citoyens sur les grands enjeux, en donnant l’information juste. Nous constatons des avancées importantes au niveau du secteur minier, mais nous savons également qu’il y a beaucoup de travail à faire. A Essakane, nous avons un gros défi qui consiste à relayer les informations sur nos activités auprès de nos parties prenantes et à les rendre visibles au grand public. Je suis fière aujourd’hui de me joindre à IAMGOLD Essakane qui est une entreprise responsable et citoyenne, soucieuse d’enrichir la vie de ses parties prenantes à travers, par exemple, le recrutement de travailleurs nationaux et les investissements communautaires.
Aussi, le métier de communicant en mine est un métier de terrain pour lequel l’on se doit d’être un relais actif entre le public et l’équipe dirigeante de la mine. C’est un métier délicat dans lequel le droit à l’erreur est infime, car chaque opération de communication peut impacter l’acceptabilité sociale d’un projet. Le concours des professionnels de la presse et une bonne collaboration nous amèner
ont aux résultats escomptés.

Interview réalisée par Elie KABORE


Qui est Marie Diop ?

«Je suis diplômée de l’université britannique Nottingham Trent University en commerce international. J’ai travaillé pendant plusieurs années pour l’Ambassade de la Grande Bretagne à Dakar en tant que chargé de la diplomatie commerciale. J’ai rejoint, en 2015, l’équipe d’IAMGOLD au Sénégal en tant que directrice des affaires corporatives pour l’Afrique de l’Ouest.
Mon rôle consistait, entre autres, à raffermir les relations entre la compagnie et les pays hôtes de nos projets miniers, à veiller à la bonne réputation et à l’image de l’entreprise ainsi qu’à assurer une bonne collaboration avec l’ensemble des parties prenantes de la société au Sénégal, au Mali, en Guinée et au Burkina Faso. J’ai rejoint l’équipe d’IAMGOLD Essakane SA, au Burkina, en août 2017 en tant que directrice de la communication».

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Numéro d'édition: 221

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